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LETOGOLAIS.COM - 21/10/2002 Imprimer | Envoyer | Réagir

GNASSINGBE EYADEMA : Le fléau Togolais


Selon l’un de ses hagiographes, Claude FEUILLET, le destin de Etienne Gnassingbé EYADEMA ne pouvait s’accomplir que dans la conduite de l’Etat togolais. Etienne Gnassingbé EYADEMA serait né en 1935 dans le village de Pya, en pays Kabyè, au Nord du Togo, d’une famille de petits paysans. Il s’engagea très tôt dans l’armée française. Il y servit pendant une dizaine d’années, « au Dahomey(actuel Bénin ), en Indochine, en Algérie et au Niger avant de regagner son pays natal au début des années soixante » pour y accomplir son destin qui est devenu une fatalité pour le Togo.

Claude FEUILLET, dans son hagiographie ( Le Togo en général : la longue marche de Gnassingbé EYADEMA) exalte la personnalité extraordinaire de Etienne EYADEMA, le caractère messianique de son avènement au pouvoir, ses facultés supra-humaines, son charisme et la bénédiction qu’il a reçue de Dieu, du peuple pour conduire le Togo. Jusqu’à ce jour, telle est la propagande véhiculée par le régime togolais sur les médias publics. Parler autrement de Etienne Gnassingbé EYADEMA serait une gageure, voire un crime de lèse-majesté.

Pourtant, Etienne Gnassingbé EYADEMA entra dans la carrière par le sang, l’assassinat du Président Sylvanus OLYMPIO. Cet acte, il le revendiqua publiquement(Paris-Match, n°720 du 26 janvier 1963) ! En outre, l’apostrophe du général de Gaulle au cours de la visite officielle de septembre 1967, confirme bien que c’est Etienne Gnassingbé EYADEMA qui a tué Sylvanus OLYMPIO (Foccart parle, p.272, tomeI).

Presque inculte en 1967, Etienne EYADEMA n’eut de cesse de mettre en pratique les leçons et les conseils que lui avaient prodigués de Gaulle. On retrouve donc chez lui une tendance à la surcompensation qui se manifeste dans la recherche de titres honorifiques, de distinctions, et toutes ses éminentes qualités dont on l’affuble : guide éclairé, timonier national, père de la Nation, etc…

Cependant, président depuis 1967, Etienne Gnassingbé EYADEMA a conduit le Togo sur la voie du chaos. Ce pays pour lequel Sylvanus Olympio nourrissait de très hautes ambitions à l’indépendance, a sombré depuis, sous la férule de Gnassingbé EYADEMA, dans l’incurie, la misère et la peur. Il est aux mains d’une clique sans foi ni loi, arrogante et corrompue. L’économie est largement ruinée, l’agriculture dévastée, les bailleurs de fonds ont déserté Lomé. Sur les 4 millions de togolais, plus de 3 millions- soit 3 togolais sur 4- vivent en deçà du seuil de pauvreté, plus de 3 sur 4 est au chômage. Plus de 200.000 personnes sont atteintes du sida, soit environ 5.98% de la population. Les services publics sont délabrés, la justice asservie, les médias inféodés ou brimés. De même, une grande partie de la jeunesse laissée pour compte aspire à l’exil…Le Togo est un pays opprimé, déchu, isolé.

Le naufrage du Togo tient pour l’essentiel, au délire mégalomaniaque de Etienne Gnassingbé EYADEMA. Cet homme est un obsédé du pouvoir. Le pouvoir en soi, et pour soi. Le pouvoir comme une soif que rien n’étanche, au service d’une ambition jamais assouvie, et comme une revanche sur ses origines. On le sent prêt, tel un Samson des Tropiques, à entraîner le Togo dans sa chute, à lui faire payer son désamour.

Etienne Gnassingbé EYADEMA règne depuis toujours par la violence…La liste des crimes commis par son régime est longue, et les pratiques de torture toujours en cours dans les geôles du timonier-tortionnaire donnent le frisson. Pour donner un exemple de son immoralité et de sa férocité, citons le cas bien connu de son beau-frère, Gaston Charles GNEHOU, dégradé, évincé de l’armée, blessé et achevé sur son lit d’hôpital en août 1977.

Les nervis d’Etienne Gnassingbé EYADEMA recourent à l’intimidation ou au meurtre pur et simple. Ces pratiques criminelles prolongent les outrages faits à la loi et aux institutions : fraudes électorales, fausses accusations, arrestations, manipulations en tout genre.

Etienne Gnassingbé EYADEMA est aussi un adepte du double langage et du double jeu. Alors que sa garde prétorienne au nombre desquels, son fils Ernest Gnassingbé faisait régner la terreur dans le TOGO (1990-1998), le guide éclairé a affirmé son ignorance des méfaits commis par son armée. EYADEMA ne fut jamais au courant de tous les crimes commis en son nom et à son profit. Car, à qui pouvait profiter la tentative d’élimination de Gilchrist OLYMPIO, à SOUDOU, en mai 1992 ?

Au surplus, toutes les manœuvres organisées depuis août 2001, pour faire modifier la Constitution, et permettre un nouveau mandat du président-dictateur ne sont pas ses initiatives. Il ne peut en être ainsi, puisque Etienne EYADEMA a proclamé haut et fort qu’il respectera la Constitution, et qu’il ne se représentera pas en 2003. Inutile donc, de lui faire par avance un procès d’intention : honni soit qui mal y pense !

Ainsi, pendant que EYADEMA se proclame démocrate, et homme de dialogue, il favorise l’extrémisme de ses courtisans( NATCHABA Ouattara,TIDJANI, WALLA, etc.…). Son parti et ses hommes ont une conception étrange du dialogue. C’est plutôt des diktats qu’ils veulent imposer à leurs opposants. Etienne EYADEMA et ses partisans n’ont aucun scrupule et ils n’ont nul peur du ridicule. Par chance, celui-ci ne tue plus !

Car, les volte-face, les retournements, les renonciations aux engagements publiquement pris sont des pratiques très courantes du régime depuis que celui-ci a accepté de jouer le jeu de la démocratie. Mais, surtout, il s’agit de ne pas venir embêter le timonier national qui veille paternellement sur le Togo et les Togolais depuis 35 ans. Et puis, comme le dit un de ses inintelligents laudateurs( François SOUDAN), « les Togolais…n’attendent qu’une chose : que revienne le temps béni des années soixante dix, quand Lomé brillait comme un sou neuf. La démocratie en plus. » Oui, les Togolais sont tellement masochistes qu’ils en redemandent encore et encore du Etienne EYADEMA.


Article parue le 21/10/2002






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