Source CAMEROON TRIBUNE - 06/06/2005

Togo-UA : La cacophonie

Par David Ndachi Tagne

On n'a pas fini de recenser des points de vue, parfois très divergents, sur la transition au Togo. On se souvient des positions de la commission européenne et du parlement européen qui, déjà, n'allaient pas dans le même sens. Aujourd'hui, l'Union africaine rentre dans le sillage de ces discours contradictoires.

La dernière sortie du chef de l'Etat nigérian, Olusegun Obasanjo, président en exercice de l'UA, lors d'une visite à Lomé, ne constitue, ni plus ni moins, qu'un pavé dans la marre. M. Obasanjo a, en effet, estimé que la nomination d'un médiateur de l'organisation continentale dans la crise togolaise est "nulle et non avenue". En clair, il met à la poubelle la décision de l'organisation panafricaine rendue publique le 31 mai dernier et indiquant que l'ancien président zambien, Kenneth Kaunda, était nommé envoyé spécial au Togo, afin "d'aider à la facilitation du dialogue" entre Faure Gnassingbé, élu à la présidence togolaise, et l'opposition, qui conteste son élection.


Le cas togolais semble devenu très embarrassant pour tout le monde. On se souvient qu'en février, après le coup de force de Faure Gnassingbé, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (CEDEAO), l'UA et le président Obasanjo lui-même avaient condamné sans ménagement cette prise de pouvoir. Certes, le fils Eyadéma a réussi à se faire élire président de la République, mais le constat est que cette élection ne fait toujours pas l'unanimité. La crise semble donc persister, et les observateurs à travers le monde espéraient qu'un gouvernement d'ouverture pourrait être le gage d'un retour de la paix au Togo. Ces suggestions sont faites au moment où l'on estime à plus de 20.000 le nombre de personnes ayant fui le Togo pour s'installer hors des frontières, notamment au Bénin. C'est dire que malgré tout, il y a problème et il serait important de trouver non seulement des solutions, mais surtout, des solutions durables. Sans doute s'inspirant du cas récent de la Côte d'Ivoire avec le médiateur Thabo Mbeki, la Commission de l'Union africaine avec à sa tête Alpha Oumar Konaré a cru bien faire en désignant un médiateur. Le Conseil de Paix et de Sécurité de l'UA, présidé par M. Obasanjo, avait soutenu cette proposition. Le rejet de cette décision par le président Obasanjo ne constitue alors qu'une cacophonie de plus qui interpelle l'Afrique toute entière à savoir parler d'une même voix, dans les mêmes institutions.

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