28/06/2022

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Eyadéma au Togo comme Duvalier en Haïti

Le 5 février 2005, le dictateur Eyadema rendait l’âme après 37 ans de dictature sanglante. Immédiatement après l’annonce de la mort, la garde prétorienne du dictateur faisant office d’armée nationale, décide, au mépris de la Constitution autocratique que l’autocrate s’était taillé sur mesure de confier le pouvoir à son fils Faure. Cet acte crapuleux est une grosse injure au peuple martyr du Togo, une souillure de la mémoire de nombreux togolaises et togolais victimes de la dictature d’Eyadema. Tout ceci ressemble à ce qui s’était passé en Haïti quand après la mort de François Duvalier en 1971, les tontons Macoutes ont confié le pouvoir à son fils Jean-Claude Duvalier qui sera chassé quelques années plus tard comme un malpropre par le peuple haïtien.

Une fois encore on constate le jeu trouble de la France et de ses sbires de la Françafrique dans les événements au Togo. Pendant que Chirac pleurait son ami personnel, les réseaux étaient à la manœuvre pour la préservation des intérêts français. Ainsi, selon le « Canard Enchaîné» du 9 Février 2005, Charles Debbasch « Conseiller Spécial » d’Eyadéma et l’un des auteurs de la Constitution togolaise se vante « d’avoir inspiré le tour de passe-passe juridique qui a permis à Faure Gnassingbé de succéder à son père ».

Cette atteinte à la dignité et à la souveraineté du peuple togolais soulève l’indignation partout dans le monde. Au niveau de la sous-région, c’est la consternation pour les autocrates qui se retrouvent orphelins de leur grand parrain.

N’oublions pas que l’autocrate Kérékou qui a été ramené au pouvoir en 1996 par les autocrates Eyadema, Abatcha et consorts, au travers d’élections soit-disant démocratiques et qui s’est fait réélire frauduleusement en 2001 dans un match amical contre Amoussou Bruno ne se prononce pas sur les événements au Togo. En Février 2004, dans une réunion secrète avec ses partisans, Kérékou leur avait conseillé de choisir son fils comme successeur s’ils ne voulaient pas modifier la Constitution pour lui permettre de rester au pouvoir en 2006. Les Bongo, Deby etc.… ne sont-ils pas en train de préparer leurs fils à leur propre succession ?

Le CCDB dénonce le coup de force qui vient d’avoir lieu au Togo. Il dénonce le silence criminel de l’autocrate Kérékou face aux événements au Togo et le met en garde contre les menaces que son pouvoir ferait planer sur les opposants togolais présents au Bénin. Il soutient le peuple togolais dans sa lutte contre la dictature et pour l’avènement d’un pouvoir démocratique, et est convaincu que comme en Haïti, le peuple togolais se donnera les moyens de chasser la junte togolaise et son pantin Eyadéma Faure du pouvoir.

Paris le 8 Février 2005
LA DIRECTION DU CCDB

COMITE CULTUREL POUR LA DEMOCRATIE AU BENIN
(C.C.D.B.) Section française de l’ODHP-Bénin
Phone: 01 46 71 21 05