Source L'HUMANITE - 21/03/2005

Gilchrist Olympio optimiste

Le principal opposant au régime togolais est sûr de la victoire de son camp pour l’élection présidentielle. Cependant les divisions se font jour.


« Je suis choisi comme le porte-drapeau de l’opposition. Je vous prie de me baliser le chemin pour que ma mission s’accomplisse et je prie aussi Dieu de m’aider à y parvenir », a lancé Akitani-Bob, à une foule composée de plusieurs milliers de sympathisants, samedi, à Lomé, à l’occasion de son investiture comme candidat unique de l’opposition, au stade du Cimetière. Une cérémonie rehaussée du fait de la présence de la bête noire du régime de Lomé, Gilchrist Olympio, leader en exil de l’UFC. Lors de ce meeting tous les autres ténors du groupe des Six, à l’image du CAR, de Yawovi Agboyibo, et du CDPA, de Léopold Gnininvi, ont fait bloc aux côtés d’Olympio. L’opposant est arrivé samedi, après deux ans d’absence, par la route venant du Ghana, dans un véhicule tout-terrain, pratiquement enveloppé d’un fanion jaune, couleur de son parti, où l’attendaient au poste frontière des milliers de supporters. Le ton était à l’apaisement. « Cette fois-ci, le peuple va se prononcer en notre faveur. Nous allons procéder à la réconciliation nationale et jeter les bases d’un développement économique social durable. » Mais aussi, dans la perspective d’une victoire dont il ne doute pas, il a amorcé une politique de la main tendue en direction de l’armée, insistant sur un dialogue franc avec les militaires qui ne « sont pas nos ennemis ».

Toutefois, c’est une opposition loin d’être soudée qui a accueilli à Lomé Gilchrist Olympio. À l’approche de la présidentielle du 24 avril, celle-ci paraît au contraire divisée. Radicaux et modérés n’arrêtent pas de s’accuser de faire le jeu du Rassemblement du peuple togolais (RPT, parti au pouvoir). L’un de ces modérés les plus en vue se nomme Harry Olympio. Candidat déclaré, il se présente comme « voie médiane » entre le pouvoir et l’opposition. Plusieurs fois ministres sous Eyadéma, président du RSDD, il est plus connu pour sa collaboration étroite avec le pouvoir. Il utilise, dit-on à Lomé, son nom pour montrer que le pouvoir nrien contre la famille Olympio. Quant à la candidature de Kofi Yamgnane (d’origine togolaise), ancien ministre de l’Intégration en France, elle a été qualifiée de « non-événement » par Léopold Gnininvi. De plus, elle a peu de chance d’aboutir, car Kofi Yamgnane est dans la même situation que Gilchrist Olympio : la Constitution (une disposition taillée sur mesure pour le second) stipule qu’il faut avoir résidé au Togo dans les douze mois qui précèdent la candidature.

Serge-Henri Malet

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