02/12/2022

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Claude Améganvi visite la Diaspora togolaise en Europe

Claude Améganvi visite la communauté togolaise d’Europe pour la remercier de son soutien lors de son arrestation arbitraire par le régime dictatorial du général Eyadéma. Il profite également de cette rencontre pour offrir son diagnostic et ses solutions sur la crise togolaise.

Claude Améganvi était le 8 mars à Bruxelles (Belgique), le 9 mars à Rotterdam (Hollande), le 15 mars à Lund (Suède), le 16 mars à Copenhague (Danemark). Les Togolais et amis du Togo sont venus nombreux assister à ces réunions animées par le leader du Parti des travailleurs et coordinateur du regroupement «Quelle solution pour le Togo ? ». Après les mots de bienvenue des comités d’organisation locaux, Claude Améganvi a remercié tous les participants pour la part active qu’ils ont prise dans la campagne internationale pour sa libération. Revenant sur les faits, il estime que son arrestation est une illustration de la violation des droits de l’Homme au Togo, appuyant ses propos par la description des conditions déplorables de détention à la Prison civile de Lomé. Dans ce bâtiment, ancien comptoir esclavagiste construit entre le XIVe et le XVIIIe siècle, le caractère sinistre des conditions de vie continue pour les détenus qui se surnomment «Macous», c’est-à-dire «Je vais mourir», en mina, la langue parlée dans le sud du Togo. Ils étaient plus de 1500 détenus entassés dans un établissement prévu pour 300 personnes, dormant tête-bêche à 65 dans des locaux de 5,50m x 6 m, généralement dans une position surnommée «Single way», avec, dans un coin, des seaux destinés à leurs besoins. Cette promiscuité est un terrain favorable à toutes les maladies : tuberculose, dermatoses, infections, sida, etc. En guise de repas unique journalier, les détenus doivent se contenter d’une pâte de maïs infecte surnommée «Bokaya», accompagnée d’une sauce surnommée «Sauce miroir ». Les détenus, des jeunes en grande majorité, attendent depuis 3, 7 voire 10 ans, l’instruction de leur affaire.

Claude Améganvi analyse ensuite la situation politique au Togo, qu’il estime désastreuse à tous les points de vue. Les conditions de vie de la population sont en constante dégradation notamment dans le domaine de la santé, de l’éducation, des salaires et de l’emploi. Il s’inquiète du développement de la guerre en Côte d’Ivoire, il y avait lieu de craindre que le Togo ne soit, à son tour, précipité vers un conflit armé. M. Améganvi en appelle à la nécessité d’un débat sur le bilan réel de la situation togolaise, 13 ans après le soulèvement du 5 octobre 1990. De son point de vue, l’impasse dans laquelle n’a cessé de s’enfoncer le Togo trouve son origine dans les solutions extérieures concoctées plus de 8 fois, sous l’égide des grandes puissances et de leurs institutions, avec la participation des partis de l’opposition institutionnelle. Ces négociations et accords auraient, pour l’essentiel, servi uniquement à sauver le régime d’Eyadéma. Enfin, l’élection présidentielle en cours de préparation, sur la base des modifications illégales et illégitimes de la Constitution et du Code électoral, n’a pour autre objectif, selon lui, que de pérenniser le pouvoir d’Eyadéma, alors que la Coalition des forces démocratiques (CFD) a été conduite à l’explosion. C’est pour cette raison qu’il estime nécessaire une clarification comme préalable à toute solution positive de la crise togolaise. Dans toutes les villes étapes, à Bruxelles comme à Rotterdam, le débat fut passionnant et virulent après les exposés de Claude Améganvi. Mais le cœur de la discussion a toujours été de savoir comment faire pour mettre en échec le nouveau coup de force que prépare le RPT, au regard du peu de temps disponible pour mettre en place une stratégie efficace. Claude Améganvi appelle les Togolais à s’organiser pour refuser toute solution étrangère à la crise togolaise, imposer le droit du peuple togolais à choisir librement ses représentants et exiger l’organisation immédiate d’élections libres et démocratiques sous le contrôle du peuple togolais et de ses organisations démocratiques.

Claude Améganvi propose la constitution, dans chacune des villes-étapes, d’un comité du regroupement «Quelle solution pour le Togo ? », comme cadre d’unité, ouvert à tous, qu’ils appartiennent ou non à un parti de l’opposition démocratique. Des réunions sont prévues dans d’autres villes notamment à Lille et Paris (France) ainsi qu’en Allemagne.

La rédaction letogolais.com