29/06/2022

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Faure Gnassingbé démissionne de la présidence du Togo

par John Zodzi

LOME (Reuters-26/02/05 – Le dirigeant togolais Faure Gnassingbé a annoncé qu’il renonçait aux fonctions de président et qu’il se présenterait aux élections qui doivent avoir lieu dans le pays, cédant ainsi à d’intenses pressions internationales.

Un peu plus tôt, l’Union africaine (UA) avait annoncé qu’elle suspendait le Togo de toutes les activités de l’organisation panafricaine.

Les dirigeants africains, européens et les Etats-Unis avaient exhorté Gnassingbé à quitter ses fonctions après que l’armée l’eut installé dans le fauteuil présidentiel à la suite du décès de son père, le 5 février, après 38 années passées à la tête du Togo.

Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a salué vendredi soir la décision de Gnassingbé et annoncé que la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) lèverait les sanctions qu’elle a imposée au Togo.

« Afin de garantir la transparence de cette élection, son équité, et de donner les mêmes chances à tous les candidats, j’ai décidé de renoncer au poste de président de l’Assemblée nationale assurant provisoiremment les fonctions de président de la République », a dit Gnassingbé dans un discours retransmis par les médias d’Etat.

« Il appartiendra à la représentation nationale d’élire son nouveau président pour exercer provisoirement les fonctions du président de la République », a-t-il poursuivi.

Vendredi soir, Abass Bonfoh, membre du parti au pouvoir, a finalement été élu président de l’Assemblée par 57 des 62 députés présents.

« APPEL AU DIALOGUE »

Pour atténuer les pressions internationales, Gnassingbé s’était engagé à organiser dans les soixante jours une élection présidentielle mais il entendait assurer l’intérim jusqu’au scrutin.

« Je souhaite vivement que la communauté ouest-africaine et la communauté internationale soient à nos côtés pour garantir l’organisation d’élections libres, transparentes et honnêtes. »

« Aux acteurs politiques, je lance un appel pressant au dialogue, à l’ouverture et au respect mutuel », a ajouté Gnassingbé.

La constitution togolaise prévoyait en théorie que le président de l’Assemblée nationale, Fambaré Ouattara Natchaba, assure l’intérim après la mort d’Eyadéma.

Mais Natchaba était à l’étranger quand Eyadéma est décédé et l’armée togolaise a alors poussé Faure Gnassingbé à la présidence. Le code électoral et la Constitution ont ensuite été modifiés à la hâte pour permettre au nouveau dirigeant de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2008, terme du mandat présidentiel qu’accomplissait son père.

De plus en plus isolé sur la scène africaine et internationale, Gnassingbé s’est engagé la semaine dernière à organiser de nouvelles élections présidentielles dans les 60 jours puis le parlement a annulé lundi les modifications constitutionnelles qui lui avaient permis d’arriver au pouvoir.

Avant qu’il n’annonce sa démission, Gnassingbé avait été désigné vendredi candidat du Rassemblement du peuple togolais (RPT) au scrutin présidentiel anticipé.

« RETABLIR L’ORDRE CONSTITUTIONNEL »

« Le RPT est un parti qui excelle dans l’adversité. Le RPT est un parti qui excelle dans les périodes difficiles et c’est un parti imbattable », a déclaré Gnassingbé.

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, réuni à Addis-Abeba, a de son côté décidé de suspendre le Togo et a demandé à l’UA de « prendre toutes les mesures pour rétablir l’ordre constitutionnel au Togo dès que possible », a déclaré à la presse le commissaire chargé de la paix et de la sécurité, l’Algérien Saïd Djinnit.

Après une visite la veille au Gabon, Gnassingbé se trouvait vendredi matin en Libye pour s’entretenir de la situation politique togolaise avec le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

« Kadhafi nous a donné de très précieux conseils qui nous permettront de mettre un terme à cette crise et de ramener une situation normale au Togo », a déclaré Gnassingbé, cité par l’agence libyenne Jana.

L’installation de Gnassingbé au pouvoir après le décès de son père avait été qualifiée de « coup d’Etat » par plusieurs pays africains, dont le Nigeria, pays qui préside l’Union africaine et qui a même brandi la menace d’une intervention militaire au Togo.

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avait sanctionné samedi dernier le Togo en imposant un embargo sur les armes et en interdisant tout déplacement à l’étranger des dirigeants togolais.