Source L'AUTEUR - 24/07/2008

Quel homme, quelle femme pour la société togolaise ?

QUEL HOMME, QUELLE FEMME POUR LA SOCIETE AFRICAINE, NOTAMMENT TOGOLAISE ?

Dans le cadre d’une réflexion sur le thème de la renaissance africaine, de la promotion de l’éducation civique et sociale en Afrique et notamment au Togo, sans doute convenons-nous de ne pas s’enfermer dans le présent, et, dan la mesure où la qualité de l’homme et le devenir de la société dans laquelle nous sommes appelés à vivre sont étroitement liés, de se poser la question préalable de savoir quel homme, quelle femme, devons-nous préparer et pour quelle société !!!
J’ajouterai qu’au-delà même de cette réflexion, en une période où la propension est grande de ne parler d’avenir qu’en termes d’économie, de croissance, de production, de compétitivité internationale, de balance extérieure des comptes, ma démarche a pris le caractère d’une permanente nécessité. Je veux parler de la démarche qui me conduit à s’interroger, à ce propos, sur le problème soulevé par la préparation à la vie et aux responsabilités et par la formation dans notre société.


CIVISME : ETHIQUE OU IDEOLOGIE ?

Le civisme est une éthique, c’est à dire un ensemble de valeurs fondées sur un pluralisme d’influences culturelles. Le civisme est une éthique sociale par laquelle le citoyen se dote librement des moyens d’assumer pleinement toutes ses responsabilités au sein de la vie collective, publique ou privée. Il est également une éthique de comportement individuel, c’est à dire qui s’intègre aux concepts moraux dont l’homme se dote librement et auxquels il se réfère en permanence. Le civisme est un fait moral, il a ses exigences de comportement, non seulement pour le citoyen ordinaire, mais également pour l’élu, le responsable, le dirigeant.

Les citoyens et les dirigeants doivent toujours considérer la nécessaire exemplarité de leur action publique et privée, exemplaire qui exige d’eux :

Fidélité aux engagements pris ; courage et franchise vis à vis des mandats, en fonction des réalités lucidement analysées ; dévouement et désintéressement. Il n’est pas de civisme possible pour l’opinion, sans une morale politique rigoureuse de la part des responsables qui ne doivent jamais subordonner leurs actes aux intérêts de leur carrière personnelle, même diluée dans un destin collectif qui servirait d’alibi à des reniements injustifiables.



QUEL CITOYEN POUR QUELLE SOCIETE ?

La société en gestation ne devra plus être fondée sur des électeurs-sujets, mais sur des citoyens-responsables. Responsables d’eux-mêmes ; Responsables par les rôles multiples qu’ils seront en situation de pouvoir jouer ; Responsables de la vie collective sur les plans : économiques, social, culturel, politique et écologique.

De cette notion de responsabilités multiples découle le reste c.-à-d. les devoirs et les droits des individus et des groupes. De ce fait, se trouvent récusées les sociétés fondées sur des privilèges socio-économiques, sur la prééminence d’une minorité à vocation dirigeante préétablie, sur les systèmes bureaucratiques doctrinaires, sur un régime institutionnel autoritaire, sur le laisser-faire, de l’individualisme irresponsable, sur les égoïsmes, catégoriels et la préservation prioritaire des avantages acquis.

Le citoyen moderne Africain, notamment Togolais peut-il se satisfaire de l’état actuel de notre société ? Certes pas. C’est pourquoi, dans le cadre de ma réflexion à une société à ambition démocratique globalisée et progressive :
- où de l’écolier à l’étudiant, puis au travailleur, l’apprentissage des choses de la vie collective sera permanent, actif, et créateur.
- où la vie familiale pourra devenir un lieu d’initiation harmonieuse aux solidarités fondamentales.
- où l’engagement personnel librement choisi sera un des piliers de l’activité civique et sociale collective.
- où la notion de temps libéré sera prise en compte dans un esprit d’épanouissement personnel et d’action sociale généreuse.
- où la culture politique fera l’objet d’une libre recherche, d’une découverte et d’un vécu volontaire, collectivement et individuellement valorisants.
- où la solidarité nationale se fondera sur la priorité accordée à l’intérêt général et au bien public.
- où le consommateur sera lucide, vigilant et apte à s’affranchir des mises en condition mercantiles.
- où les médias seront des entreprises de libre culture, d’affranchissement politique, d’épanouissement personnel et d’enrichissement spirituel pour tous et pour chacun.
- où les nouvelles formes de l’économie sociale de la vie associative, des activités coopératives, de la pratique mutualiste pourront démontrer leur efficacité novatrice.
- où l’équité sociale permettra aux femmes de jouer pleinement leur rôle et d’accéder à la plénitude de leurs responsabilités, aux jeunes de n’être plus marginalisés et aux personnes âgées de rester intégrées à un système social pour partager leurs expériences avec la nouvelle génération et d’être des conseillers actifs au lieu d’être d’une assistance de simples ayants droit.
- où l’état se dotera d’institutions en harmonie avec la volonté collective de responsabilités partagées.
- où la conscience publique des peuples se mondialisera en découvrant les implications internationales d’une solidarité refusant l’exploitant des plus faibles par les plus forts.


LES CHAMPS D’APPLICATION DU CIVISME REDECOUVERT

La prise de conscience des données internationalistes et universalistes des problèmes vitaux de notre époque :
Les rapports entre les privilèges et la nécessité d’une nouvelle répartition des richesses, l’urgence d’une coopération efficace décentralisée.
L’éducation civique conçue dans sa plénitude et sa modernité doit nous permettre d’échapper à la fuite dans l’indifférence culturelle et de vivre activement la mondialisation de notre citoyenneté : à travers la connaissance et la reconnaissance de » l’autre » ( l’autre homme, l’autre ethnie, l’autre culture, l’autre système, etc ) doit être une préoccupation permanente, jamais éteinte, jamais sacrifiée, jamais négligée.

J’invite les associations, les partis politiques à travers des commissions à débroussailler mes réflexions, à prolonger la réflexion, à l’approfondir, avec la volonté de parvenir à un ensemble cohérent d’entreprises éducatives, collectives, progressives, résolues et soutenues, grâce auxquelles pourra prendre corps enfin cette citoyenneté nouvelle Africaine et Togolaise pour le besoin de nous tous et le développement des pays africains.

Le civisme, devrait avoir un sens social et de solidarité, avec des implications de l’économie sociale, une conscience de vie démocratique pour une pédagogie des droits de l’homme et de l’écologie.

Jacob ATA-AYI

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