Source LES VERTS - 17/02/2010

Election présidentielle au Togo: l’UE et la France doivent prendre leurs responsabilités

Communiqué de presse du 17 février 2010


L’élection présidentielle prévue pour le 4 mars 2010 au Togo se prépare dans de mauvaises conditions. Les listes électorales, fondées sur celles du scrutin législatif de 2007, sont quasi unanimement considérées comme déficientes. Le régime en place refuse d’organiser un scrutin à deux tours, comme le revendiquent les partis d’opposition pour assurer une Présidence élue par la majorité des suffrages. Un des principaux leaders de l’opposition, Kofi YAMGNAME, est interdit de candidature.

Dans ces conditions, il y a peu d’espoir que le TOGO puisse sortir renforcé de ces élections, avec un Président fort de la légitimation par les urnes.

Dans ces conditions, il y a peu d’espoir que le peuple togolais puisse finalement jouir de droits démocratiques et d’un avenir pacifié.

Sous pression de la communauté internationale, un accord politique global (APG) conclu en 2006 entre les principales formations politiques au Togo avait permis la reprise de la coopération de l’Union européenne, suspendue depuis 1992 pour "déficit démocratique". Jusqu’ici, aucune des réformes préconisées par l’APG n’a vu le jour.

L’UE, principal financeur de l’élection dans le cadre d’un "Projet d’Appui aux Processus Electoraux", a délégué à la société belge Zetes la fourniture de kits électoraux qui se révèlent d’ores et déjà très défectueux, ainsi qu’un volet "sécurisation de l’élection" mis en oeuvre par l’Agence Française de Développement et doté notamment de 500 000 euros pour équiper une "Force Sécurité Election présidentielle 2010" (FOSEP) dirigée par un homme que l’Organisation mondiale contre la torture qualifie de tortionnaire. Ce mandat donné à l‚ADF est pour le moins ambigu au regard de la complicité historique de la France avec la dictature et les forces de répression togolaises.

Les Verts demandent donc au gouvernement français et à l’Union européenne de prendre leurs responsabilités et d’intervenir d’urgence pour appuyer les demandes légitimes de l’opposition togolaise et pour créer un cadre qui permette que ces élections se passent dans de bonnes conditions. Tout doit en effet être mis en ˛uvre, y compris engager un report des élections à l‚initiative de l‚ensemble des forces politiques et sociales togolaises, pour éviter une dégradation de la situation et la répétition éventuelle des violences qui, lors de la dernière élection présidentielle en 2005, ont vu 500 Togolais périr et 40000 autres être contraints de fuir leur pays.


Les Verts

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