03/12/2022

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Eyadéma sous la pression de la diaspora à Paris

L’Ambassade du Togo : cible des manifestants

A l’appel de l’Union des forces de changement (UFC) et du Comité Togolais de résistance(CTR), de nombreux togolais de la diaspora de France et d’ailleurs ont crié vendredi à Paris leur révolte face à l’autisme de la dictature du régime du général Eyadéma et à la complicité affichée de la France…

Par Franck EKON

Si les apparatchiks aux rondeurs suspectes de l’Ambassade togolaise de Paris avaient, ces derniers temps quelque raison de douter de la détermination des opposants, la manifestation de ce 5 mars leur aura surtout permis de se remettre les idées en place. Banderoles et Pancartes affichaient sans aucune ambiguïté le message du jour : « Eyadéma, le Togo n’est pas ta propriété ! », « 40 ans de dictature, ça suffit » « Eyadéma et sa clique, dehors ! ». Mais pour les Togolais venus manifester devant les locaux de l’Ambassade, il était également essentiel d’insister sur un des paramètres les plus cruciaux de la crise que traverse actuellement le pays : le soutien des actuels dirigeants français à la plus vieille dictature africaine.

« Le fait pour le Président Jacques Chirac de rester encore le seul Chef d’Etat d’un pays civilisé à soutenir le Tyran de Lomé 2 est réellement quelque chose d’hallucinant ! », s’est exclamé Christian Ayi DABLAKA, le Président de la Section-France de l’UFC devant les manifestants. Le spectacle du général Eyadéma, reçu en grande pompe à l’Elysée par le Président français en dépit de l’infréquentabilité de son régime, de sa constante violation des droits de l’homme et surtout de ses nombreux crimes économiques a visiblement choqué beaucoup d’esprits et les organisateurs de la démonstration de force de vendredi n’ont pas manqué de le faire savoir : « nous tenons à dire au Président Jacques Chirac que son soutien au régime despotique de Monsieur Gnassingbé Eyadéma est constitutif d’une complicité suicidaire contre le Togo », a poursuivi le responsable de l’UFC en dénonçant l’impunité totale qui permet à la dictature de continuer à perpétrer ses crimes.

Isidore Latzoo, le Président du CTR, ne s’est pas privé, de son côté de préciser que « le moment est venu d’en finir avec ce régime éhonté qui n’en finit pas de martyriser tout un peuple ». Le président du Comité togolais de résistance a également mis l’accent sur l’urgence de se défaire de toutes les lubies actuelles sur d’hypothétiques « négociations » avec un pouvoir dont les Togolais ne veulent plus de toutes les façons. « Il faut se mobiliser pour en finir ! », a-t-il martelé en annonçant un planning d’actions dans cette perspective.
« Alors que l’Union européenne exige des signes visibles d’ouverture démocratiques de ce régime, quel signe la France envoie-elle en recevant avec faste le principal responsable des maux dont souffre notre pays ? », s’est interrogé Eloi Koussawo, le coordinateur général du Mouvement patriotique du 5 octobre. Revenant sur les grandes phases de la lutte que mènent les Togolais pour se débarrasser des imposteurs qui les dirigent actuellement, le responsable du MO5 a exhorté ses compatriotes à la « persévérance » en ces moments de perplexité et de confusion.

Sur une affiche géante bien visible des passants de la rue Alfred Roll( 17è), le copinage entre Eyadéma et Jacques Chirac est sans équivoque : entourant le dictateur de ses deux bras, le chef de l’Etat français se fend d’un large sourire qui en dit long sur ses relations avec le tyran togolais. « Non à la guerre en Irak, mais oui à la dictature au Togo ! », pouvait-on lire en légende de cette affiche. Ni la présence disproportionnée de la police française, ni les provocations habituelles des zélés de l’Ambassade n’ont pu avoir raison de l’entrain des manifestants décidés à clamer leur colère. Au plus fort des imprécations anti-Eyadéma, un des sbires de l’Ambassade certainement en service commandé, est bizarrement venu narguer les manifestants. Il n’a finalement dû son salut qu’à la prompte intervention des organisateurs qui ont dissuadé les esprits échauffés de lui « faire son affaire », comme le précisera plus tard un des manifestants venus de Belgique. « Il ne sert à rien de se laisser emporter par le comportement des inconscients et des irresponsables qui continuent de servir ce régime démoniaque », assure Eloi Koussawo à l’issue de l’altercation en appelant ses amis au calme.

D’autres rencontres sont prévues par les différents Etats-majors dans les prochains jours, dans la perspective des discussions prévues entre l’Union européenne et le Togo au sujet. Et de l’avis des organisateurs de la manifestation de vendredi dernier, « la reprise de l’aide de la communauté internationale dans les conditions actuelles ne servira pas au peuple togolais, car cet argent ira directement dans les poches de M. Eyadéma et de ses affidés ».

C’est en cela que réside aussi l’importance de la manifestation devant les locaux de l’Ambassade : dire à la France que son lobbying actuel en faveur de la reprise de la coopération de l’UE avec le Togo ne servira, en définitive que les seuls intérêts d’Eyadéma au détriment de ceux des millions de togolais dont les aspirations seront, une fois de plus, renvoyées aux calendes grecques….

La rédaction letogolais.com