26/11/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Consultations UE-Togo : Bruxelles remet les pendules à l’heure…électorale !!!

Longtemps silencieuse face à l’exhibitionnisme triomphaliste des dirigeants togolais, l’UE a, dernièrement, rappelé les fondamentaux de son approche de la question togolaise : la coopération européenne ne sera pas une prime au folklore institutionnalisé par le pouvoir togolais, mais reprendra en fonction des mesures sérieuses et effectives concernant l’organisation d’élections crédibles et la restauration de la démocratie au Togo.

Par Franck Ekon

Après l’embarras occasionné par le raffut des autorités togolaises, l’Union européenne renoue avec le discours de la méthode sans ambiguïtés qui a toujours été le sien : dans un communiqué publié fin août dernier, la Commission rétablit un certain nombre de paradigmes dans leur sens véritable. Un peu comme si, l’impératif d’une explication de texte et d’une clarification sémantique s’étaient imposées face à la trajectoire assez bizarre imprimée au dialogue intertogolais par le Général Eyadéma et son gouvernement…

DES ELECTIONS SERIEUSES……..

Le communiqué n’y va pas par quatre chemins pour asséner quelques vérités cardinales: l’organisation d’élections libres et transparentes, le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales ainsi que la pleine restauration de la démocratie y sont considérées comme des « préalables » pour la normalisation des relations entre l’institution européenne et ce pays de l’Afrique occidentale dont les dirigeants se sont volontairement mis au ban de la communauté internationale depuis 1993. Mais le texte du communiqué insiste essentiellement sur la question électorale au point d’en faire une des conditions incontournables de la reprise de la coopération: la perspective de nouvelles mesures d’assistance n’est envisageable qu’à partir du moment où « les mécanismes électoraux nécessaires, acceptés par toutes les parties seront mis en place et une date fixée pour des élections législatives démocratiques ».

Un discours sans commune mesure avec l’excitation des autorités togolaises promptes à annoncer la reprise de la coopération à chaque fin de semaine. Un empressement sous-tendu par une batterie de clins d’œil destinés à amadouer une opinion internationale devenue très circonspecte à leur égard. A ce titre, le décongestionnement des prisons togolaises ainsi que le vote par le parlement d’un nouveau code de la presse qui auraient dû être versés au crédit volontariste du gouvernement, font aujourd’hui figure d’épiphénomènes par rapport aux enjeux fondamentaux des engagements pris par le pouvoir le 14 avril dernier à Bruxelles.

« ON VOUS A A L’ŒIL… »

C’est que le lourd passif des autorités togolaises en matière de travestissement des accords continue de hanter tous les esprits et désarçonne même les motivations les plus tenaces. C’est certainement pourquoi, à part le tohu-bohu orchestré ces derniers jours par un François Soudan (Jeune Afrique) ou un Jean-paul Tedga (Afrique Education), l’armada habituelle des hagiographes du chef de l’Etat togolais sort très peu de son cantonnement. Bruxelles n’occulte d’ailleurs pas, dans son communiqué les récentes mesures prises par les autorités togolaises. Régulièrement accusée d’être peu au fait des réalités togolaises, l’Union européenne met un bémol au triomphalisme que pourraient générer lesdites mesures dans l’esprit de ceux qui les ont prises : «de SERIEUSES réserves demeurent néanmoins par rapport à la pleine restauration de la démocratie dans le pays», constate le communiqué de l’UE, non sans avoir relevé leur caractère significatif.

C’est de prévention et de vigilance qu’il s’agit, en définitive pour une Commission européenne qui se dit toujours disposée à encourager «un retour à un véritable processus démocratique au Togo» ; les termes du communiqué, qui rappellent les circonstances de la suspension de la coopération (déficit démocratique, présidentielles frauduleuses de 1998…) permettent de se faire une idée de la terminologie bruxelloise. Dans ces conditions le dialogue initié par le gouvernement depuis juin dernier et dénoncé ça et là comme une comédie ostentatoire est directement visé comme une manœuvre ubuesque de ralentissement du processus. Ecœurement des principaux partis politiques de l’opposition, improvisation totale des rencontres, absence d’un cahier de charge et d’un ordre du jour conséquent, constituent actuellement le descriptif de réunions ponctuelles souvent achevées aux frontières du pugilat. Atmosphère entretenue à visage découvert par l’aile intégriste du parti au pouvoir pendant que la prise en charge effective du chantier majeur de l’assainissement du cadre électoral est à peine envisagée. Or c’est justement de la désinfection de l’espace électoral et de la mise en route concrète d’un échéancier électoral que dépend essentiellement une évaluation favorable de l’évolution de la situation politique au Togo.

« Personne, à Bruxelles, ne se satisfera de quelques mesures superficielles », avertissait, il y a quelques jours, un député européen après audition d’un rapport sur le Togo. Une façon comme une autre de rappeler aux « amis » de Lomé 2 que le chemin sera ardu de la coupe aux lèvres…

La rédaction letogolais.com