30/06/2022

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Gilchrist Olympio part en campagne au Togo

par Michelle Faul–

DAKAR, Sénégal (AP) — Gilchrist Olympio, principale figure de l’opposition togolaise, passe peu de temps dans son pays de peur d’y être assassiné, exclu en vertu des lois actuelles de la présidentielle qui doit choisir un successeur au dictateur Gnassingbe Eyadema. Il vient en outre d’entendre son propre cousin déclarer sa candidature au scrutin du 24 avril, nouveau coup aux difficiles tentatives d’unifier l’opposition.

Gilchrist Olympio ne «pense pas à ce stade» que cette élection sera «libre et équitable», mais compte néanmoins faire campagne au Togo, et y présenter son candidat dès samedi: son parti, l’Union des Forces du changement (UFC), est l’un des six de l’opposition ayant décidé de s’unir derrière le vétéran Emmanuel Bob Akitani, âgé de 75 ans, numéro deux de l’UFC, contre Faure Gnassingbe, fils du dictateur défunt et candidat du pouvoir.

«Nous trouverons un moyen de garantir que nos opinions prennent le dessus», a-t-il déclaré vendredi par téléphone à l’Associated Press, alors qu’il se préparait à franchit la frontière entre le Ghana et son pays.

Gilchrist Olympio, 69 ans, est parti pour l’exil en 1997 après plusieurs tentatives d’assassinat, dont une au cours duquel il a été grièvement blessé, en 1992. Il partage depuis son temps entre la France et le Ghana, avec d’occasionnelles visites au Togo.

Le père de Gilchrist Olympio, Sylvanus Olympio, premier président démocratiquement élu du Togo, fut assassiné en 1963 lors du coup d’Etat qui déboucherait sur la prise du pouvoir par Eyadema quatre ans plus tard.
Après la mort d’Eyadema le 5 février, la tentative de l’armée, où domine son ethnie, les kabye, d’installer son fils au pouvoir a déclenché la réprobation de la communauté internationale, d’où la convocation d’une élection présidentielle.

Quant à Harry Olympio, 44 ans, qualifié par Gilchrist Olympio de «très lointain cousin» et de «jeune aventurier», il s’est également porté candidat. Son parti, le Rassemblement pour le soutien à la démocratie et au développement (RSDD), bien que petit, a certes été le fer de lance des manifestations contre la succession familiale que l’armée a tenté d’imposer. Jeudi, il estimait que «la lutte togolaise pour le changement démocratique n’est pas symbolisée par l’image d’un vieil homme incapable de mener une course folle».

AP