Source COURRIER INTERNATIONAL - 13/02/2005

Trois radios et une télévision privées fermées à Lomé

Plus de 3.000 manifestants à Lomé, heurts avec les gendarmes /

Des gendarmes togolais ont chargé et tiré des grenades lacrymogènes samedi pour disperser plus de 3.000 personnes qui manifestaient à Lomé à l'appel de l'opposition pour protester contre le "coup d'Etat" du président investi Faure Gnassingbé, a constaté un journaliste de l'AFP.
Il s'agit du plus important rassemblement de l'opposition depuis l'investiture le 7 février de Faure Gnassingbé.

Les heurts se sont déroulés dans le grand quartier populaire de Bè, un des fiefs de l'opposition.

Les manifestants, criant des slogans hostiles au nouveau pouvoir, ont notamment bloqué la circulation sur l'un des boulevards du quartier en tentant d'ériger des barricades et en brûlant des pneus, a constaté l'AFP.

Les manifestants se sont heurtés aux gendarmes qui ont essayé de disperser de la foule en lançant des grenades lacrymogènes et en chargeant.

Les manifestants répondaient à l'appel de six formations de l'opposition, dont l'Union des Forces de changement (UFC, de Gilchrist Olympio en exil).

Le gouvernement a interdit depuis lundi toute manifestation pour une durée de deux mois, période du "deuil national" décrété suite à la mort samedi du président Gnassingbé Eyadéma.

Les autorités ont, depuis lors, renouvelé leurs mises en garde contre les éventuels "fauteurs de trouble", prévenant d'une "réaction énergique" des forces de l'ordre.

Le président du Rassemblement pour le soutien de la démocratie et du développement (RSDD, opposition modérée), qui avait organisé vendredi matin un rassemblement à Lomé dispersé par la police, doit en organiser un autre ce samedi.

Le général Gnassingbé Eyadéma est décédé le 5 février à l'âge de 69 ans après 38 ans de règne sans partage à la tête du Togo.

Son fils, Faure Gnassingbé, désigné par l'armée togolaise et confirmé comme son successeur par l'Assemblée nationale après une révision constitutionnelle, a prêté serment le 7 février.

Trois radios et une télévision privées fermées à Lomé

Trois radios et une télévision privées ont été fermées vendredi soir à Lomé par les autorités togolaises pour des "raisons fiscales", a-t-on appris samedi de source officielle.
"Les radios Nana fm, Kanal fm et Nostalgie, ainsi que la télévision TV7, ont été fermées pour des raisons fiscales", a déclaré à l'AFP, le président de la Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication (HAAC) Georges Combévi Agbodjan.

Le président de l'Union des radios et télévisions libres du Togo (URATEL), Jacques Djakouti, a précisé que ces radios et télévision ont été "officiellement fermées pour non paiement de redevance annuelle qui s'élève à 750.000 F.CFA (1.143 euros)".

"Notre association va se réunir dans les heures à venir, afin d'exprimer sa position", a-t-il ajouté.

La HAAC a invité jeudi dernier, les responsables des radios et télévisions privées au "respect de la déontologie du métier". Elle a estimé que la plupart de ces stations "ne font pas souci d'équilibre dans le traitement des informations".

La radio privée baptisée Radio Lumière qui a son siège à Aného, à l'est de Lomé, avait été fermée le même jour pour "incitation à la violence et à la haine".

Le matériel de cette radio, confisqué par la gendarmerie, a été restitué quelques heures plus tard.

Le gouvernement a interdit depuis lundi toute manifestation pour une durée de deux mois, période du "deuil national" décrété suite à la mort samedi dernier du président Gnassingbè Eyadéma, remplacé par son fils Faure Gnassingbè.

Les autorités ont, depuis lors, renouvelé leurs mises en garde contre les éventuels "fauteurs de trouble", prévenant d'une "réaction énergique" des forces de l'ordre. Deux manifestations de l'opposition, qui a dénoncé un "coup d'Etat", ont été dispersées, vendredi et samedi.


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