25/06/2022

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Exécutions extra-judiciaires: un comité de l’ONU demande des explications

GENEVE, 21 oct (AFP) – 19h23 – Plusieurs membres du Comité des droits de l’Homme de l’ONU se sont déclarés insatisfaits, lundi à Genève, de la réponse des autorités togolaises sur les allégations concernant des exécutions extrajudiciaires perpétrées au Togo en 1998 et ont demandé que la lumière soit faite.
Le Comité, composé de 18 experts indépendants, entendait deux représentants officiels togolais sur la façon dont le Togo applique le Pacte international sur les droits civils et politiques de 1976.

Les experts les ont interrogés sur les suites que Lomé entendait donner aux recommandations d’une commission internationale d’enquête conjointe de l’ONU et de l’OUA.

En février 2001, celle-ci avait préconisé une enquête judiciaire afin d’élucider les différentes allégations d’exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, tortures et mauvais traitements à l’encontre d’opposants, après la réélection du chef de l’Etat Gnassingbé Eyadéma en juin

Amnesty International (AI) avait enquêté sur ces allégations et recueilli des témoignages de pêcheurs ayant vu des cadavres en mer.

Abdou Assuma, membre de la Cour constitutionnelle togolaise, a répondu que la commission de l’ONU et de l’OUA n’avaient pu ni confirmer ni infirmer ces informations. « Une commission nationale d’enquête a conclu que les allégations d’Amnesty International étaient infondées et fausses », a-t-il ajouté.

Plusieurs membres du Comité ont contesté ces affirmations. « Le doute va demeurer et on continuera à se demander ce qu’il est advenu de ces citoyens assassinés et même parfois décapités dont les corps ont été retrouvés sur les plages du Togo et du Bénin », a déclaré Hipolito Solari Yrigoyen (Argentine).

« La commission d’enquête OUA-ONU a estimé que ces accusations devaient être prises en compte. Lorsque l’ONU a pu parler aux pêcheurs, ces allégations ont été confirmées. Les pêcheurs avaient peur des représailles et ont enterré les corps eux-mêmes », a-t-il ajouté.

S’associant à la demande de son collègue pour que la lumière soit faite sur ces évènements, Eckart Klein (Allemagne) s’est également alarmé de la « foule d’allégations de tortures » qui seraient « monnaie courante » au Togo.

Alors que les représentants du gouvernement ont reconnu « quelques rares cas de tortures commis par des agents indélicats qui ont fait l’objet de sanctions exemplaires », M. Eckart a relevé « une contradiction flagrante entre ce que dit le gouvernement et ce qu’entend le comité » dans les plaintes individuelles ou d’ONG qui lui sont adressées.

Il a notamment évoqué des témoignages concernant un camp de prisonniers dirigé par le fils du chef de l’Etat, Ernest Gnassingbé Eyadéma, le camp Landia, baptisé « camp de torture ». « Il semble qu’il y ait d’autres camp de ce type dans le pays », a dit l’expert.