Source LE POINT - 11/02/2006

5 dirigeants du groupe Bolloré mis en examen pour corruption

L'état-major Afrique du groupe Bolloré a été relâché vendredi 11 février en milieu de journée par la gendarmerie togolaise, après 36 heures d'incarcération. Gilles Alix, le numéro 2 du groupe, Georges Cognon, le directeur Afrique, Dany Chuteaux, son adjoint, et Pascal Cotti, le patron de Bolloré au Togo, ont été déféré devant un juge d'instruction qui les a "inculpés" de corruption active de magistrat et libérés contre le versement d'une caution de 100 millions de francs CFA (150.000 euros) chacun. Le gouvernement togolais, qui publiait ces informations vendredi dans la soirée, ajoute que les quatre personnes seront tenues de se présenter à toute convocation du juge.

De source locale, trois des quatre inculpés se sont aussitôt rendus sur le tarmac de l'aéroport de Lomé, la capitale togolaise, où les attendait le Falcon 900 du groupe, prêt à décoller pour la France. C'est à bord de cet avion qu'ils ont été interpellés, mercredi vers 20 heures, par la gendarmerie togolaise, ainsi que Capital.fr l'a révélé jeudi en exclusivité. Seul Pascal Cotti et son directeur financier, M. Roussel (qui, lui, n'a pas été inculpé) sont restés à Lomé.

Selon des sources togolaises, la justice reprocherait aux inculpés d'avoir soudoyé le président du Tribunal de grande instance de Lomé en vue de gagner un procès qui oppose le groupe Bolloré à la société espagnole Progosa pour le contrôle des activités portuaires de Lomé.

De fait, un jugement favorable à l'industriel breton a été prononcé en première instance le 3 février dernier. Aussitôt, Gilles Alix et ses collaborateurs se sont rendus à Lomé pour prendre le contrôle du port. Mais une fois sur place, ils ont appris, le 6 février, que le jugement venait d'être suspendu par la Cour d'appel. Pour sa part, le groupe Bolloré dément toute accusation de "corruption active de magistrat" et estime que ses dirigeants ont été incarcérés "sous un motif invraisemblable".

Concernant la libération des quatre inculpés, l'Elysée et le Quai d'Orsay ont reconnu être intervenus auprès des autorités togolaises. Jacques Chirac aurait personnellement téléphoné à Faure Gnassingbé Eyadéma, le président du Togo, pour exiger leur élargissement.

A Lomé, on s'attendait, samedi après-midi, à de nouveaux rebondissements.

LE POINT

Copyright LETOGOLAIS © 2002