26/06/2022

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Démonstration de force du clan Eyadéma

Le lundi 13 janvier 2003, le général Eyadéma, en guise de vœux de nouvel an aux Togolais, interdit une manifestation de l’opposition (CFD) et se permet une démonstration martiale de son armée. Tous les corps armés étaient réquisitionnés pour ce défilé militaire avec, à la tête des bataillons, les fils du dictateur.

Cela fait plusieurs semaines que les Togolais en désarroi attendent une explication du Général sur ses turpitudes et ses objectifs réels. Il organise des élections sans ses adversaires, change la constitution togolaise sans l’avis du peuple, ne se préoccupe guère de la misère galopante et manque singulièrement à ses devoirs en feignant une médiation illusoire dans la crise ivoirienne. Pour se voiler la face, il envoie au front soit ses ministres soit ses thuriféraires déguisés en journalistes impartiaux qui essayent de justifier les manquements d’Eyadéma et son parjure après la désapprobation unanime de la communauté internationale.

Les Togolais, nullement impressionnés et convaincus par les supputations et les silences complices, accentuent leur pression sur Eyadéma en exigeant de lui qu’il respecte les institutions votées par référendum en 1992 et tienne sa parole donnée de quitter le pouvoir au terme de son mandat en 2003. « Parole de militaire ». La colère gronde dans la population et les faucons appellent à la mobilisation ou à la révolte. Le dimanche 12 janvier 2002 à Agoué, lors de la commémoration des 40 ans de l’assassinat de Sylvanus Olympio par l’ex-sergent Eyadéma, l’UFC donne le ton et son leader Gilchrist Olympio dans ses vœux est sans équivoque : « chaque célébration du 13 janvier par le pouvoir constitue un crime contre le peuple togolais…» et « l’année 2003 sera celle de notre combat définitif pour éliminer la dictature d’Eyadèma qui n’a jamais tenu compte des idées, des sentiments et des désirs du peuple togolais. ».

Les Togolais n’ont pas été surpris par la réponse du dictateur Eyadéma en réplique à cette détermination du peuple togolais de ne plus se laisser faire. Il interdit la manifestation de recueillement initialement prévue par la coalition des forces démocratiques ( CFD) au stade de Béniglato pour célébrer la mémoire du premier président élu au Togo, Sylvanus Olympio. Pour le 13 janvier qu’il considère comme un anniversaire de son investiture, Eyadéma a voulu mettre à nouveau en scène sa stratégie de la terreur. Il organise un défilé monstre de tous les corps armés et les fonctionnaires des administrations d’Etat comme supplétifs. Pour faire l’appoint, des centaines d’hommes ont été ramenés de la ville natale du président par cars entiers affrétés pour le transport des troupes. Le paquet a été mis pour cette démonstration de force. Le bataillon des paras commandos est mené par son fils Ernest qui avait la tête des mauvais jours. Son frère Rock était, lui, à la tête des bataillons motorisés. L’autre frère Faure, l’argentier de la famille, qui devrait assurer la succession, plastronnait aux cotés du père, le général Eyadéma.

Le public était absent dans ce bras de fer. Nous ne saurons dire si l’armée est à contre emploi dans le rôle que veut lui faire jouer Eyadéma et ses fils ou si elle est de tout cœur avec la population, car elle vit la même misère.

La rédaction Letogolais.com