Source LETOGOLAIS.COM - 09/06/2006

Agbala Luc: le canonnier du football togolais

Véritable force de la nature, Luc Agbala Watékou fait partie des acteurs qui ont marqué le football togolais des années 60 et 70. Que ce soit dans les rangs du FC Dyto, son club ou en sélection nationale, il fut un attaquant au grand gabarit, redouté par ses frappes de balles. Ancien sociétaire du Dynamic Togolais (Dyto) de Lomé et de la formation de Lomé I née de la « réforme sportive » de 1974, le (Dema Club) une fusion du Dyto, la Modèle et l’Etoile Filante, Luc Agbala a également porté les couleurs de l’équipe nationale togolaise.


Luc Agbala a commencé jouer au football à Cotonou, la capitale économique du Bénin ; à l’époque où son père militaire servait sous le drapeau de l’armée coloniale française. Pour des raisons scolaires, Luc Agbala doit retourner à Kanté, sa ville natale où il est né le 23 septembre 1947. Parallèlement à ses études, il signe une licence pour l’Aigle des Savanes. Grâce à sa carrure physique et alors qu’il était élève au Collège de la ville de Niamtougou, son destin croise une équipe de recrutement. Comme le père, l’enfant fera aussi une carrière d’homme en tenue.

Remarqué pour ses qualités physiques, la jeune recrue de l’armée togolaise accepte de porter la tunique des Diables rouges, ancêtre du Dyto de Lomé. Sa première prestation remonte en 1966 avec un duel contre l'Etoile Filante de Lomé, soldé par un score d’un but partout. Avant de devenir canonnier, Luc Agbala a été tenu en main par Rudolph Jazzar. Véritable mécène du football, ce libanais- togolais, très attaché à la Modèle de Lomé, avant de créer le Racing Club de Lomé, a formé plusieurs générations de joueurs togolais.

Par trois fois, Luc Agbala a été champion du Togo avec les Diables rouges et à plusieurs reprises, détenteur de la Coupe du Togo. Mais avant d’insister sur le parcours du canonnier du football, un peu d’histoire sur la formation au lion pour emblème. Au départ, le Dyto s’appelait « Diables rouges » et était composée des éléments de « Garde cercles » aujourd’hui « Gardiens de préfecture ». L’équipe sera élargie aux autres corps de l’armée togolaise sous la dénomination du Dynamic Togolais, dirigé en grande partie par des officiers. Une fin de partie n’est souvent pas facile pour les joueurs et dirigeants adverses, arbitres et spectateurs lorsque le Dyto perd la partie. On n’a pas le droit d’exulter.

Fiaty Arnold, Kpodonou Michel (Robot I), Koffi Sadjo Omer, Labissi Kouandé, Kossi Badjaké, Afoléo, de Souza Raphaël, Sokpoh Michel, Ayivor Comlanvi Kamalotor, Alirou Sogaba, Doamekpo, Fiaty Yara, Touglo Kondor, Luc Agbala, Keita Lamine, Akakpo Léo, sont entre autres les éléments qui ont marqué le parcours de cette formation qui sera dissoute en 1974. Grâce à son sens de but et à sa force de frappe, le canonnier a été sacré par deux fois « meilleur buteur « du championnat togolais de 1ere division dans les années 70.

Après la 8e CAN en février – mars 1972 à Yaoundé au Cameroun, Luc Agbala laissa tomber la pratique du football au profit d’une formation de kinésithérapeute en France. De retour au pays, il portera les couleurs de Lomé1 avec une demi-finale en coupe africaine des clubs champions perdue face au Hafia FC de Guinée-Conakry. En raccrochant, il ne prendra pas pour autant ses distances avec les milieux du football. Le canonnier suit des cours d’arbitrage. Montant en grade, il officia au niveau international jusqu’en 1992.

Devenu directeur administratif du Stade Omnisports de Lomé, Luc Agbala Watékou reste l’une des rares anciennes gloires à occuper des postes de responsabilités à la Fédération togolaise de football (FTF). Il a effectué de nombreuses missions officielles pour le compte de la sélection togolaise. Ancien conseiller de la FTF (équipe Mémène3 de 1993 à 1998), l’ancien canonnier a également présidé aux destinées de la Commission centrale des arbitres (CCA). Terreur des défenses adverses, Luc Agbala reste un serviteur du football togolais. Le canonnier du football se remet d’une santé déficiente qu’il l’a contraint à se soigner à l’extérieur.

Par Ekoué Satchivi

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