30/06/2022

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Eyadéma dans l’impasse…

Le dictateur Eyadéma est certes le maître du calendrier électoral, mais il est pris en étau par la désapprobation grandissante de la communauté internationale et les irréductibles de l’opposition qui n’entendent pas le laisser faire.

La France, par la voix de Dominique de Villepin, avait suspendu sa prise de position au sujet des échéances cruciales du Togo à la décision que prendrait Eyadéma, eu égard à sa promesse à Chirac et au peuple togolais de ne plus briguer de mandat et de respecter la constitution de 1992. Le dictateur Eyadéma n’a toujours pas ouvertement annoncé sa candidature. Nous constatons que les dates des élections à quelques jours du terme de son mandat en juin 2003 ne sont toujours pas fixées. Le dictateur Eyadéma est pris en étau entre la désapprobation d’une partie de la cellule Afrique de l’Elysée, plus principalement de Dominique de Villepin et la stratégie de l’affrontement ouvert que lui oppose Gilchrist Olympio, seul candidat déclaré à ce jour. Actuellement sous la houlette de l’homme fort de la diplomatie française, les vieilles recettes des dictateurs africains ne font plus le poids. Le nouveau maître du Quai d’Orsay serait le chantre de la bonne gouvernance et de la promotion des élites compétentes en Afrique. Il n’est pas sensible à la vassalité des Eyadéma et consorts avec leurs cortèges de médiocrité et de cupidité. Pourtant il aura fort à faire avec la vieille garde repue par les prébendes de ses serviteurs argentés et indispensables quand vient l’heure des élections en France. Mais les élections sont loin et la France veut redorer son blason terni dans toute l’Afrique francophone. De plus Gilchrist Olympio, leader de l’UFC, principal parti de l’opposition togolaise a eu beau jeu de déclarer prématurément et ostentatoirement sa candidature à Paris, alors que la constitution modifiée par Eyadéma et son parlement illégitime lui interdisent d’être candidat à la magistrature suprême. Le pari est osé et très judicieux. Monsieur Olympio met la France devant ses responsabilités et l’invite à assumer la promesse et les engagements faits au peuple togolais. Le président de l’UFC implique également à la communauté internationale en la prenant à témoin et en la tenant pour complice des conséquences de la parodie d’élection présidentielle qu’organise le dictateur Eyadéma au vu et au su de tout le monde. Comment Eyadéma va t-il contourner ces deux obstacles aux conséquences imprévisibles ? L’une des stratégies d’Eyadéma serait éventuellement de promouvoir l’élection de son fils Faure ou l’un de ses fidèles lieutenant, en l’occurrence Natchaba, président de l’Assemblée Nationale. L’autre serait de renvoyer les élections aux calendes grecques et de s’appuyer sur sa garde prétorienne dirigée par son fils Ernest, maintenant ainsi les options habituelles qui lui garantissent la continuité du pouvoir. C’est toujours la stratégie de la terreur.

La rédaction letogolais.com