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LETOGOLAIS.COM - 29/08/2016 Imprimer | Envoyer | Réagir

Togo : Histoire de la Communauté ADJIGO et Alliés


Les Adjigo sont originaires d’El-Mina au Ghana, ancienne Gold-Coast. Ce sont des Fanti qui avaient quitté la vallée du Niger pour s’installer autour de l’embouchure d’un grand fleuve qu’on appelait Gbègnan.Le fleuve était très riche en placettes d’or. « Adji » veut dire enfant ou jeune homme, « go », veut dire va de l’avant ; d’où « adjigo », qui veut dire : « va de l’avant jeune homme ! ».

L’ancêtre des Adjigo était un prince qui émigra du Ghana pour s’installer sur la côte d’Aneho, suite à une rixe d’un de ses esclaves qui tua une personne. Selon la tradition, c’était le propriétaire de l’esclave qui devait être mis à mort. Quam-Dessou qui était commerçant, avait acheté une portion du littoral qui devait donner naissance à la ville d’Aneho, aux Pla (habitants de Grand – Popo), entre 1660 et 1670. Les dates ne sont pas certaines. Elles ont été prises grâce à des recoupements dans des récits de famille ou dans des livres d’Histoire.

Le premier souverain fut donc QUAM-DESSOU I

Ceci nous nous donne la chronologie suivante :

1- QUAM –DESSOU I (entre 1660 et 1670)
2- AHLONKO FOLI (début XVIII siècle – 1718)
3- AHLIN III (1736- )
4- SEKPON, fils de Quam-Dessou I ( 1772-1812)
5- COMLANGAN ( vers 1815 – 1821)
6- ASSRIVI ( 1821-1835)
7- CODJO-AGBOSSOU ( 1839-1852)
8- KOUAWO ADADE NUTEPE VIII ( - 1852)
9- CODJOVI DJIYEHOUE XIX ( - 1884)
10- ANYAKUVI AGBO (1887-1891)
11- QUAMVI (1900-1906)
12- THOMAS KOFFI APETOVI Quam-Dessou
13- Ata QUAM-DESSOU XIII ( 1938-1977)
14- NANA OHINIKO QUAM-DESSOU XIV ( 1978 - 2008
15- NANA Anè Ohiniko Quam Dessou XV ( 2012 -

LES MODALITES DE DESIGNATION

Au début de la dynastie des Quam-Dessou, seuls les descendants de Quam-Dessou ou d’Ahlonko Foli pouvaient être choisis comme rois. Avec le temps, la procédure changea. Il y avait une période de trois ans entre la mort du roi et la désignation de son successeur. Ce successeur pouvait être le régent, mais ceci dépendait de sa moralité et d’autres facteurs. 
La famille régnante élargie aux familles alliées élit le nouveau roi. On recueille les candidatures, puis ou procède à un vote. Le candidat qui a la majorité des voix l’emporte et le choix est rendu public. On organisait alors de grandes funérailles pour le défunt roi et on intronisait le nouveau roi. Aujourd’hui, le prince doit être présenté au gouvernement, suite à un rapport à Lomé qui doit entériner le choix. Un Arrêté du gouvernement sanctionne le choix de la communauté. Aux termes de cet Arrêté, le nouveau roi devait percevoir une indemnité annuelle de 193.OOOFrancs CFA. Mais, depuis plus de dix ans, l’Etat n’a pas honoré cet engagement à l’endroit du roi des Adjigo. 
Le Roi des Adjigo se prend en charge. D’après la tradition, il ne doit pas être une charge pour la Communauté. Mais, toutes les familles peuvent lui venir en aide par des dons, des legs, des contributions financières, lorsqu’il y a des manifestations grandioses comme la construction d’un palais, des funérailles royales, ou les fêtes traditionnelles annuelles.

LES CEREMONIES TRADITIONNELLES

Avant l’intronisation, des délégués venus du Ghana et des initiés de la communauté adjigo du Togo procèdent à une initiation du nouveau roi, dans une forêt sacrée qui n’était pas loin du palais royal actuel (quartier nlèsi). Le nouveau roi doit se dépouiller de ses habits ; s’habiller de raphia, se barioler de kaolin, jusqu’à sa sortie de la forêt sacrée. Il doit porter autour du cou un collier de Momordica charantia « anynryan » en guin. Cette cérémonie que l’on nomme « Alaga », symbolise la disponibilité du roi à se dépouiller de sa personne pour accepter tous les problèmes de ses sujets. Les cérémonies durent jusqu’au petit jour. Le jour venu, on porte le roi habillé des ses attributs royaux qui sont faits de tissu blanc ; et de colliers en argent, en palanquin jusqu’au palais royal au milieu d’une foule en liesse. La foule arrivée doit se rendre forcément à Fantékomé où il y a une sorte de panthéon où ont été enterrés des rois, des princes, des notables.

BENEDICTION DU NOUVEAU ROI

Une fois sur les lieux de la fête, il y a une bénédiction du nouveau roi au cours de laquelle on invoque les mânes des ancêtres pour qu’ils viennent en aide au nouveau roi. Après cette bénédiction, le roi est conduit au Palais où il demeurera. Il ne doit pas rester seul. Il est aidé par des notables ou les grands dignitaires de la communauté adjigo et alliés , pour rendre justice, car ce n’est pas forcément le roi qui rend justice ; il peut être présent simplement à titre symbolique. Les dignitaires forment le Conseil du Trône.

LE CONSEIL DU TRONE

Le Conseil du Trône est régi par des règles coutumières et usages non écrits. Il est une instance représentative de la Communauté. Il est l’organe suprême du royaume.

C’est lui qui confère au Roi sa légitimité. Ses attributs sont les suivantes :
1- rechercher, énoncer et transcrire sous forme de statuts l’ensemble des us et coutumes fondamentaux constituants le cadre juridique et institutionnel du Royaume avec les attributs du Roi et des hauts dignitaires de sa Cour tout en ne perdant pas de vue la Constitution et les lois de la République Togolaise ; 
2- élaborer son règlement intérieur ; 
3- assister le Roi pendant la durée de son règne ; 
4- désigner un régent pour le trône en cas de décès du Roi et nommer un substitut lorsque le Roi est atteint d’une incapacité totale permanente le rendant inapte à ses fonction ; 
5- proposer à l’approbation des chefs de familles Adjigo et Alliés le futur Roi et faire procéder à son intronisation ; 
6- désigner sur proposition de son bureau et en accord avec le Roi, les assesseurs devant assister celui-ci dans la gestion quotidienne des affaires de la Communauté, qu’il s’agisse des activités juridictionnelles ou administratives ; 
7- veiller que le régent ou le substitut du Roi ne soit pas candidat au trône ; 
8- organiser la cérémonie d’investiture du nouveau Roi et mettre en place un comité d’intronisation à cette fin ; 
9- participer à la prise des décision concernant l’unité, la survie et l’intérêt général de la Communauté Adjigo et Alliés ; 
10- agir de concert avec le roi, en toute légalité pour la sauvegarde des acquis moraux et matériels du Royaume ; 
11- se saisir d’office ou sur la demande du Roi de toutes les questions susceptibles de rompre l’harmonie et la Communauté, exception faite des questions politiques et religieuses ; œuvrer pour rétablir l’unité et la concorde entre les familles et entre les fils du Royaume par le dialogue et la conciliation ; 
12- entreprendre des actions pour qu’allégeance soit due au Roi au sein de la Communauté Adjigo et Alliés et à l’extérieur de celle-ci. Un comité des Sages du Royaume est mis en place au sein du Conseil du Trône à cette fin ; 
13- veiller à l’application des rites, us et coutumes de la Communauté Adjigo. Un comité des cérémonies coutumières est constitué à cette fin. 
Les membres du Conseil du Trône sont issus des familles Adjigo et Alliés issues des fondateurs de la Communauté Adjigo à Aneho, des familles Adjigo d’Agoué, des familles royales d’Agbodrafo. On trouve également des familles Alliées à Anyronkopé. Chaque famille élit en son sein, un repésentant et un suppléant devant siéger dans le Conseil du Trône.

La Communauté ADJIGO et Alliés comprend actuellement les familles suivantes :

1- SANVEE
2- SODATONOU
3- KUAMVI
4- DJIYEHOUE
5- KUAMVI
6- KPONTON
7- BRUCE
8- OHIN
9- FORSON
10- GABA
11- AGHEY
12- KUAKUVI
13- KUAOVI-LINGUIN
14- SANVI-CATARIA
15- KUAKU-FRANTZ
16- BYLL-CATARIA
17- TOMETY
18- ATANLEY
19- da SILVEIRA
20- SODATONOU
21- AGBOLO
22- DJONDO
23- AJAVON
24- D’ALMEIDA
25- DOTOUVI
26- AHLIN-CAGO
27- AGBODOGA
28- AQUEREBURU
29- GBADAGO
30- TOYI
31- KUASSI
32- DOVI-AVOUYI
33- AHEBLA
34- KOUMI
35- SODJI
36- SIMON DE FANTI
37- TOFFA
38- MASSOUGBODJI
39- TEKOE
40- COMLAN-CATARIA
41- KOMLAN
42- COFFI-QUAM DESSOU
43- AGBOSSOU
44- DIOGO
45- PORTO-RICO
46- AKUETEVI
47- Kwadjovi-KPEWUKPE
48- KOMLANGAN
49- PANOU
50- AKIBODE
51- MABUDU
52- WEDE
53- PINTO-TOYI
54- TCHAKPALI
55- PIPOKA
56- DELIHA
57- MADJRI
58- KOFFI
59- DADZI
60- ZANKU
61- TODEDZRAPU
62- KUEGAH
63- AGBOLO
…...

Propos et renseignements recueillis par KUAKUVI Kuamvi Mawulé

KUAKUVI Kuamvi Mawulé est né le 15 janvier 1945 à Aneho (TOGO)
Maître-Assistant de Philosophie Université du Bénin – Faculté de Lettres et Sciences Humaines
Département de Philosophie Président du Comité Départemental d’Orientation Scientifique (CDOS), depuis mai 1998.


LIRE EGALEMENT :
Togo - 1666-2016 : Célébration des 350 ans d'Anèho le 4 septembre 2016 au PLATE'S à Pantin

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