08/12/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

A la croisée des chemins : Gally, Dégli, Ayida, etc…

Dans l’antichambre de la crise togolaise, les idées et les initiatives foisonnent et ce trop plein hétéroclite peut donner le tournis. Nous laissons à votre appréciation trois initiatives marquantes de ces derniers jours et les points de vue de leurs promoteurs qui connaissent assez bien les réseaux d’influence et les méandres du système Eyadéma.

L’APED est pour la reprise du dialogue avec la dictature d’Eyadéma; c’est l’ancien ministre d’Eyadéma et avocat à la Cour, Me Djovi Gally qui en a fait la promotion à la presse vendredi 14 mars 2003 à la Maison du journalisme de Lomé. En sa qualité de président de l’Association pour la promotion de l’Etat de droit (APED), son regard est critique sur la situation politique et il exhorte le gouvernement qui a opté pour une voie sans issue en refusant toute ouverture et les responsables de l’opposition qui se complaisent dans une éternelle querelle de leadership, à conjurer le péril imminent qui menace le Togo. Dans un appel solennel, Me Gally a exhorté le pouvoir et l’opposition à reprendre sans délai le dialogue.

« Bâtir le Togo », en revanche, s’oppose à la participation aux présidentielles de 2003, c’est l’ancien ministre de la transition et avocat Maître Jean DEGLI qui le suggère dans un communiqué publié le 14 mars 2003 à Bruxelles. Il est évident que l’association de la CFD à la préparation des prochaines élections destinées à permettre à Eyadéma de se succéder à lui-même en violation de tout bon sens est un quitus à la candidature d’Eyadéma et une légitimation de la réélection programmée de celui-ci. (…) « Bâtir le Togo » demande aux responsables de la CFD de retirer sans délai les quatre « faire valoir » qu’ils ont introduit dans la Commission électorale du RPT et invite l’opposition à laisser Eyadéma et les siens organiser leurs élections s’ils ne sont pas prêts à revenir à des voies plus démocratiques pour l’organisation de ces scrutins. « Bâtir le Togo » estime qu’à défaut, il deviendra légitime de se désolidariser de toute initiative présente et à venir, tant au sein de la diaspora qu’à l’intérieur du Togo, qui irait dans le sens de la collaboration avec la CFD ainsi que tous ceux qui se rendraient coupables de « légitimation » des actes et comportements anticonstitutionnels du Rassemblement du peuple togolais et de son chef.

La CNSC milite pour la renaissance de la Patrie, c’est l’ancien directeur du journal Le Temps et journaliste Dany AYIDA, organisateur du Colloque National pour la Renaissance de la Patrie à Dakar du 19 au 22 mars 2003 qui nous y invite. La Concertation Nationale de la Société Civile et les délégués, à l’issue des travaux, réaffirment leur engagement ferme à œuvrer à la résolution de la longue crise socio-politique togolaise par des actions idoines visant à éloigner les risques de voir sombrer le Togo dans un conflit armé fratricide achevant de démanteler le pays. Ils invitent la classe politique togolaise dans son ensemble et toutes les forces vives de la Nation à un sursaut national pour faciliter l’éclosion d’un processus de fond pour la résolution durable de la crise togolaise et l’enracinement d’un Togo véritablement démocratique, politiquement stable, économiquement prospère et socialement épanoui, prêt à jouer sa partition dans la construction de la maison commune africaine.

Lomé, Bruxelles, Dakar, les Togolais veulent débattre mais évitent de confronter leurs idées. Le débat est pourtant à nos portes, il est temps et il suffit de le laisser entrer. La controverse sur la participation ou non à d’éventuelles élections présidentielles en 2003 et le choix des candidats sont des opportunités pour les Togolais de choisir leur camp et de clarifier leur stratégie de lutte.

La rédaction letogolais.com