Source LETOGOLAIS.COM - 18/09/2002

Rentrée scolaire : que de soucis pour les élèves du Togo !

Depuis lundi 16 septembre c’est la rentrée des classes et les inquiétudes renaissent. Les difficultés sont grandes, enseignants, parents, élèves et commerçants se scrutent. Bithor Jonas qui rentre en cours moyen première année est fier de sa nouvelle école : « papa ne voulait plus d’école publique, car il y a trop de grève ; il a préféré m’inscrire dans cette école privée, je suis content de rencontrer de nouveaux amis ».

Si les élèves montrent visiblement leur satisfaction ce n’est pas le même sentiment chez les parents dont certains cherchent encore de la place pour leurs enfants. Selon que l’élève fréquente une école privée ou un établissement public les frais scolaires sont largement inégaux. Les plus nantis préfèrent les écoles privées pour leurs enfants bien qu’ayant pourtant du mal à en supporter les coûts.

Les fournitures scolaires sont excessivement chères. Cette année les commerçants font la bonne affaire. En dehors des librairies traditionnelles comme la LIMUSCO (Librairie des Mutuelles Scolaires) d’autres étals se multiplient dans les marchés et aux carrefours des rues. Les stations d’essence suivent le mouvement en organisant des ventes dites promotionnelles.

Le prix du cahier a baissé non seulement par le fait de la concurrence mais par souci humanitaire. De 150 fcfa l’année dernière le prix d’un cahier de 100 pages Calligraphe est revenu à 140 fcfa pour, dit-on, décourager les importateurs. Au Togo deux sociétés ont le monopole de la fabrication des cahiers. Cette baisse est importante car le moindre centime perdu par un Togolais aujourd’hui constitue une fortune par ces temps de précarité. Pour la confection des uniformes d’écoliers, les couturières et les tailleurs font eux aussi de très bonnes affaires. Mlle Adokpo Madeleine est maîtresse couturière ; elle estime que la clientèle est très exigeante mais mauvais payeur : « certaines clientes à qui j’ai fait des tenues l’année dernière pour la classe de 6ème n’ont pas encore payé jusqu’aujourd’hui. Je veux presser le travail de celles qui payent bien, les bons comptes font les bons amis, dit-on ».

Les enseignants du secteur public se font autant de souci. Avec plusieurs mois d’arriérés de salaires ils espèrent que pour cette rentrée, le gouvernement fera un effort pour les rétribuer. Les responsables des écoles privées doivent remplir leurs classes pour assurer leur survie. Pour recruter leurs élèves , elles envahissent les radios, télévision et presse écrite de messages publicitaires. L’afflux de ces élèves est indispensable pour assurer la charge salariale des enseignants. Faute d’effectif certaines écoles n’hésitent pas à reporter la date de leur rentrée.

A cause de la situation socio-économique déplorable du pays, les inquiétudes des parents sont fondées quelque soit leur niveau de vie, l’éducation des enfants doit être assurée. A la veille de cette rentrée le Ministre de l’éducation nationale M. Charles Kondi Agba a fait un discours dans lequel il a souhaité une bonne reprise à tous.

La rédaction


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