Source L'AUTEUR - 14/09/2008

Adieu Atsutsé !

À la mémoire d'Atsutsé Agbobli, en ce jour de son enterrement.


À l’heure où,
Pour l’éternité,
L’on recouvre ton corps de terre,
Laisse-moi adjoindre aux dernières pelletées
Ces mots arrachés au plus profond de mon être.

Toute existence se tisse de jours et de nuits;
La tienne n’échappa pas à la règle,
Mais tes nuits
— Ô de fort belle manière —
Furent plus lumineuses que les jours de bien d’autres.

Tu voulus,
Contre vents de sollicitations
Et marées de dérisions,
Garder à ton verbe sonore et dérangeant
L’intransigeance d’une conviction,
La vaillance d’une vie de combat.

Les reptiles,
Bêtes incapables de toute élévation,
Se vautrent dans des marécages putrides;
Tu préféras t’abreuver
— Que de courage il te fallut!—
À la source rare mais limpide de la montagne.

Aujourd’hui,
Tu n’es plus,
Mais toi au moins tu auras vécu.
Non pas de rapines comme un chien sauvage
Ni d’indignités comme une âme damnée,
Mais de folle et noble espérance:
L’espérance en une Afrique moins tourmentée.

Adieu Atsutsé !

Paris, le 13 septembre 2008
Léon Amégan

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