03/12/2022

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Au Togo, l’opposition s’unit contre le régime au pouvoir

LOME, 9 août (AFP) – 9h49 – Une partie de l’opposition politique togolaise a décidé, après plusieurs semaines de concertation, de se rassembler autour d’un « Front » uni, pour tenter de mettre fin au régime du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT).

Composé de quatre partis de l’opposition, dont le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) de Me Yawovi Agboyibo, « Le Front » est une nouvelle forme d’alliance de partis politiques qui entend « oeuvrer de concert avec toutes les organisations politiques et la société civile éprises de changement démocratique », a expliqué l’avocat.

« Nous avons tous conscience de l’engagement que nous venons de prendre. C’est une nécessité, car c’est ensemble que nous devons travailler », a ajouté lors d’une conférence de presse à Lomé jeudi, Me Agboyibo, coordinateur du « Front » et opposant de longue date au président togolais, Gnassingbé Eyadéma.

Selon lui, « les anciennes rivalités internes au sein des partis politiques ont fait que les alliances ont toujours échoué. Il est temps de changer de méthodes. Et nous en prenons l’engagement devant le peuple ».

Les élections législatives, un des points essentiels de l’Accord Cadre de Lomé (ACL) signé en juillet 1999 entre le pouvoir et l’opposition, n’ont pu être organisées à ce jour. Elles ont déjà été reportées deux fois, la dernière fois en mars. Chaque camp – la mouvance présidentielle et l’opposition – accuse l’autre d’en porter la responsabilité.

Le dernier rebondissement a été la nomination par la Cour constitutionnelle d’un comité de sept magistrats pour organiser des législatives anticipées, à la suite d’un blocage autour de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Cette décision a conduit la plupart des partis d’opposition à se prononcer contre l’organisation de ces élections.

« Nous devons nous battre pour arracher le principe d’élections sur lequel on s’était entendu. Et maintenant, nous disposons d’un outil commun pour bien appréhender les choses », a estimé Léopold Gnininvi, président de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), autre formation membre du Front.

A ce jour, un seul parti de l’opposition togolaise, la Convergence Patriotique Panafricaine (CPP), a appelé à participer aux législatives et demandé aux autres formations politiques de l’opposition de faire de même, « ne serait-ce que pour empêcher le RPT de monopoliser le pouvoir ».

Aucune date n’a encore été annoncée pour la tenue du scrutin.

Cette alliance de l’opposition intervient alors que des critiques se sont récemment élevées du camp même du régime, à la tête duquel le général Eyadéma règne sans partage depuis 1967.

Fin juin, Agbéyomé Kodjo, après avoir été démis de ses fonctions de Premier ministre, par le chef de l’Etat, a rendu publique une longue diatribe contre le pouvoir.

Dans ce réquisitoire-testament de 14 pages, M. Kodjo, pourtant élevé dans le moule du RPT, a dénoncé « l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques », un « populisme suranné », les « dérives monarcho-despotiques du régime actuel », des « menaces de mort » proférées contre lui en toute impunité par le fils aîné du chef de l’Etat, le colonel Ernest Eyadéma, qu’il accuse au passage de faire torturer des prisonniers dans un camp du nord du pays.

En mars dernier, c’était le député Dahuku Péré qui avait dénoncé de façon très incisive le fonctionnement du parti.

Tous deux membres du bureau politique du RPT, ils ont été exclus mardi de ce parti pour « haute trahison », après avoir été déchus de l’ordre du Mono, la plus haute distinction du Togo.