26/06/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

350 participants au colloque du LDH à Paris

350 personnes sous les ors de la République : un tiers d’Européens, deux tiers d’Africains, aucun parlementaire français (tous invités cependant) à l’exception de Noël Mamère (Les Verts), des hommes, des femmes, des adolescents noirs et blancs au sein des bâtiments officiels de la démocratie française, laquelle sait accueillir avec bonhomie ceux-là même qui viennent contester ses opacités. Le colloque de la Ligue des droits de l’Homme étudiait samedi 9 avril les « dictatures africaines : le cas du Togo ».

Colloque « pédagogique » selon le mot de son animateur : il s’agissait d’apporter aux citoyens français et africains des réponses à cette étrange énigme : pourquoi et comment la plupart des anciennes colonies de la France sont-elles tombées depuis les Indépendances aux mains de dictateurs ? Quel rôle a joué et continue à jouer la France dans ce déni de la démocratie ?
Etat des lieux et réflexion prospective : la répression au Togo est-elle toujours le fait de l’armée ou, plus subtilement désormais, celui de la justice, dans les prétoires et les cours de justice ? Qu’attendre des instances internationales pour restaurer un jour (quel jour ?) l’éphémère démocratie connue par le Togo il y a plus de quarante ans avant d’être assassinée ?

Les réponses ont été claires : géopolitiques (« les quinze France » des années gaullistes, la volonté de construire une France africaine capable pendant la guerre froide de se situer hors des rapports Est-Ouest), politiques, économico-politiciennes, politico-maffieuses – la Françafrique – quand elles ne mettaient pas nommément en cause les crapuleries de certains, Européens et Africains dans le même sac. On lira à ce sujet avec délectation le discours de Noël Mamère, lequel n’hésite pas à « balancer ».

Plus concrètement, des Togolais (Adoté Akwei, président de la Ligue togolaise des droits de l’Homme, Arsène Bolouvi, Brigitte Améganvi) ont complété ces tableaux historiques et ces états des lieux de témoignages frais, actuels, préoccupants, voire de réflexions prospectives sans complaisance (Comi Toulabor) : la politique africaine de la France est actuellement « incontrôlable ». Aucun pouvoir (le Parlement) ou contre-pouvoir (la presse) ne s’y intéresse vraiment.

On retiendra aussi que avant même la première prise de parole le public était à la hauteur de ceux qui lui parlaient : par l’émotion contenue mais audible de débattre enfin de ce scandale d’une patrie mise à l’encan ; par la rhétorique montante des interventions citoyennes appelant à la justice et à la démocratie ; par la dignité sombre de tous, face – pensent certains – à une « guerre civile annoncée ». Combien faudra-t-il de morts à compter du 24 avril pour que la communauté internationale s’émeuve ?

Un « appel » devrait être lancé au Président Chirac.

« Nous sommes tous des Togolais », a conclu le parlementaire français.

Gilles Coupet –

L’enregistrement complet des exposés et des débats devrait être rapidement mis en ligne sur un site internet.
Renseignements : g.coupet@wanadoo.fr