26/09/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

CACIT-TOGO condamne la répression des populations de Bandjeli

CACIT-TOGO
Afin que le crime ne se nourrisse plus de l’impunité

DECLARATION

Le 21 décembre 2006, les populations de Bandjeli, localité située dans la préfecture de Bassar, à environ 500 km de Lomé, la capitale, et à une trentaine de kilomètres de la ville de Kara, dans la partie septentrionale du Togo, ont été l’objet, selon nos investigations, de représailles de la part des éléments de la gendarmerie nationale. L’information a été confirmée par les journaux « Forum de la Semaine » N° 218 et « Liberté Hebdo N°52 » du 04 janvier 2007. Ces évènements ont fait, selon la version officielle un (1) mort et des blessés. Le journal Liberté Hebdo a assimilé ces événements à une « expédition punitive » et fait état d’ « un mort et 123 blessés, dont 3 graves, sans compter ceux qui, par peur de représailles ne se sont pas fait connaître et qui, de surcroît, comme plusieurs autres, ont pris tout simplement le chemin de l’exil en attendant que le calme revienne dans la cité». D’importants dégâts matériels ont également été constatés.

L’intervention des forces de sécurité dans cette localité serait consécutive à un litige foncier opposant les populations des cantons de Kabou et Bandjeli quant à l’extension de leur autorité administrative respective sur le village de Takpayambour.

Dans leur descente, les forces de l’ordre ont, selon les informations recueillie auprès des populations de la localité, fait usage d’armes à feu, tirant à balles réelles sur des populations civiles non armées.

Le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) condamne fermement la violente répression, par les forces de l’ordre, des populations de Bandjeli.

Ces événements de Bandjeli rappellent à la mémoire du CACIT et de l’ensemble de la population togolaise, les violentes répressions d’avant, pendant et après l’élection présidentielle de 2005 ayant conduit à «l’élection » de Faure Essozimna Gnassingbé.

Le Collectif des Associations contre l’Impunité au Togo (CACIT), un Collectif d’ONG regroupant à ce jour 8 associations et ONG, vient de rendre publique une déclaration suite à des évènements malheureux que le Togo a connu il y a quelques jours.

Il faut rappeler que les victimes de ces répressions de 2005 qui ont fait au moins 154 morts selon la commission d’enquête nationale et 400 à 500 morts selon la Commission d’enquête indépendante de l’ONU, continuent de porter leurs peines et d’attendre que justice leur soit rendue.

Le CACIT constate que ces nouvelles répressions interviennent alors que des élections sont de nouveau programmées.

Ces exactions sont en contradiction flagrante avec les prescriptions de l’Accord Politique Global qui prohibe toute utilisation de la force armée pour rétablir l’ordre ; elles sont également contraires à l’esprit de la politique de réconciliation prônée par les autorités togolaises.

Le CACIT exige d’une part, que des sanctions exemplaires et immédiates soient prises contre les auteurs et commanditaires des répressions de Bandjeli et d’autre part, qu’une enquête soit diligentée afin de situer les responsabilités et de dissuader toute velléité de récidive surtout en cette période préélectorale.

A la veille des élections législatives prévues pour juin 2007, le CACIT exprime en effet ses vives préoccupations et :
– interpelle le président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé sur la continuation des agressions des forces armées contre les populations civiles ;
– exhorte le Premier ministre, Me Madji Yawovi AGBOYIBOR à prendre ses responsabilités et à prendre des mesures vigoureuses pour assurer la sécurité des populations et sauvegarder la paix civile sur le territoire du Togo;
– interpelle les membres du Comité de suivi de l’Accord Politique Global et particulièrement le facilitateur, son Excellence Blaise COMPAORE, sur leur responsabilité historique dans l’application effective de l’Accord Politique Global et le retour effectif de la paix sociale dans le pays ;
– invite le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme basé à Lomé et les Nations Unies, l’Union Européenne, l’Union Africaine et la CEDEAO à accroître leurs actions en faveur du respect scrupuleux des droits de l’Homme et des instruments internationaux ratifiés par le Togo dans ce sens.

Fait à Lomé le 05 janvier 2007
Le président
Me Zeus Ata Messan AJAVON

113, rue Logossame _ BP : 1202 Lomé Togo
Tél. : + 228 933 07 63/902 10 38/956 02 16/220 26 35
Fax :222 08 32
e-mail : cacitogo@gmail.com