Lundi 19 Novembre 2018

Contactez-nous

Recherche :

Actualités

A la une

Editorial

Societe

Regions

Diaspora

Carnet

Politique

Economie

Sante

Education

Culture

Sports

Afrique

International

Repères

Opinions-debats

Revues de presse

Interviews

Portraits

Annonces

Emplois

Immobilier

Divers

Services

Archives

Newsletters

Abonnement

Publicite

Espace reserve

Qui sommes-nous ?

AFRIK.COM - 08/02/2005 Imprimer | Envoyer | Réagir

Togo : réactions africaines sur « l’intronisation » de Faure Eyadéma


Petit tour de la presse du continent

La presse internationale est quasiment unanime : l’intronisation de Faure Eyadéma à la tête du Togo aussitôt après la mort de son père Gnassingbé, décédé ce samedi d’une crise cardiaque, va à l’encontre de la constitution. Réaction de quelques quotidiens du continent.

« Le Togo vient d’être frappé par un grand malheur. Il s’agit d’une véritable catastrophe nationale. Le Président n’est plus. Il a rendu l’âme ce samedi 5 février alors qu’il était évacué d’urgence pour des soins à l’extérieur du pays », a déclaré samedi dernier le Premier ministre togolais Kofi Sama après le décès de Gnassingbé Eyadéma, le doyen des chefs d’Etat africains. Pour remplacer l’ex sergent-chef qui a dirigé le petit pays ouest-africain pendant 38 ans, l’armée a « confié » le pouvoir à Faure Essozimma Eyadéma, l’un des deux fils de l’ancien homme fort de Lomé. Son « intronisation », rendue officielle ce lundi matin, a provoqué des condamnations de la communauté internationale, qui vont d’une dénonciation d’un acte anticonstitutionnel à une accusation de coup d’Etat militaire. La presse africaine condamne aussi, globalement, la décision de l’armée et les manœuvres qui couvent pour que Faure Eyadéma reste au pouvoir.

La démocratie toujours en danger

Le Patriote ironise ainsi sur la promotion de Faure Eyadéma : « A peine le souffle rendu. La Constitution [est] au garage. L’armée intronise le fils. Pour la survie du clan. Le Général est parti. Le système se maintient. C’est ça l’Afrique ! » Le quotidien ivoirien poursuit en écrivant que la décision de l’armée marque « une succession héréditaire qui ne dit pas son nom ». Même sentiment du côté de Fraternité Matin, un autre journal ivoirien. Il estime en effet que la succession du plus vieux leader après le Président cubain Fidel Castro « s’est faite de façon despotique et comme dans une dynastie parce que, de par la volonté des Forces armées togolaises (Fat), c’est son fils Faure Gnassingbé, ministre de l’Equipement et des mines et des Télécommunications (...) qui lui succède ».

El Watan, journal algérien, rapporte les propos de Gilchrist Olympio, principal opposant du leader décédé, qui espère que la mort du chef de l’Etat permettra que le « Togo se mette sur le chemin de la démocratie ». Un espoir brisé d’après Le Patriote. Le journal concède que « la disparition de Gnassingbé Eyadema, principal obstacle à la démocratisation du Togo, était pourtant porteuse d’une espérance démocratique forte », mais que présentement « l’armée est en train d’assassiner (...) l’espérance démocratique au Togo ». Congo Site ajoute qu’en « se plaçant au-dessus de la Cour constitutionnelle et en s’opposant à l’application des dispositions légales prévues, l’armée togolaise a remis en cause le processus de démocratisation dans le pays ».

Changements de constitution

Car selon certains journaux, des manœuvres anticonstitutionnelles sont en cours pour que Faure Eyadéma, que son défunt père voyait comme son dauphin, finisse le mandat de son père. Et plus si affinités. En effet, la constitution de 2003, et en particulier l’article 65, stipule « qu’en cas de vacance de la Présidence de la République par décès, mission ou empêchement définitif, la fonction présidentielle est exercée provisoirement par le président de l’Assemblée Nationale ». Le président de cette même assemblée est bloqué à Cotonou (Bénin) suite à la fermeture des frontières décidée par les autorités togolaises après le décès de Gnassingbé Eyadéma.

Mais, rapporte Congo Site, « pour tenter de donner une apparence de légalité à leur coup de force, les militaires ont fait voter deux décisions par le Parlement, le 6 février dernier. La première porte sur la destitution de l’actuel président de l’Assemblée Fambaré Nachaba et son remplacement, et la deuxième porte sur la modification de la Constitution : l’intérim jusque-là limité à 60 jours, a été étendu jusqu’en 2008, date de la fin du mandat du Président défunt. » Le Mail and Guardian, journal sud-africain, précise que l’Assemblée nationale a voté par 67 voix contre 14 le changement de la constitution qui permettra à Faure de finir le mandat de son père, qui devait s’achever en 2008.

Le ministre de l’Equipement et des mines et des Télécommunications promu a d’ailleurs prêté serment ce lundi matin. Le Mail and Guardian rapporte ses paroles : « Devant Dieu et le peuple togolais, je jure de défendre la souveraineté du pays, (...) de défendre et de respecter la constitution fournie par le peuple du Togo ». Toutefois, Congo Site estime que le Président par intérim pourrait avoir une marge de manœuvre réduite dans ses fonctions face aux militaires qui l’ont intronisé.

« Confrontation fratricide » pour le pouvoir ?

Mais Sud Quotidien se demande si, au final, c’est bien Faure qui restera à la tête du pays. Le journal sénégalais confie que Ernest Gnassingbé Eyadéma, le frère du dauphin pressenti de « Papa Eyadema », a des velléités sur le pouvoir. « Ce dernier, bien que doublement handicapé » à la suite d’un empoisonnement et « analphabète notoire, garderait toutes ses facultés de ‘nuisance’. Il serait très influent au sein de cercles proches du pouvoir et de l’armée », rapporte le média. Qui interroge : « Va-t-on vers une confrontation fratricide pour la succession d’Eyadéma ? Ou bien vers une entente cordiale entre les deux frères et leurs soutiens respectifs sur le dos du peuple togolais et du respect de la loi fondamentale du pays ? » En attendant, le pays est en deuil pour deux mois.

par Habibou Bangré

Imprimer | Envoyer par email | Réagir à cet article

Page précédente
DERNIERES DEPECHES
Togo : Jean-Pierre Fabre dit NIET à Faure Gnassingbé
Ouverture vendredi à Yaoundé d’une réunion des pays de la zone franc
Togo : 35 milliards de francs CFA de bons de trésors vont être émis sur le marché de l’UEMOA
Togo : Un nouveau Cahier des charges pour Togocel pour améliorer ses réseaux G2/G3
Espace CEDEAO: Le Togo s’oppose à la limitation des mandats présidentiels à deux !
Togo: l’OIF rend son rapport sur l’organisation de l’élection du 25 avril
Présidentielle au Togo: dix jours pour régler les derniers problèmes
Togo: Présidentielle reportée au 25 avril à cause du fichier électoral bidonné ?
Togo: les fonctionnaires en grève
L’élection au Togo s’invite en justice à Bruxelles
Les autres dépêches...



OPINIONS-DEBATS

TOGO: JE DIS BRAVO, PRINCE GNASSINGBé! NON SEULEMENT PAR IRONIE...
En refusant de signer le protocole des chefs d'État portant limitation du nombre des mandats présidentiels à deux, protocole qui a cependant recueilli l'accord de 8 chefs d'État sur 10, Gnassingbé n'a rien révélé de neuf, ni de sa personnalité, ni de ses intentions que nous, je veux dire un certain nombre de Togolais, ignorerions. Je dis bravo ! non seulement par ironie, mais aussi parce qu’il aurait pu user d’hypocrisie et de la fourberie qu’on lui connaît et signer le protocole, pour n’en jamais tenir compte, comme tant d’autres fois. Par Sénouvo Agbota ZINSOU


PORTRAITS

#TOGODEBOUT : MOBILISATION MONSTRE DE LA DIASPORA DE BASTILLE à RéPUBLIQUE à PARIS

INTERVIEWS

LAURENT BIGOT, DIPLOMATE LIMOGé POUR AVOIR PRéDIT LA CHUTE DE COMPAORé
C’était il y a deux ans, en juillet 2012 : le diplomate français Laurent Bigot a fait scandale en annonçant la chute de Blaise Compaoré. Après le Burkina Faso, y aura-t-il d’autres pays où la jeunesse se révoltera ? Le cas du Togo nous vient immédiatement à l’esprit. Le clan Gnassingbé, ça fait près de 47 ans qu’il est au pouvoir.


REVUES DE PRESSE

FAURE GNASSINGBé: LE DIALOGUE à LA BOUCHE, LES ARMES ET GOURDINS CLOUTéS EN MAINS
De père en fils, le régime des Gnassingbé, ce clan qui a pris en otage le peuple togolais, n’a pas changé. Ni dans sa nature, ni dans ses méthodes de conservation du pouvoir à tout prix. Et pourtant, au lendemain du décès d’Eyadéma, suivi quelques heures plus tard de l’installation de Faure Gnassingbé au pouvoir par un quarteron d’officiers, et surtout après la parenthèse de sang de 2005, un brin d’espoir était né auprès d’une frange de la population. A raison, étant donné l’extrême jeunesse du successeur du vieux dictateur au pouvoir et plus encore de son discours sur sa volonté de trancher avec l’ère ancienne.


DOSSIERS

Togo: Les forces armées togolaises et le dispositif sécuritaire de contrôle (1&2)

La constitution togolaise (1)

La constitution togolaise (2)

La constitution togolaise (3)