26/06/2022

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Eyadéma sur RFI : silence radio sur le Togo

Les médias et agences de presse français ont passé sous silence toutes les manifestations de la diaspora togolaise lors de la visite du dictateur Eyadéma en France. Le samedi 22 février2003, pendant vingt minutes d’entretien avec Eyadéma, RFI a réussi le tour de force en ne le questionnant pas sur le Togo en crise politique grave.

Aucun journaliste, aucun média n’a couvert la réalité du Togo pendant la visite officielle du dictateur Eyadéma dans la capitale française pour le sommet France-Afrique. Les Togolais ont été sacrifiés à l’autel du nouveau partenariat entre les amis de toujours. Pour masquer les manquements et les promesses non tenus par Eyadéma de ne plus briguer un nouveau mandant au Togo après 40 ans de règne, un tapis rouge lui a été déroulé par les autorités françaises et les média qui ont concentré leur tir de barrage sur Robert Mugagbé. Le président du Zimbabwe, Mugagbé a servi de paravent pour protéger le dictateur Eyadéma; cela a permis d’étouffer toutes les actions de protestation de la diaspora togolaise contre la visite du dictateur Eyadéma dans le pays des droits de l’homme. Nous nous permettons de vous lister toutes les actions de la diaspora togolaise pendant ces derniers jours :
– 26 janvier 2003 Place du Trocadéro, manifestation d’environ 600 personnes suivie d’une échauffourée à la hauteur de la place Victor Hugo avec les CRS français lors d’un défilé de défiance non autorisé.
– 19 février 2003, plus de 1600 Togolais ont protesté contre la dictature au Togo et formaient le gros du bataillon de la manifestation contre La Francafrique qui défila de la place de la République jusqu’à l’église Saint-Bernard,
– 19 février 2003 à 15H30, sit-in de 50 togolais venus d’Allemagne devant l’ambassade du Togo rue Alfred Roll. Protestation au cours de laquelle le responsable du comité togolais de la résistance (CTR), Isidore Latzoo fut passé à tabac par les hommes mains du général Eyadéma présents sur les lieux. Plusieurs opposants togolais furent appréhendés et conduits au commissariat du 17° arrondissement.
– 22 février 2003 place de Colombie à côté d’un des domicile du dictateur, protestation de plusieurs Togolais alors que sous la protection de la police française Eyadéma distribuait 100 dollars à 1500 crève-la-faim recrutés dans les foyers africains de Paris et ramenés après un filtrage à l’ambassade du Togo par cars entiers au Pavillon Dauphine où trônait le dictateur sous bonne protection.

De cela aucune information dans les médias français; bien sûr, on peut se demander qui se soucie de ce petit pays qu’est le Togo et de son peuple en agonie. Dans cette semaine de propagande du pouvoir togolais en France, le plus révoltant est l’interview qu’offre RFI, Radio France International, le 22 février 2003 à 12H10 à Eyadéma, le dictateur togolais. En effet, durant vingt minutes, Pierre Ganz (RFI)et Alain Louyot (L’Express) ont réussi le tour de force de n’évoquer aucunes des questions cruciales qui concernent un pays en crise politique grave, exsangue financièrement, car privé d’aide économique ( Union européenne, Banque mondiale FMI ). Quel tour de force : pendant 20 minutes d’émission, pas un mot, pas une question concernant le Togo, les Togolais, les échéances présidentielles qui les attendent. Les journalistes de RFI, ont devisé, tout sourire, avec Eyadéma sur des superficialités et des lieux communs les difficultés de l’Afrique, se complaisant avec cet ancien soldat de l’armée coloniale française incapable d’avoir de la compassion pour les siens qu’il spolie et torture allégrement depuis prés de 36 ans. Le mépris avec lequel le peuple, l’opposition, la diaspora togolaise ont été traités nous laisse sans voix.

Après ce soufflet administré par l’entremise de la rédaction de RFI au peuple togolais tout entier, les Togolais veulent savoir pourquoi et comment Eyadéma, attendu par tous les journalistes français et africains après les tripatouillages de la constitution togolaise et son projet de présidence à vie, a pu passer entre les mailles du supposé quatrième pouvoir.

La rédaction letogolais.com