26/06/2022

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Du rififi à la CFD : l’UFC court-circuitée suspend sa participation

Il aura fallu moins de quinze jours à la CFD pour porter à sa tête Gilchrist Olympio et, dans un vote de défiance, le contester sur la stratégie de la coalition des forces démocratiques. En opposition à la volonté de l’UFC, la CFD a décidé d’envoyer des représentants dans la CENI entièrement acquise aux desiderata d’Eyadéma.

Pour mettre le feu au sein de la CFD, Eyadéma a utilisé la roublardise de ses hommes liges. Dans son empressement à organiser des élections avant la mi-avril 2003, il a fait parvenir à la CFD, par l’entremise de Koffi Sama, son Premier ministre, une injonction l’invitant à nommer ses deux représentants à la CENI, Commission électorale nationale indépendante. M. Agboyibor, l’un des vice-présidents de la CFD qui en assurait l’intérim, a transmis la demande à Gilchrist Olympio, président permanent de la coalition, fraîchement désigné par ses pairs. Contre toute attente, lors d’une séance de la CFD présidée par Agboyibor, ce dernier aurait aux dires de l’UFC contrecarré, lors d’un vote à la majorité, la volonté d’une partie des membres de la coalition qui ne souhaitait pas servir de faire-valoir dans des élections gagnées d’avance par Eyadéma. Le 19 février 2003, [une lettre, signée par Yawovi Agboyibor->http://www.letogolais.com/article.html?nid=741], a été envoyée aux autorités togolaises indiquant les noms des quatre représentants de l’opposition à la CENI. Il s’agit de messieurs Ata Messan Ajavon, James Amaglo, Euloge Kodjo Houngbo, Kinam Lardja Henri Kolani. M. Gilchrist Olympio, aurait été mis devant le fait accompli.

Le « comité politique de l’UFC a décidé la suspension de la participation du parti aux travaux de la CFD, en attendant la décision du bureau national ». « L’UFC n’est pas d’accord au sujet de l’acte posé par la CFD en envoyant des noms à la CENI », a déclaré le secrétaire général du parti, Jean Pierre Fabre. La mise en place de la CFD avait aplani les ambitions divergentes et le seul objectif était de mettre en commun les énergies de chaque parti membre pour lutter efficacement contre le dictateur Eyadéma. Cette initiative était bien perçue et répondait au vœu des Togolais qui recherchaient un cadre consensuel pour mener à bien leur combat. C’est la stupéfaction pour les observateurs de la vie politique togolaise au regard des batailles de chiffonniers que se livrent les politiciens togolais à la veille d’un tournant historique pour le pays. Les institutions tripatouillées par Eyadéma et son code électoral excluent Gilchrist Olympio de la course aux présidentielles. Cette décision de la CFD qui a pour conséquence la mise à l’écart de l’UFC, est-elle une stratégie favorable pour permettre une alternance réelle au Togo? La question est de savoir si oui ou non l’opposition doit participer aux élections présidentielles de 2003? Et à quelles conditions?

L’émotion est grande dans la communauté togolaise sur les tergiversations, la guerre des chefs et le flou de la stratégie de la CFD pour mettre en échec tous les mécanismes de fraude massive mis en place par le général Eyadéma pour se garantir une victoire certaine et une présidence à vie à la tête du Togo. Yawovi Agboyibor, Edem KODJO, Dahuku PERE, Bob AKITANI et consorts seront-ils aptes à relever le défi et pourront-ils venir à bout d’un hold-up électoral que même Gilchrist Olympio avec une victoire écrasante, n’a pas su empêcher aux élections présidentielles de juin 1998.

La rédaction letogolais.com