29/06/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Droits de l’homme au Togo : guéguerre entre Agbéyomé Kodjo et Eyadéma

La Commission du développement et de la coopération du Parlement européen dirigée par Joaquim Miranda a prévu d’organiser le Mercredi 19 février à 11 heures à Bruxelles une réunion en forme d’échanges de vue sur la situation des droits de l’homme au Togo, les élections législatives d’octobre 2002.

Ainsi, des invitations furent lancées à des organisations non-gouvernementales (l’ACAT –Association des chrétiens pour l’abolition de la torture), aux autorités togolaises, à l’universitaire française –Claude-Hélène Perrot, ainsi qu’à l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo. Cependant, l’annonce de la participation de M. KODJO a provoqué une extrême fébrilité de la dictature qui a d’abord menacé et intimidé le représentant de l’ACAT à Lomé, et ensuite exercé un chantage et de fortes pressions sur les organisateurs de cette rencontre à Bruxelles en vue d’empêcher l’audition de l’ancien Premier ministre. Alors qu’il avait reçu une invitation en bonne et due forme, le secrétariat de M. Joaquim Miranda, président de la Commission développement a écrit M. Kodjo pour annuler son invitation, sans aucune justification….Nous avons donc sollicité les organisateurs de cette rencontre, le président de la Commission, Joaquim Miranda et Mme Sanders-Ten Holte, ce jour pour en savoir un peu plus. M. P. Friedel secrétaire de la Commission nous a confirmé : les menaces et les intimidations du régime Eyadéma sur le représentant de l’ACAT-TOGO. Le Président de l’ACAT-Togo fut harcelé par les ministres togolais de la défense et de la communication pour ne pas nuire aux efforts du régime qui « s’efforce de reprendre sa coopération avec l’Union européenne » Du reste, a ajouté M. Friedel, M. Bigah Koffigan (Président de l’ACAT-Togo) a du fuir le Togo et se mettre à l’abri…M. Kodjo Agbéyomé avait été sollicité pour exposer son point de vue sur les droits de l’homme au Togo, mais suite à des pressions politiques d’un très haut niveau et à des marchandages, la participation de M. Kodjo fut annulée.

En dépit de notre insistance pour savoir le degré d’influence de la dictature togolaise sur l’institution parlementaire européenne, M. Friedel s’est contenté d’évoquer une possible rencontre entre M. Kodjo et la vice-présidente de la Commission, Mme Sanders-Ten Holte, en marge de la réunion de mercredi 19 février 2003. A la lumière de ces faits, il apparaît clairement que le refus d’entendre M. Kodjo alors qu’il avait été sollicité, ressemble à une capitulation des organisateurs. L’indignation est au comble quand on sait que le Parlement européen est une institution souveraine, respectable et garante des traditions de liberté et des droits de l’homme. Nous constatons qu’il n’est point question d’auditionner les représentants de la CFD, de la diaspora togolaise, ni les acteurs majeurs de l’opposition togolaise lors de cette commission. Le cri des victimes du régime Eyadéma sera-t-il entendu dans les meilleurs conditions. Surtout celui de Marc Palanga, président fédéral de l’UFC Kozah et ses amis détenus arbitrairement à Kara depuis 9 février 2003 dans les geôles d’Ernest Eyadéma, le fils Eyadéma.

Les parlementaires européens doivent nécessairement entendre, les réels témoins et les victimes de la dictature. Les Togolais qui luttent contre ce régime totalitaire qui les opprime, veulent avoir la preuve que les diktats de Gnassingbé Eyadéma ne s’exercent pas dans des terres de vieilles traditions de liberté et de droit de l’homme.

La rédaction