01/07/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Gilchrist Olympio : Appel à tous les Togolais

Conférence de presse de Gilchrist Olympio

Paris, le 28 mars 2003

Déclaration liminaire du Président National de l’UFC
Mesdames, Messieurs,

En organisant cette rencontre, notre but est, comme vous le savez, de discuter avec vous de la situation politique au Togo et de la préparation de l’élection présidentielle qui devrait s’y dérouler dans deux mois.

Le 12 janvier dernier, à Agoué au Bénin, lors de la commémoration du 40 ème anniversaire de l’assassinat de Sylvanus Olympio, le Premier Président de la République togolaise, je déclarais devant les militants de mon Parti, l’union des Forces de Changement, UFC, que nous irons à la prochaine élection présidentielle au Togo.

Nous allons à cette élection pour la gagner. Sinon, cette élection n’aura pas de sens, ni sur le plan national ni sur le plan international.

Cette déclaration indiquait la position que je souhaitais voir mon Parti prendre et ce d’autant qu’à cette date, nous connaissions les dispositions déjà prises par le pouvoir pour l’organisation de cette élection.

Ces dispositions, dont vous avez été informées en même temps que l’ensemble de l’opinion togolaise et internationale, seraient contraires à l’esprit et à la lettre de l’Accord-cadre de Lomé que les partis de l’opposition démocratique et la mouvance présidentielle ont adopté par consensus et signé le 29 juillet 1999 en vue de résoudre la crise politique née du coup de force électoral opéré par le pouvoir RPT à l’issue de l’élection présidentielle de 1998.

Tous les acquis de cet Accord-cadre ont été rejetés par le pouvoir notamment la parité, le consensus et laïcisation de la communauté internationale, s’agissant de toute décision en matière électorale.

Le régime a modifié le Code électoral et la Constitution exigeant notamment de tout candidat une résidence de 12 mois consécutifs dans le pays avant la prochaine élection présidentielle.

Nous jugeons ces modifications des lois d’une part illégales et illégitimes et d’autre part circonstancielles et abusives. En effet, elles visent essentiellement à exclure de la compétition un des candidats potentiels qui a toutes les chances de remporter l’élection, comme ce fût le cas lors de la présidentielle de juin 1998, et à permettre au chef de l’Etat qui, lui est frappé par la limitation de mandat, de se présenter de nouveau.

Je voudrais signaler par ailleurs que ces lois portent en germe une « ivoirisation » de la vie politique togolaise.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, ce nouveau danger pourrait fatalement conduire notre pays à une situation inextricable. Un des derniers arguments de ce pouvoir à bout de souffle n’a pas échappé aux observateurs de la vie politique togolaise: celui visant à remettre en cause la nationalité de certains responsables politiques togolais que le pouvoir cherche à présenter comme des étrangers. Ce que les observateurs appellent déjà « la togolité », par analogie avec « l’ivoirité », pourrait devenir, si cela persistait, une grave menace, une de plus, pour la cohésion nationale. Il s’agit là, à l’évidence, d’une nouvelle escalade dans les dérives de cette dictature anachronique et affairiste qui a ruiné le Togo, et qui veut poursuivre l’instauration d’un régime d’exclusion, d’arbitraire et de répression sanglante pour se maintenir indéfiniment au pouvoir contre la volonté du Peuple.

C’est contre un tel régime que l’UFC se bat en exigeant l’abrogation des lois récemment adoptées par le pouvoir, celles qui ont modifié la Constitution de 1992 et qui ont détruit les acquis de l’Accord-cadre de Lomé.

L’objectif que nous visons est simple: que soient réunies les conditions de la tenue d’élections libres, équitables, transparentes et acceptables de tous.

L’UFC a voulu mener ce combat au sein de la Coalition des Forces Démocratiques, CFD, qu’elle a contribué à créer avec les partis de l’opposition démocratique. Mais il est apparu que certains des membres de cette Coalition ne saisissent pas les enjeux du combat et, s’accommodant de la loi d’exclusion qui affecte un des candidats, s’apprêtent à se présenter à l’élection présidentielle aux conditions du pouvoir, pensant pouvoir l’emporter par la présentation d’un candidat unique, stratégie qui corrigerait de leur point de vue, les conditions déplorables d’organisation de ces élections.

C’est dans conditions que I’UFC a décidé de se retirer et de mener un réel combat contre l’arbitraire et pour de véritables élections permettant à tous les citoyens, candidats et électeurs, de remplir démocratiquement leur devoir civique.

L’UFC ne peut mener un tel combat en restant en dehors de l’action politique surtout pendant cette période électorale cruciale pour les populations togolaises déjà meurtries, et qui pourraient se sentir abandonnées à leur triste sort.

Déterminée à refuser de se soumettre aux lois scélérates qui viennent d’être adoptées par le régime, lois dont certaines sont de surcroît inapplicables d’un point de vue juridique, L’UFC a proposé ma candidature en me demandant de l’accepter. Demande à laquelle je souscris publiquement et que je confirme devant vous aujourd’hui.

Dès lors, notre combat s’organisera à partir de ce jour autour d’une proposition en 12 points simples que l’UFC présente aux acteurs politiques togolais, à la société civile et à la Communauté internationale en vue d’un règlement politique juste et acceptable par tous, de la crise togolaise.

L’UFC engagera en même temps un plaidoyer auprès de la Communauté internationale et des grandes puissances pour leur soutien à notre cause

Des campagnes et des manifestations populaires seront organisées dans tout le pays et au sein de la diaspora togolaise pour soutenir la résistance qu’incarne ma candidature.

Enfin, une mobilisation générale permettra d’obtenir le moment venu, un vote franc et massif de nos concitoyens, en notre faveur.

Rappelant que l’UFC a été créée sur le fondement d’une union du peuple togolais pour promouvoir le changement, notre parti est entièrement disposé à travailler avec les partis politiques, la société civile et tous ceux qui voudront se joindre à lui pour la défense de la même cause, notamment la jeunesse togolaise sacrifiée.

Gilchrist OLYMPIO – Paris, le 28 mars 2003

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APPEL A TOUS LES TOGOLAIS

I. LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES DE JUIN 2003 AU TOGO

Les élections présidentielles de Juin 2003 sont d’un enjeu capital pour le Togo, notre pays.

Depuis 12 ans, au sortir de la Conférence Nationale Souveraine tenue à Lomé de juillet à août 1991, les forces vives du pays essayent d’instaurer un régime démocratique au Togo.

Le peuple togolais aussi bien que la Communauté internationale disposée à accompagner le processus démocratique au Togo, se sont heurtés parfois douloureusement et dramatiquement à l’entêtement du pouvoir de ré-instaurer de jure ou de facto le système du parti unique.

Les élections présidentielles de juin 2003 seront l’occasion ultime de donner la chance au Togo de faire un saut qualitatif vers un régime démocratique où pourront s’affirmer les principes d’alternance politique, de liberté d’expression, de liberté de chaque citoyen de briguer les suffrages de ses concitoyens, de consultations électorales honnêtes: c’est-à-dire libres, transparentes et impartiales.

Rappelez-vous comment les précédentes consultations électorales présidentielles se sont terminées :

▪ En 1993, avec les Accords de Ouagadougou qui devaient permettre d’organiser des élections honnêtes au Togo, le pouvoir s’est arrangé pour exclure ses vrais concurrents et se retrouver pratiquement seul face à des figurants pour des élections présidentielles avec une participation électorale inférieure à 10 % ;

▪ En 1998, le pouvoir a semblé jeter du lest en laissant la possibilité à tous les candidats de briguer les suffrages des électeurs. Mais les résultats démontrèrent une si nette volonté d’alternance que le Générai EYADEMA fut obligé d’opérer un coup de force électoral en arrêtant le processus de décompte des voix et en proclamant des résultats fictifs par le Ministre de l’Intérieur en lieu et place de la CEN chargée de cette mission par la loi.

L’Union européenne qui accompagnait ces élections et auprès de laquelle le Togo s’était engagé à organiser des élections transparentes n’a pu s’empêcher de constater que  » le processus électoral est sorti de son cadre légal « . Cette situation a conduit l’UE à maintenir la suspension de sa coopération avec Togo.

Pour apaiser la population qui s’est vue voler la victoire, les parrains du processus électoral togolais dont la France, l’Union européenne, l’Allemagne et l’Organisation de la Francophonie ont accepté d’encadrer un dialogue politique inter-togolais qui a abouti à l’Accord-cadre de Lomé du 29 juillet 1999.

Dans cet Accord, la mouvance présidentielle et l’opposition se sont dotées de nouvelles règles devant désormais régir les processus électoraux, à savoir :

L’organisation des élections par une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) à composition paritaire avec ses démembrements que sont les Commissions Electorales Locales Indépendantes (CELI) également paritaires.

Cette composition paritaire se retrouve aussi dans les Commissions chargées de la révision des listes électorales, de la distribution des cartes électorales et des opérations dans les bureaux de votes.

A titre d’élément complémentaire d’apaisement de la population, le Général EYADEMA, chef de la mouvance présidentielle, sur sa parole de militaire et en présence du Président CHIRAC et vis-à-vis de la Communauté Internationale, s’est solennellement engagé à ne pas modifier la Constitution qui limite le mandat présidentiel à deux mandats de cinq (05) ans et à prendre sa retraite à la fin de son dernier mandat qui s’achève en juillet 2003.

Le Comité paritaire de suivi de l’Accord-cadre de Lomé (CPS), composé de membres de la mouvance présidentielle et de l’opposition, a adopté par consensus un Code électoral qui a été soumis au vote de l’Assemblée nationale en son temps. Ce Code électoral consensuel devait permettre d’organiser de nouvelles élections législatives après la dissolution anticipée de l’ancienne Assemblée composée uniquement de députés du RPT.

Nous savons aujourd’hui le sort que le pouvoir a réservé à ce Code électoral qui a été unilatéralement modifié avec comme corollaires :

1. L’organisation unilatérale des élections législatives d’octobre 2002 en dehors de l’opposition;

2. La modification de la Constitution d’octobre 1992 avec l’instauration d’une présidence à vie, par la nouvelle Assemblée composée à 100 % de députés du RPT et de ses affiliés ;

3. L’introduction de clauses dans la Constitution modifiée, visant à exclure particulièrement un adversaire politique qui a participé aux élections présidentielles de 1998 et les a remportées. Cette volonté d’exclusion se traduit par l’adoption, à moins de six (06) mois des élections, de nouvelles dispositions constitutionnelles impossibles à respecter, à savoir, l’obligation pour les candidats de résider douze (12) mois consécutifs au Togo avant les élections ;

4. La modification supplémentaire du Code électoral depuis février 2003, pour y retirer toutes les dispositions garantissant l’honnêteté et l’impartialité des élections présidentielles dont voici quelques exemples :

-La Présidence de la CENI est dévolue de droit au Président de la Cour d’Appel. Cette situation rappelle celle de juin 1998 où, la Présidente de la CEN ayant en cette qualité démissionnée au cours du décompte des voix, il était impossible de nommer aussitôt un nouveau Président de la Cour d’Appel pour la remplacer. A présent, le magistrat désigné depuis quelques semaines comme le Président de la Cour d’Appel est celui qui, il y a un (01) an, a condamné Me AGBOYIBOR à six mois de prison pour diffamation. On sait également par les révélations de l’ancien Premier Ministre du Président EYADEMA, Monsieur AGBEYOME KODJO, comment les juges sont instrumentalisés. C’est ce même magistrat qui a présidé la CENI pour organiser les élections législatives d’octobre 2002 et desquelles, d’après les déclarations des partis satellites du RPT ayant participé à ces élections, on a su qu’il y a eu dans le camp même du RPT des fraudes monumentales qui ont travesti les résultats des votes.

Aujourd’hui, cette CENI qui n’a de CENI que le nom, s’est vu retirer tous les pouvoirs d’organisation des élections: sur les neuf (09) membres qui la composent, sept (07) sont de la mouvance présidentielle; les démembrements de la CENI comme la CELI (Commission Electorale Locale Indépendante), les Commissions de révision des listes et de distribution des cartes et les bureaux de votes ne sont plus de composition paritaire et n’auront plus de représentants des candidats.

Il -LA POSITION DE L’UNION DES FORCES DE CHANGEMENT VIS-A-VIS DES
CONDITIONS D’ORGANISATION LEGISLATIVE ET ADMINISTRATIVE DE CES ELECTIONS :

L’UFC estime que les modifications des conditions d’organisation des élections n’ont de fondement, ni philosophique, ni politique, ni juridique au regard du consensus auquel le pays était arrivé en 1999 par l’Accord-cadre de Lomé.

Ces modifications traduisent clairement la volonté du pouvoir d’éliminer injustement des adversaires crédibles, d’organiser des élections opaques et de s’assurer que les résultats qu’il souhaite, seront proclamés tant par la CENI que par la Cour Constitutionnelle.

Il est certain que le peuple togolais n’acceptera pas l’inacceptable, à savoir :
-la poursuite d’une logique de négation de la crise politique que traverse le Togo et la volonté de rétablissement de la dictature dans toute sa plénitude avec la détermination d’exclure celui qui a gagné les élections présidentielles de 1998 et qui demeure toujours le plus sérieux candidat pouvant remporter les élections de 2003 ;

-l’interdiction des activités des partis politiques, à l’exception du RPT, sur toute l’étendue du territoire et plus particulièrement dans la partie septentrionale du pays ;

-la monopolisation et la manipulation des médias publics par le pouvoir et le RPT aux fins de désinformation, de dénigrement systématique des partis d’opposition et de leurs leaders ;

-le harcèlement quotidien des médias privés et de leurs journalistes.

Les perspectives de nouvelles élections présidentielles frauduleuses au Togo, doublées d’une volonté affirmée d’exclusion, recèlent les germes d’une ivoirisation de la crise politique togolaise.

Au cours du 22e sommet des Chefs d’Etat d’Afrique et de France, le Président Jacques CHIRAC ne déclarait-il pas en substance qu’un des moyens de combattre les instabilités dues aux crises politiques c’est de « garantir l’honnêteté des consultations électorales » ?

N’attendons donc pas un nouveau MARCOUSSIS avant de nous préoccuper des conditions honnêtes des futures élections présidentielles au Togo.

L’UFC affirme solennellement qu’elle prendra part aux prochaines élections présidentielles. C’est pour cette raison qu’elle appelle ses militants et sympathisants et les populations togolaises à se battre pour obtenir que les conditions d’organisation de ces élections soient crédibles.

III LA SITUATION POLITIQUE ET ECONOMIQUE ACTUELLE AU TOGO

Aujourd’hui, le Togo est malade de sa situation économique, sociale et politique désastreuse, particulièrement du fait de l’entêtement de ses dirigeants à refuser de s’ouvrir à la démocratie et à l’alternance.

1. Le Togo se trouve dans une situation de surendettement avec une dette extérieure qui avoisine le milliard de dollars et une dette intérieure qui se situe autour de quatre cent milliards (400.000.000.000) de francs CFA.

2. À cause de violations massives des droits de l’homme et du mépris des principes de la démocratie, les dirigeants politiques actuels pénalisent notre pays depuis douze (12) ans :

-La suspension de la coopération économique avec :
l’Union européenne ;
l’Allemagne ;
les Etats-Unis ;
et dans une certaine mesure, la France.
Ce défaut de sources de financement extérieures induit des effets néfastes dans les rapports du Togo avec la Banque Mondiale et le FMI.

3. Les salaires, les pensions de retraites des fonctionnaires, civils et militaires ainsi que les paiements de bourse des étudiants accusent d’importants arriérés ou ne sont pas régulièrement versés. De plus, depuis 12 ans les travailleurs n’ont pas eu d’augmentation générale des salaires. Le Togo n’a pas bénéficié des mesures d’accompagnement consécutives à la dévaluation du franc CFA de 1994.

4. Le Togo est incapable de mettre sur pied un programme ambitieux de développement économique et social, ce qui entraîne des répercussions énormes sur l’éducation, la santé et le bien-être en général des populations togolaises.
5. Le Togo connaît depuis l’année 2000 une croissance négative de 2% par an.

6. Le pays vit dans une situation de fragilité économique intense que tout choc économique peut précipiter dans un abyme.

7. Face à la rareté de ses ressources financières absorbées prioritairement par les dépenses de la Présidence et de la garde rapprochée du Président, le Pouvoir est obligé d’exercer une pression fiscale et douanière excessive sur les entreprises et les particuliers.

C’est ainsi par exemple que dans la loi de finances pour la gestion 2003, le Gouvernement a été obligé de multiplier par trois le montant de l’impôt minimum forfaitaire auquel sont assujetties les sociétés et personnes morales; la taxe de résidence payée par chaque propriétaire de maisons a doublé, etc.

Bref, sur le plan politique et économique le Togo est exsangue et après 36 ans de pouvoir, le Général EYADEMA ne peut rien apporter à ce pays. Son maintien au pouvoir ne peut qu’aggraver encore plus la crise politique, sociale et économique.

IV LES ATTENTES DE L’UFC, VIS-A-VIS DE LA FRANCE, DE L’UNION EUROPEENNE, DE LA CEDEAO ET DE L’ENSEMBLE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

Depuis 12 ans, les populations togolaises ont fait preuve d’une maturité politique et d’une grande volonté de résolution pacifique de la crise politique togolaise.

Elles ont accepté dans le passé plusieurs accords et plus spécialement l’Accord-cadre de Lomé comme élément de solution de la crise.

Il est temps de constater honnêtement l’absence de toute volonté de la dictature de faire siennes les règles de la démocratie.

-Comment peut-on comprendre autrement des lois particulières dirigées contre une seule personne ?

-Sur un plan purement politique, comment peut-on comprendre que le vainqueur des dernières élections présidentielles soit exclu des prochaines élections présidentielles, alors que nous voyons dans un pays voisin du Togo, les retombées dévastatrices de l’exclusion politique.

-Les élections présidentielles prochaines seront honnêtes et démocratiques ou n’auront pas lieu.

-Des élections libres, démocratiques et transparentes sont un principe universellement admis et les populations togolaises ne comprennent pas que ce principe ne s’applique pas à leur pays.

L’UFC rappelle que dans une déclaration du 12 février 2003, l’Union européenne a « invité toutes les parties à reprendre le dialogue politique dans le but de se mettre d’accord sur un cadre électoral qui soit acceptable par tous » et a engagé les autorités togolaises « à faire en sorte que l’élection présidentielle qui va avoir lieu soit libre, équitable et transparente, de manière à encourager le processus démocratique au Togo, conformément à l’esprit de l’Accord-cadre de Lomé ».

Voilà pourquoi, l’UFC et son Président ne sont pas concernés par une modification à la hâte et sans concertation du Code électoral consensuel et de la Constitution votée unanimement par les Togolais en 1992.

Voilà pourquoi, nous demandons une implication plus accrue de toute la Communauté Internationale aux fins de ramener les Autorités togolaises à l’esprit de l’Accord-cadre de Lomé ou d’être l’arbitre des prochaines élections présidentielles en faisant prendre en charge par les structures spécialisées de !’ONU, l’organisation des prochaines élections au Togo.

La Communauté Internationale doit encourager la volonté des populations togolaises attachées au changement par les voies pacifiques et sans violence et tout autant à leur droit de choisir par des élections libres, transparentes, justes et démocratiques les dirigeants qui leur agréent.
L’UFC demande à la Communauté Internationale qui soutient ces dispositions de prendre la mesure de ses responsabilités.

V. CONCLUSION

L’UFC lance un appel à tous les Togolais où qu’ils se trouvent et quelles que soient leurs fonctions, pour qu’ils relèvent le défi lancé par la dictature et leur demande de combattre avec fermeté et par tous les moyens les modifications apportées à la Constitution et au Code électoral consensuel et d’exiger des Institutions compétentes, l’organisation des élections transparentes qui expriment la vérité des urnes.

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DOUZE PROPOSITIONS SIMPLES DE L’UFC POUR L’ORGANISATION DES PROCHAINES PRESIDENTIELLES DE JUIN 2003 DANS LA TRANSPARENCE ET L’EQUITE

1. Composition paritaire de la CENI (Mouvance Présidentielle/Opposition traditionnelle) présidée par une personnalité indépendante choisie consensuellement.

2. Composition paritaire des CELI, des Commissions des listes et des cartes et des bureaux de vote, présidée paritaire ment en nombre sur toute l’étendue du territoire.

3. Présence obligatoire auprès de la CENI, des CELI, des Commissions des listes et cartes, des délégués des partis politique et des délégués de tous les candidats dans les bureaux de vote durant tout le processus de dépouillement des bulletins et de rédaction des procès-verbaux.

4. Obligation des membres des bureaux de vote et des CELI, de remettre aux délégués des candidats, une copie des procès-verbaux des bureaux de votes et des procès-verbaux de recensement des votes dans la Préfecture.

5. Proposition conjointe de la Mouvance Présidentielle et de l’Opposition de Noms d’organismes internationaux d’observations des élections à inviter.

6. Déploiement des observateurs internationaux un mois avant les élections, pendant et après les élections.

7. Accès équitable de tous les candidats et de leurs représentants aux médias publics organisé par un Comité à composition paritaire: Mouvance Présidentielle et Opposition.

8. Constat par les Pouvoirs Publics de l’impossibilité, pour des raisons juridiques et d’inopportunité politique, d’appliquer pour les élections de juin 2003, la modification constitutionnelle relative à la condition de résidence de 12 mois avant les élections de juin 2003.

9. Constitution d’un Comité de magistrats et de Juristes internationaux chargés de suivre le processus de la confirmation des candidatures et de la proclamation définitive des résultats par la Cour Constitutionnelle.

10. Un Comité de Sécurité Mouvance Présidentielle et Opposition, assisté par des observateurs internationaux, sera chargée d’assurer l’accès à toute l’étendue du territoire national des partis politiques et regroupements de partis politiques et de leurs candidats.

11. Que la CENI prenne les mesures réglementaires pour contrôler et s’assurer du caractère indélébile de l’encre ? Que le matériel électoral soit acheminé à temps et en quantité suffisante dans les bureaux de vote qui devront ouvrir à l’heure et fermer seulement après le vote effectif des électeurs présents ?

12. Appui financier et technique des partenaires traditionnels du Togo que sont l’Union européenne, la France, l’Allemagne, l’organisation de la Francophonie, sur la base d’acceptation d’élection consensuelles par le gouvernement du Togo.

Union des Forces de Changement – UFC Togo
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