08/12/2022

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A propos de la création d’une armée panafricaine

« Il vaut mieux tard que jamais» Dicton populaire

Nous sommes le samedi 28 juin 2014. La soirée est déjà assez avancée. Me voici tout seul… dans mon appartement cristolien (à Créteil, banlieue parisienne), lorsque Radio France internationale (RFI) m’apprend que, réunis à Malabo (Guinée Équatoriale) la veille, les responsables de l’Union Africaine (UA) ont décidé d’accorder une réflexion systématique aux fondamentaux requis par la mise sur pied d’une Armée panafricaine.

Alors l’hymne du CPP (Convention People’s Party), composé par le Président Francis Kwame Nkrumah lui-même, me vient spontanément à l’esprit… Et je le chante mentalement… Ainsi qu’en chœur avec des camarades africains, je l’ai chanté vocalement, à gorge déployée, un jour automnal de l’année 1961 à Prague, au bas de la passerelle de l’avion qui venait d’emmener ce grand homme d’Afrique en visite officielle au pays de Julius Fucík. Hymne dont la teneur – bien sobre et simple – se décline comme suit :

Version anglaise

« There is Victory for us ! (bis)
In the struggle for Africa,
There is Victory for Us.
For us, Victory ! (bis)
In the struggle for Africa,
There is Victory ! »

Version française

« Il y a de la Victoire pour nous ! (bis)
Dans le combat pour l’Afrique,
Il y a de la Victoire pour nous !
Pour nous la Victoire ! (bis)
Dans le combat pour l’Afrique,
Il y a de la Victoire pour nous ! »

Oh oui ! Dans notre combat pluriséculaire pour la réhabilitation de notre « Alma-mater : l’Afrique, il y a effectivement pour nous, de temps à autre, à défaut d’une victoire franche, du moins une satisfaction, un contentement, voire une joie.

Le fait est que les bases, les arsenaux, les troupes de guerres néo-impériales, installés sur le sol africain au lendemain des Secondes Hostilités mondiales (1939/1945), ont, depuis belle lurette, accompli leur temps. Au-delà, ils ne peuvent qu’induire de la honte, de l’indignité pour nous, et hypothéquer notre indépendance et notre souveraineté elles-mêmes.

Cependant, et puisque « la Nature a horreur du vide », leur liquidation implique qu’ils soient remplacés par une Armée panafricaine, républicaine, des peuples africains. Mais, de grâce ! Nous nous devons de veiller strictement !!! à ce que l’Armée panafricaine ne se mue pas en une espèce de phalange entre les mains d’une coalition de roitelets postcoloniaux obscurs – phalange destinée à mater collectivement… nos peuples laborieux les cas échéants…

En somme, plus de « mini-armadas » postcoloniales, prétoriennes, peu ou prou « tribalisées », pléthoriques, budgétivores, dressées contre les peuples africains…, suspendues sur la tête des peuples africains comme des haches de Damoclès !

Oui ! Les « mini-armadas » postcoloniales africaines – prétoriennes et pléthoriques, inutilement budgétivores – ne brillent que dans la répression des peuples qu’elles sont censées protéger… Des peuples dont les deniers servent à les entretenir…

C’est ainsi qu’on aura vu récemment, fin-2012/début 2013, l’armée malienne se décomposer littéralement devant l’avancée de sinistres esclavagistes soi-disant islamistes d’un autre âge. Et il aura fallu l’intervention de troupes françaises pour récupérer la République du Mali et sauver l’Afrique de l’Ouest d’une invasion barbare d’un temps révolu !

À ce sujet, l’hebdomadaire parisien « Jeune Afrique » ira jusqu’à lancer un vaste débat titré : « À QUOI SERVENT LES ARMÉES AFRICAINES ?! »

Cette force panafricaine républicaine contribuera à prévenir et / ou à régler les conflits armés inter – et / ou intra-africains. Que dis-je ? Elle tendra même à rendre ces conflits mort-nés… La force panafricaine et républicaine des peuples étanchera notre lancinante soif de liberté, de Dignité, de paix, de stabilité dans nos cœurs et nos esprits. Tant de conditions requises par un envol socio-économique auto-référentiel, harmonieux, viable et durable.

L’armée panafricaine républicaine se devra de se fonder sur la doctrine révolutionnaire chère à Jean Jaurès, à savoir celle d’un peuple entier en armes, pour défendre la patrie chaque fois que celle-ci se trouverait en danger. C’est, en effet, cette conception de la défense nationale que les Jacobins appliquèrent, que Jean Jaurès théorisera , et que la nation suisse a fait sienne depuis lors.

Qu’est-ce à dire ? Le peuple en armes, c’est l’ensemble des citoyens d’une nation donnée, dont chaque élément a appris le maniement des armes, et qui, le cas échéant, tel un seul homme, se lève pour dire « Non !!! » à tout envahisseur éventuel…

Voilà, comme on le sait, la doctrine et la praxis de la Confédération helvétique. De mon point de vue, il y a là un très bel exemple pour l’Union Africaine véritable et les États-Unis d’Afrique à construire…

Quoi qu’il en soit, une Armée panafricaine républicaine véritable ne saurait voir le jour qu’avec une Union Africaine véridique (!), qu’avec des États-Unis d’Afrique authentiques !!! Ainsi donc, Peuples africains (!), œuvrons… pour l’avènement – le plus tôt possible !!! – des États-Unis véritables d’Afrique .

Paris, le 30 juin 2014
Godwin Tété