Source AFRIK.COM - 19/02/2004

De nouveaux péages au Togo

Les barrages de la discorde

Dans quelques semaines, certaines routes reliant la capitale togolaise aux frontières des Etats limitrophes accueilleront des postes de péages. Les autorités du pays expliquent leur choix par la nécessité de récolter de l’argent pour l’entretien des routes. Les usagers et les syndicats crient au racket.

par Arnold Sènou

Cinq nouveaux péages. Davié, Sotouboua, Sanguéra et Vodougbé accueilleront bientôt des barrages routiers. Sur ces grands axes, qui occasionnent un flux de transport quotidien élevé, les véhicules, selon leur tonnage, devront s’acquitter d’une taxe régulière. Elle sera de 300 FCFA pour une voiture, de 400 FCFA pour un minibus, de 1 000 FCFA pour les autobus et de 2 000 FCFA pour les camions.

Les raisons gouvernementales

Pour M. Baouna, Directeur des transports routiers, les sommes qui seront perçues à chaque passage des quatre-roues, permettront d’entretenir les routes qui se « dégradent de plus en plus ». Il s’agira également de contrôler le poids des camions dont « tout excédant devrait être taxé », ajoute M. Bouana. Mené à coup de publicités dans les médias locaux, le but de la campagne de présentation des péages est d’expliquer les raisons de ces nouvelles constructions à la population.

Le gouvernement pensait-il que le peuple allait rejeter son initiative ? « Pas du tout », répond le Directeur des transports routiers du pays. Et de poursuivre : « D’ailleurs les gens nous ont applaudi à l’annonce de la construction de ces barrages. Ils nous ont même demandé pourquoi nous n’y avions pas pensé plus tôt ». Faux, rétorque le Syndicat des transporteurs : « Où est le peuple qui leur a dit ça ? Ces dirigeants sont dans leur tour d’ivoire et affabulent complètement ». Kokou Koffignou, Président des transporteurs de Lomé, s’insurge, contre les tarifs « excessifs » du droit de passage. « Il y a un décret qui demande aux circonscriptions (Préfectures) de trouver de l’argent pour faire face à leurs dépenses intérieures », explique-t-il. Pour lui, l’argent des péages n’est pas uniquement destiné à la gestion des réseaux routiers.

Construction plutôt qu’entretien

Kokou Koffignou trouve « énorme », le chiffre des cinq nouveaux barrages. A « l’entretien », dont parle le ministère des Transports pour expliquer la présence de ces nouveaux péages, il souhaiterait plutôt vivement la construction de nouvelles routes. « Il n’y en a tout simplement pas au Togo ». Par ailleurs, l’homme estime que « les postes, que l’Etat veut installer, devraient être uniquement réservés aux camions de transports commerciaux qui se dirigent vers les pays limitrophes, et épargner les automobilistes ».

Kodjo, un jeune automobiliste qui travaille dans une société privée à Lomé, s’oppose à ces nouvelles installations. Le jeune homme qui travaille dans la capitale, reconnaît que sa « petite Xsara » (Citroën) lui coûte déjà énormément en taxes trimestrielles et tempête son opposition à ces nouveaux péages qu’il trouve « trop abusée ». Mais il reconnaît que les automobilistes vont se « laisser faire par manque de force et de courage ». Chez les syndicalistes de transporteurs, on pense faire grève. Mais, rappelle-t-on, il faudra « d’abord attendre pour voir comment les premières journées auront soutiré en droit de passage ».


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