09/12/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Déclaration CDPA: Non à la gabegie, au népotisme(…)la nation doit se réorganiser pour réagir !

Le Togo notre pays traverse les moments les plus difficiles de son histoire. Tous les clignotants sont au rouge !

La situation socio-économique connaît une dégradation importante. Elle est marquée par une crise économique et financière sans précédent, une paupérisation continue de la population, la précarisation de la vie des citoyens, le tout accentué par un manque de perspective politique viable à court, à moyen et long terme. Cette situation catastrophique que connaît notre pays nous impose de nous réorganiser pour agir avec efficacité en prenant en compte avant tout l’intérêt supérieur du Togo.

Le peuple togolais depuis le 5 octobre 1990, s’est résolument engagé sur la voie de la démocratie et de l’Etat de droit nonobstant les coups de force répétés dont il a été victime de la part du régime en place. De tout temps, il n’a pas manqué aux appels de l’opposition et a payé le prix cher. Il n’a pas manqué à chaque fois d’appeler l’opposition à l’union afin de mettre un terme au système mis en place depuis plus de trois décennies au Togo.
Mais, il faut le souligner fortement : la première responsabilité de la situation chaotique de notre pays incombe au régime en place.

Du gouvernement
Face à la situation préoccupante que vit notre pays, le pouvoir préfère opter pour une fuite en avant et une répression sans mesure de toute velléité de contestation. Mieux, il reste sourd aux appels du peuple togolais et de la communauté internationale qui ne cessent de lui demander instamment de créer les conditions d’une alternance au pouvoir par l’organisation des élections libres, démocratiques et transparentes. L’échec de la mise en œuvre de l’ACL prouve à suffisance l’obstination du régime à s’accrocher indéfiniment au pouvoir.

Aujourd’hui force est de constater des hauts responsables du parti au pouvoir confirment l’état de dégradation dans lequel se trouve notre pays. Ainsi depuis quelques jours, certaines voix, et pas des moindres, s’élèvent au sein de la mouvance présidentielle pour dénoncer la descente aux enfers des Togolais, les dérives totalitaires du régime et les pratiques mafieuses. C’est dans ce sens que Monsieur Dahuku PERE, Ancien ministre, ancien Président de l’Assemblée Nationale, actuellement député à l’Assemblée Nationale a dénoncé dans une lettre adressée au Chef de l’Etat et aux membres du Comité Centrale de son parti, le RPT ;
– Le monopole du débat et des activités politiques et civiques par le RPT
– le refus de la de la libre compétition des partis dans la conquête démocratique des suffrages populaires
– le déni et la violation systématiques des droits humains par le pouvoir en place.

Faisant écho aux critiques formulées par Monsieur PERE, le Premier Ministre togolais limogé, AGBEYOME Kodjo, dans un document intitulé « Il est temps d’espérer » a dénoncé les dérives monarcho-despotiques du régime, mis en exergue les pratiques criminelles dont il a été témoin en tant que Chef de gouvernement et haut responsable du RPT. L’ancien Premier ministre AGBEYOME Kodjo, ancien Président de l’Assemblée Nationale, membre du Bureau Politique du RPT, a dénoncé tour à tour les dysfonctionnements de l’Etat volontairement entretenus par le Chef de l’Etat et son entourage, l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques, la violation systématique des droits humains, la gestion patrimoniale des ressources publiques, la corruption et la gabegie.
Il est clair que nous ne pouvons pas continuer de laisser notre destin entre les mains de ce régime.
La gravité de la situation nous interpelle tous, aussi bien la société civile que les partis politiques de l’opposition démocratique.

De la société civile
C’est le lieu de rendre un hommage à la société civile qui en dépit de la situation ne manque pas d’apporter sa contribution au changement dans notre pays. Nous voulons ici remercier la Conférence épiscopale du Togo qui, dans sa dernière lettre pastorale a rappelé aux togolais leurs devoirs de citoyen en appelant à la reprise du dialogue inter togolais et à l’organisation des élections législatives sur une base consensuelle tel que prévu par l’AC L. En rappelant aussi qu’ »aucune nation, aucun groupe humain dans l’histoire ne reçoit sa liberté sur un plateau d’argent », la Conférence exhortait les différentes composantes de la société civile à prendre leurs responsabilités pour conjurer le chaos qui menace notre pays.

De l’opposition

En son temps et compte tenu des énormes défis que nous avions à relever, nous avons estimé pour notre part que nous ne pourrions venir à bout de la dictature sans créer les conditions nécessaires à une véritable démocratie, sans avoir instauré un véritable Etat de droit, condition sine qua none à une alternance politique viable. Malheureusement force est de constater que l’opposition dans son ensemble n’a suivi cette sagesse populaire qui veut que l’union fasse la force. Nous nous sommes acharnés à agir isolément en préférant nos intérêts partisans à l’intérêt supérieur de la nation.

Il est temps de reconnaître notre part de responsabilité dans la prolongation de la crise actuelle. Il est aussi temps pour l’ensemble des partis de l’opposition de faire leur mea culpa et de prendre la mesure de la crise profonde que traverse actuellement notre pays pour comprendre que seule l’union fait la force et s’engager dans cette voie pour venir à bout de la dictature qui est en place au Togo.

De l’échec des dernières tentatives d’une union forte de l’opposition

Face à la situation douloureuse que vit notre peuple, celui-ci est en droit d’attendre des partis de l’opposition une attitude conséquente et une réaction ferme. Certains partis politiques notamment la Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), l’Union des Forces du Changement (UFC) et la Convention démocratique des Peuples Africains (CDPA) ont entrepris depuis le 4 juin 2002 de s’entendre sur une base minimale afin de faire face à la situation.

Ainsi plusieurs rencontres ont été organisées pour élaborer une stratégie d’action qui prenne en compte le désir ardent des Togolais de voir l’opposition unie. Les principes à la base de cette union seraient :
1° la mise en place d’une structure commune de gestion de la lutte ;
2° l’alliance électorale basée sur le choix de candidatures uniques lors des prochaines élections législatives au cas où celles – ci adviendraient
3° la gestion commune de l’Etat après la victoire des forces démocratiques.
Les discussions ont achoppé sur le deuxième point, c’est-à-dire le principe des candidatures uniques par circonscription. Nous le regrettons sincèrement.
En effet, par le passé, il y a eu trois tentatives de regroupement des forces démocratiques :
Le FAR en mars 1991 ? Il a éclaté au moment décisif à cause des suspicions et rivalités.
Le COD1 en mai 1991 ? Il a éclaté à la veille de l’ouverture de la Conférence Nationale Souveraine car chaque parti voulait y démontrer ce qu’il valait !
Le COD2 en juin 1992 ? Il a connu le même sort dès que les élections présidentielles de 1993 étaient annoncées !
La CDPA et le CAR, tirant leçon de toutes ces expériences ont réitéré leur volonté de faire leurs ces trois principes tant réclamés par le bon sens populaire. D’autres partis, l’ADDI et l’UDS-Togo entre autres, ont d’ores et déjà aussi marqué leur intérêt.

De l’appel de la CDPA

La CDPA estime qu’il ne saurait y avoir de salut pour le peuple togolais dans des actions isolées sous la conduite d’agrégat épars de partis qui se comportent plus en concurrents qu’en alliés.

La CDPA lance un appel solennel à toutes les composantes de la société togolaise (associations, syndicats, partis politiques…) pour qu’elles s’associent à toutes les actions visant à mettre un terme aux souffrances du peuple togolais à condition que ces actions ne soient pas sans lendemain comme un feu de paille.

Pour notre part, nous souhaitons vivement que d’autres bonnes volontés partagent ces trois principes d’union forte ci-dessus énoncés afin de constituer avec elles la nouvelle Coalition des Forces démocratiques pour l’Alternance au Togo. Il est urgent de nous réorganiser pour la lutte finale.
Non à la gabegie, au népotisme, à l’incompétence et aux violations des droits de l’homme ; la nation doit se réorganiser pour réagir !

Ensemble, nous vaincrons !

Fait à Lomé, le 19 juillet 2002
Pour la CDPA

Le Secrétaire Général
Léopold M. GNININVI