25/06/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Coférence de presse de l’UFC: APPEL A LA MOBILISATION GENERALE

UNION DES FORCES DE CHANGEMENT (UFC)
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Lomé, le 2 août 2002

CONFERENCE DE PRESSE DE L’UFC.

Appel à une mobilisation patriotique.

Exposé introductif.

Mesdames, Messieurs,

Nous tenons à vous souhaiter la bienvenue, une fois de plus, au siège de l’UFC. Au nom du Bureau National, et de son Président, M. Gilchrist Olympio, nous tenons également à vous remercier et à vous féliciter pour l’important travail que vous accomplissez, surtout, si l’on tient compte des conditions difficiles dans lesquelles ce travail se réalise.

Votre confrère, M. Basile Agboh, Directeur de la publication d’Akeklé, n’est-il pas toujours en détention, alors que le motif pour lequel il a été arrêté, est entièrement confirmé par le principal concerné?

Sa place n’est certainement pas là où il se trouve actuellement, mais à son poste de travail et auprès de sa famille.

Mesdames et Messieurs, il faut que cela prenne fin!

Le sort de votre confrère nous amène à la première partie de notre exposé introductif.

A- Le régime poursuit toujours dans la répression .

Le 05 mai 2002, il y a eu dix ans qu’un sordide attentat a été organisé, à Soudou, contre M. Gilchrist Olympio et sa délégation, en tournée nationale de sensibilisation et d’information politiques.

L’UFC a tenu à donner un cachet spécial à l’événement. La salle où se déroule cette conférence de presse a été baptisée, à cette occasion, du nom du regretté Dr Marc Atidépé, tandis que le bloc administratif de l’UFC porte désormais le nom de Alaza Sama. Comme vous le savez Marc Atidépé et Alaza Sama sont parmi les nombreux togolais qui ont perdu la vie lors de cet horrible attentat.

Le 23 juillet 2002, il y a eu dix ans que notre camarade et ami Tavio Amorin disparaissait tragiquement. En effet quelques jours auparavant, deux agents des forces de sécurité ont froidement tiré, presque à bout portant, sur ce jeune et dynamique opposant, à l’époque, membre du Haut Conseil de la République, organe législatif de transition issu de la Conférence Nationale Souveraine (CNS).
Il venait d’avoir 35 ans. Il n’avait que le verbe et la fougue de la jeunesse pour défendre ses idées. Il ne préconisait ni violence physique, ni lutte armée, pour combattre la dictature.

Des manifestations de commémoration ont été prévues. Comme à son habitude et contre tout bon sens, le régime a préféré interdire celles-ci, procédant à des actes d’intimidation et réprimant férocement les manifestations que les organisateurs ont maintenues. Il y a eu dégâts et blessés graves.

Dans la lettre d’interdiction de ces manifestations, adressée aux organisateurs, le Ministre de l’Intérieur, a accusé l’opposition togolaise, qualifiée au passage d’irresponsable, d’avoir perpétré l’assassinat de Tavio Amorin. Le moment venu, il aura à répondre de ces accusations.

Depuis dix ans, le régime préfère continuer dans la répression aveugle, comme durant les deux décennies qui ont précédé le soulèvement populaire du 5 octobre 1990 et la tenue de la Conférence Nationale Souveraine. L’Accord-cadre de Lomé (ACL), signé en juillet 1999 et censé assainir l’environnement politique n’a rien changé. Au contraire!

Pour s’en tenir aux cas les plus récents, il y a lieu de noter.

1- A l’occasion du décès de Jules Dagbédji Azondjagni, président fédéral de l’UFC dans la Préfecture du Moyen- Mono, de plus, ancien militant de la cause de l’indépendance, l’UFC en accord avec la famille, a décidé tout naturellement, de prendre une part très active dans les obsèques prévues du 19 au 21 juillet 2002.

Ici aussi, comme à leur habitude, les autorités ont monté diverses manœuvres d’intimidation et de répression qui ont abouti à des brutalités et des violences se soldant par des saisies de matériels de l’UFC (plus de 1000 T. shirts et foulards), des blessés graves et d’importants dégâts matériels aux véhicules ayant servi au transport des militants de l’UFC: pare-brise et vitres cassées par jets de pierres organisés par des nervis du RPT, dont la plupart ont été identifiés. Le moment venu, ils répondront de leurs actes.

2- Dans la Préfecture d’Assoli, les autorités profitent de la nomination contestée d’un nouvel Imam pour procéder à des arrestations massives de militants de l’opposition dont plusieurs membres de l’UFC. Un des cadres de l’UFC, originaire
de la préfecture, El Hadj Issa Mohamane, se trouve parmi les détenus. Alors qu’il est d’un certain âge et, surtout de santé très fragile.

3- Dans la Préfecture de Doufelgou, des militants de l’UFC ont été arrêtés pour avoir distribué des prospectus appelant à la commémoration des dix ans de l’assassinat de Tavio Amorin. Ils sont déférés à la prison civile de Kara.

4- Dans la Préfecture de la Kozah, les autorités publiques, civiles comme militaires, se comportent comme en pays conquis, comme si les hommes et les femmes qu’elles traquent, de jour comme de nuit, n’ont pas droit au respect dû à la personne humaine.

Du 19 au 23 juin 2002, les militants Pierre N’zonou Adékédéou et Darius Paoulam Ladjo, cadres locaux du CAR, ont été arrêtés et détenus, d’abord à la garnison militaire de Kara puis à la Brigade territoriale de la gendarmerie de la même ville. Accusés d’avoir rédigé et distribué des documents en faveur de M. Dahuku Péré, ils ont été soumis à des traitements inhumains et dégradants, obligés entre autres, de se baigner dans des « eaux usées, puantes et boueuses », provenant de douche.

Un autre militant Ernest Télou l’a échappé bel en prenant la fuite.

Le 10 juillet 2002, madame Joséphine Gaba, militante et cadre locale de la CPP, a été interpellée, sans mandat, au marché central de Kara par deux agents de police en civil. Conduite d’abord au poste de police, elle a été amenée au camp Landja devant le lieutenant-colonel Ernest Gnassingbé qui l’accuse de diffusion de la déclaration de l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, en date du 27 juin 2002. Elle a été relâchée seulement à 23 heures, après avoir fait l’objet de menaces et intimidations.

Toujours à Kara, alors que notre militant Marc Palanga, Président de la fédération UFC de la Kozah, vient de sortir de prison après y avoir purgé une peine de six mois, sous l’accusation d’avoir « porté atteinte à l’honneur du lieutenant-colonel Ernest Gnassingbé, » nombre de nos militants font toujours l’objet de menaces et de tracasseries diverses.

5- C’est avec douleur et une profonde tristesse que nous tenons à vous relater la situation qui suit.

Il s’agit du décès, le 29 juillet dernier de Séna Evénamédé, à l’âge de 43 ans. Cette dame est une militante très active de l’UFC. De milieu modeste, elle travaillait très consciencieusement pour gagner, à la sueur de son front, son pain quotidien.

Le 25 avril 2001, elle a été kidnappée dans la rue, devant l’immeuble du CASEF, par des gendarmes en civil, sous l’accusation de vente illicite de billets de loterie, alors qu’elle vendait, au vu et au su de tout le monde, des billets d’une kermesse, activité culturelle et sociale, régulièrement organisée par l’UFC. Elle a été soumise à des sévices et gardée au secret quelques jours, avant d’être déférée à la prison civile de Lomé.

Après son élargissement, elle ne s’est jamais remise de ces brutalités. Elle est restée malade et alitée jusqu’à son décès lundi dernier. C’est une mort de plus, directement imputable aux méthodes répressives de ce régime.

Nous tenons, malgré la douleur que nous ressentons, à rendre ce témoignage à notre militante et à exprimer une fois de plus, nos sincères condoléances à la famille de Séna Evénamédé.

B Et pourtant la dictature est à l’agonie.

La dictature togolaise part en lambeaux. Une féroce lutte d’intérêts se déroule en son sein.
En réalité, rien de ce qui se dit et s’écrit abondamment ces derniers temps, n’est nouveau. Au moins, depuis la Conférence Nationale Souveraine (CNS), sinon depuis près de quarante ans, de très nombreux patriotes ont déjà dénoncé:

– La gestion calamiteuse des finances publiques, caractérisée par la prévarication, la gabegie, le népotisme etc..

– La violation massive et systématique des droits de l’homme, caractérisée par des arrestations arbitraires, des procès iniques, des assassinats etc..

La nouveauté aujourd’hui, c’est que les dénonciations proviennent d’acteurs éminents de la dictature togolaise qui, dans un passé récent, se sont acharnés à nier ces faits, mieux à les commettre eux-mêmes ou à les couvrir. Eux-seuls connaissent aujourd’hui, les raisons qui motivent leurs dénonciations, pratiquement dans les mêmes termes que les nôtres!

Dans tous les cas, et quelles que soient ces raisons, il est indéniable que de nouveaux horizons viennent ainsi d’être ouverts pour le Peuple togolais, dans son combat pour se libérer d’une dictature abjecte qui assassine ses fils et pille ses richesses.

L’UFC estime qu’il est du devoir de toutes les formations politiques, en tout cas de tout patriote, de répondre avec conviction et énergie à l’attente des populations qui demandent plus que jamais, des initiatives concrètes et pertinentes en vue d’une mobilisation générale et patriotique pour la fin de ce régime.

C’est dans ce sens qu’au lendemain de l’échec de la « réunion informelle » du Comité Paritaire de Suivi (CPS) à Paris, les 2 et 3 mai 2002, et compte tenu du contexte politique, l’UFC a pris l’initiative de contacts avec les autres partis de l’opposition, membres du CPS, en vue de rencontres et d’échanges. Seuls, le CAR et la CDPA ont répondu favorablement. Aussi, des rencontres se sont-elles déroulées entre nos trois formations, savoir, le CAR, la CDPA et l’UFC.

Les discussions ont principalement porté sur :

– L’examen de la situation politique créée par la dénonciation de fait de l’Accord-cadre de Lomé (ACL) par le RPT, en raison de la modification unilatérale du Code Electoral consensuellement élaboré par le CPS.
– Les voies et moyens de relancer le combat du Peuple togolais en vue de l’éradication du régime anachronique et prébendier d’Eyadéma.

Il est convenu que les discussions seront élargies par la suite aux autres formations politiques de l’opposition démocratique.

Une conclusion s’est dégagée des échanges et approuvée par tous, savoir:

La nécessité de doter l’opposition d’une Structure forte ayant la capacité de conduire la lutte avec efficacité et d’assurer son succès dans un délai assez court.

Lorsque la question s’est posée de la direction d’une telle Structure, l’UFC, a offert, se fondant sur la victoire réelle de son Président, lors de la présidentielle de juin 1998, la disponibilité de M. Gilchrist Olympio, à jouer le rôle de rassembleur et de mobilisateur que le peuple lui a déjà confié.

La proposition de l’UFC n’a pas été acceptée, chacun des deux autres partis proposant également son premier responsable, comme dirigeant de la Structure.
De plus, les deux autres partis ont introduit la nécessité d’une alliance électorale à candidatures uniques de l’opposition aux prochaines échéances électorales, aussi bien législatives que présidentielles, comme une condition indispensable à la mise en place et à la réussite de la Structure forte. La stratégie des candidatures uniques est, selon eux, la conséquence directe de la volonté de créer une Structure forte.

L’UFC, qui est plutôt favorable à la pluralité de candidatures au premier tour et au soutien du candidat le mieux placé de l’opposition au deuxième tour, pour toutes les élections, a estimé que la mobilisation et l’unité d’actions des formations politiques et des organisations de la société civile, dans les circonstances actuelles, n’impliquent pas nécessairement le choix de la stratégie de candidatures uniques lors des prochaines élections.

L’UFC a fait savoir en outre, que la stratégie des candidatures uniques reste, à son sens, complexe, voire impossible à mettre en œuvre. En effet, comment déterminer de manière objective et incontestable, les bases et les critères de choix des candidats uniques? Pour l’UFC, une telle stratégie risque de ne susciter que conflits inutiles et polémiques stériles. Elle ne peut qu’être contre-productive.

A défaut d’une meilleure solution, difficile à trouver, il est préférable, plus aisé et surtout plus conforme à l’idéal démocratique que nous prônons tous, de laisser le Peuple régler par des primaires, c’est à dire le premier tour, la sélection entre les candidats de l’opposition.

Une deuxième raison fondamentale de la réserve profonde de l’UFC à l’égard de la stratégie des candidatures uniques de l’opposition, est qu’elle semble constituer des réponses de contournement au coup de force déjà réalisé de la modification unilatérale du Code Electoral consensuel, ainsi qu’à celui annoncé de la modification de la Constitution.
Pour l’UFC, cette stratégie manifeste la résignation de la part de l’opposition face à ces coups de force inacceptables.

De fait, les candidatures uniques de l’opposition aux législatives constituent une réponse de contournement, donc une acceptation de facto, du scrutin majoritaire à un tour du Code Electoral modifié. De même, la candidature unique de l’opposition à la présidentielle constitue une réponse de contournement, donc elle aussi, la même acceptation à la modification annoncée de la Constitution.

Car, contre qui propose-t-on un candidat unique de l’opposition à la prochaine présidentielle, si on n’anticipe pas la candidature d’Eyadéma et par conséquent une modification de la constitution?

Ces propositions ne laissent-elles pas penser que l’opposition serait prête à accepter certaines des modifications au Code Electoral consensuel, unilatéralement introduites par le RPT ?

L’attitude qui consiste à trouver des solutions de contournement aux coups de force, encourage Eyadéma à perpétrer les coups de force. Pour avoir pratiqué cette stratégie depuis 1991, soit pendant plus de dix ans, et en avoir obtenu les résultats que l’on sait, l’opposition devrait en tirer toutes les conséquences et la bannir définitivement.

Dans tous les cas, et pour rassurer ses partenaires, l’UFC a réitéré sa proposition, connue depuis longtemps et valable au lendemain d’une victoire électorale de l’opposition, d’un gouvernement de l’ensemble de l’opposition, quels que soient les résultats électoraux qu’obtiendraient les uns et les autres, ne serait-ce que pour une législature. L’UFC s’est déclarée quant à elle, prête à prendre un tel engagement, solennellement en cas de besoin et de nécessité.

Les échanges en étaient là. Ils n’ont pas été rompus; seulement interrompus.

L’UFC déplore qu’un parti ait cru bon de mettre le débat sur la place publique, alors qu’il était convenu de se retrouver pour poursuivre les discussions, après un court délai.

L’UFC déplore également que ses partenaires subordonnent l’organisation de manifestations à la mise en place préalable de la Structure forte, sans laquelle selon eux, une mobilisation n’est ni possible ni efficace.

Ainsi une invitation de l’UFC adressée par lettre, aux deux autres partis, pour le lundi 22 juillet 2002, en vue d’échanges pour l’organisation commune de manifestations, compte tenu du contexte politique, n’a pas reçu de réponse favorable de leur part.

C’est dans ces conditions que l’UFC apprend par la presse, la nouvelle proposition de la fusion des partis de l’opposition, présentée comme « une union plus forte » encore!

L’UFC s’interroge sur les raisons qui motivent les partis de l’opposition togolaise à rechercher et à proposer des constructions intellectuelles difficilement réalisables, alors qu’il n’est pas si difficile, à son sens, pour les partis de l’opposition tels qu’ils sont constitués aujourd’hui, de s’entendre sur le minimum, savoir:

le retour aux conditions de l’ACL, donc l’abrogation du Code Electoral modifié, afin que des élections transparentes et libres mettent définitivement fin au régime Eyadéma-RPT.

La thèse de la fusion des partis est intéressante, en ce sens qu’elle est arrivée à point nommé, pour montrer les limites et les difficultés d’application de la stratégie des candidatures uniques, dont elle est sinon la caricature, du moins la forme la plus osée.

A supposer que les tenants de l’unicité de candidature de l’opposition ne soient pas favorables à la fusion des partis de l’opposition, deviendraient-ils des ennemis de l’union de l’opposition comme on tente de le faire accroire de l’UFC, présentée comme hostile à l’union de l’opposition parce qu’opposée à l’unicité de candidatures?

Peut-on raisonnablement reprocher à l’UFC, particulièrement visée par certaines des modifications du Code Electoral introduites par le RPT, de rester vigilante et intransigeante sur la nécessité de l’abrogation du Code Electoral modifié?

L’UFC n’est-elle pas fondée à défendre avec acharnement ce qu’elle considère comme ses intérêts parce que conforme à ceux des masses populaires?

En réalité, la concertation de l’opposition, l’unité d’actions de l’opposition, le front des partis de l’opposition, l’union de l’opposition etc. n’ont pas besoin, pour être réalisés, du préalable de l’unicité de candidatures ou de la fusion des partis de l’opposition.

L’UFC est persuadée que la mobilisation que les populations togolaises appellent de leurs vœux aujourd’hui, est possible sans que nous soyons obligés de rechercher des solutions alambiquées, présentées comme le summum du patriotisme.

Que penser alors des marches convergentes qui ont abouti à l’Hôtel de la Paix, le 19 janvier 1993, et ayant drainé au bas mot 200 000 personnes? Que penser des meetings monstres au stade d’Ablogamé entre 1991 et 1993, alors que nous n’avions adopté ni la candidatures uniques ni la fusion des partis?

C’est le lieu pour l’UFC de rendre une fois de plus, hommage au courage, à la ténacité et à l’abnégation des populations togolaises.

L’UFC est profondément convaincue que le Peuple togolais peut rééditer aujourd’hui, ses actes héroïques d’avant-hier et d’hier, pourvu qu’une direction judicieusement choisie, légitime et rigoureuse lui en donne l’occasion en lui désignant un objectif clair et précis. L’UFC est profondément convaincue que le problème n’est plus aujourd’hui l’absence de stratégie ou l’inadéquation de la stratégie, mais la détermination avec laquelle la stratégie retenue est appliquée.

Cette conviction profonde fonde également l’UFC à continuer d’expliquer, sans se lasser, que la stratégie de candidatures uniques ainsi que la fusion des partis politiques, constituent des propositions irréalistes, voire dangereuses, pour l’expression du suffrage des populations, car contribuant à confisquer ledit suffrage ou au moins à le biaiser.

C- Réflexions et concertations, d’accord; mais la pratique et l’action sont aussi indispensables

Le régime du RPT continue de se fissurer de toutes parts. Il est entièrement décrédibilisé. Illégitime depuis toujours, en tout cas, sûrement depuis 1998, aujourd’hui il est aux abois. Le pouvoir togolais est mis à l’index par la communauté internationale. Les membres de ce régime ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes, ne disposant plus aujourd’hui ni de vision d’avenir, ni d’ambition pour le pays.

A l’inverse, la prise de conscience de la grave nocivité de ce régime va grandissante dans le pays. L’UFC n’en veut pour preuve que deux événements récents, pour ne s’en tenir qu’à ceux-là:

– La Lettre pastorale de la Conférence Episcopale du Togo, demandant, entre autres, aux populations de s’engager résolument pour la conquête de leur liberté;

– La mise sur pied d’un regroupement de la société civile, de plus d’une quarantaine d’associations, exigeant toutes, la fin de la dictature par l’organisation de véritables élections démocratiques.

L’UFC salue cette prise de conscience.

L’UFC entend soutenir de telles prises de position, les accompagner, voire les amplifier.

En conséquence, en tant que parti de masse et prenant ses responsabilités, l’UFC en appelle aujourd’hui à une nouvelle mobilisation patriotique.

Pour ce faire, l’UFC propose dans une première phase d’informations, une série de meetings à Lomé et ses environs immédiats, aux dates et lieux ci-après:

Date
Lieu
Endroit précis
Heure

3 août 2002
Lomé, Bè Kpota
Ancien marché de Gakopto
14 heures

4 août 2002
Lomé, Ablogamé
Stade d’Ablogamé
14 heures

10 août 2002
Lomé, centre-ville
Jardin Fréau
14 heures

11 août 2002
Lomé, Hédzranawé
Assiyéyé
14 heures

17 août 2002
Lomé Agbalépédo
Place derrière EPP/Goupe C
14 heures

18 août 2002
Agoènyvé
EPC
14 heures

23 août 2002
Tsévié centre
Enceinte CEG Pie X
8 heures

24 août 2002
Lomé
Stade de Bèniglato
8 heures

25 août 2002
Baguida
EPC
14 heures

Il s’agit pour l’UFC de faire en sorte que le Peuple togolais mobilisé, exprime ses exigences minimum actuelles:

– L’abrogation sans délai du Code Electoral modifié,

– La réactivation, toujours sans délai, du processus électoral tel que prévu par l’ACL.

Nous ne saurons terminer ces propos liminaires, sans faire connaître quelques unes des observations que nous inspirent certains passages de la mise au point rendue publique le 19 juillet 2002, par le gouvernement en réaction à la déclaration de l’ancien Premier Ministre, Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo, en date du 27 juin 2002.

En dehors des indications indignes, contenues dans cette mise au point, que nous n’osons qualifier, tant elles sont d’un niveau extrêmement bas, l’UFC tient à observer:

Aucune des accusations précises de M. Kodjo, n’a reçu de réponse claire et sérieuse. Pire, toutes les justifications corroborent ces accusations et valent autant d’auto-accusations.

Le gouvernement soutient par ailleurs, que c’est l’ancien Premier Ministre qui a saboté le Dialogue intertogolais! Si tel est le cas, puisqu’il n’est plus là, que diantre, le dialogue ne reprend-il pas? Que diantre ne retournons-nous pas à l’ACL?

La commission anti-corruption venant au secours du régime quelques jours auparavant n’a fait qu’enfoncer celui-ci. Les cadeaux de fin d’années de l’OTP: le « buste », « la canne » et « les boissons » ont été reconnus. Les justifications données démontrent le niveau atteint dans la gabegie alors que les populations croupissent dans la misère.

La mauvaise foi, le mensonge, l’absence d’idéal et d’éthique etc. sont les expressions qui fusent de la bouche de la très grande majorité des togolais, s’agissant de cette mise au point du gouvernement RPT en particulier.

Ces mêmes expressions caractérisent ce régime qui inspire honte et dégoût.

Voilà pourquoi, le Peuple togolais doit se lever de nouveau, comme hier et avant-hier.

Pour le Bureau National,

Le Premier Vice-Président,

Emmanuel AKITANI BOB