Source LE POINT - 07/03/2005

L'opposition en quête d'un candidat unique saisit la CEDEAO

L'opposition togolaise a déclaré, ce week-end, avoir saisi la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CREDEAO) de plusieurs "anomalies" dans le processus de préparation du prochain scrutin présidentiel, accusant notamment le gouvernement de violer des engagements pris lors de la médiation de l'organisation régionale, la semaine dernière.

Dans un communiqué rendu public à Lomé, le collectif de l'opposition, qui regroupe six partis politiques, fait remarquer en substance que le ministre de l'Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, lui demande de désigner un représentant par Commission administrative et un représentant par comité administratif des listes et cartes, au lieu de 3 selon l'accord convenu avec la CEDEAO.

Pour l'opposition, il s'agit là d'une violation "flagrante" d'un des points fondamentaux de la médiation réalisée par la mission de la CEDEAO, qui est de nature à compromettre la régularité, la transparence et l'équité du scrutin.

Selon l'accord intervenu entre la CEDEAO et les acteurs politiques togolais concernant la prochaine élection présidentielle, les partis politiques sont représentés par des membres à part entière dans chaque commission administrative, comité de listes et cartes et bureaux de votes à raison de trois pour le pouvoir et trois pour l'opposition. Les représentants des partis politiques sont habilités à signer les procès verbaux et à en recevoir copies".

Le ministère de l'Intérieur, pour sa part, évoque l'article 41 du code électoral qui autorise 1 représentant par Commission administrative et un par comité des listes et cartes, dispositions antérieures aux recommandations de la CEDEAO. PANAPRESS


L'opposition en quête d'un candidat unique



"Les consultations se poursuivent, mais signalons que c'est la première fois que l'opposition est unanime pour désigner un candidat unique à l'élection présidentielle", a affirmé Martin Aduayom, secrétaire général adjoint de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA, opposition). M. Aduayom a indiqué que le candidat unique "n'est pas encore désigné, mais le principe est arrêté".

La Convergence patriotique panafricaine (CPP, opposition modérée), dirigée par Edem Kodjo, qui approuve cette idée, a appelé vendredi l'opposition à "prendre ses responsabilités" en désignant "un seul représentant", estimant qu'elle "n'a plus droit à l'erreur". Les responsables des partis de l'opposition réunis au sein d'une coalition la veille de l'élection présidentielle de juin 2003, n'avaient pu désigner un candidat unique après plusieurs semaines de consultations.

L'ex-président investi, Faure Gnassingbé, dirigeant du Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir), ainsi que Nicolas Lawson, homme d'affaires et président du Parti du renouveau et de la rédemption (PRR), ont annoncé qu'ils seraient candidats au scrutin du 24 avril.

Gilchrist Olympio, président de l'Union des forces de changement (UFC, principal parti d'opposition), et l'ex-secrétaire d'Etat français à l'Intégration Kofi Yamgnane (socialiste), titulaire de la double nationalité française et togolaise, ont indiqué leur intention d'être candidats. M. Olympio vit en exil en France depuis 1999. M. Yamgname, membre du Conseil national du Parti socialiste français (PS, principale formation de l'opposition en France) réside en Bretagne (ouest de la France).

L'article 62 de la Constitution togolaise empêche un candidat de briguer un mandat présidentiel "s'il ne réside sur le territoire national depuis douze mois au moins".



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