Source SOCIETE CIVILES - 15/11/2011

Déclaration de la Société Civile sur la situation d’insécurité qui prévaut au Togo

Plus d’une quinzaine de corps retrouvés sans vie à Agoe, Adidogome et leurs environs

Depuis plus de trois mois déjà, certains quartiers de la capitale sont le théâtre de crimes crapuleux et odieux commis sur des populations notamment des jeunes femmes.

Plus d’une quinzaine de corps sont déjà retrouvés dans les banlieues de la capitale, à Agoe, Adidogome et leurs environs. Les victimes, pour la plupart du temps, sont vidées de leur sang ou mutilées et amputées de leurs parties intimes.

C’est dans ce contexte que dans la nuit du 07 novembre dernier, les nommés Tchedina Egbare, Nabede Pawoubadi, Lare Kokou Manka, tous étudiants à l’Université de Kara, ont été enlevés nuitamment par des agents de sécurité.

Monsieur Hervé Kpatimbi Tyr, enseignant de Commentaire Stylistique en Lettres Modernes en la même Université a été également enlevé à son domicile aux environs de quatorze heures, le vendredi 11 novembre 2011. Les organisations de la société civile tiennent vivement à rappeler que tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité, à l’intégrité de sa personne et que nul ne peut être arbitrairement arrêté et privé de sa liberté.

Les organisations de la société civile demandent que ces personnes enlevées soient immédiatement relaxées et invitent les Officiers de la Police Judiciaire à respecter la procédure en matière d’interpellation et de garde à vue.

Les organisations de la société civile s’indignent en outre de l’inertie complice et coupable des autorités et restent très préoccupées du fait que depuis l’annonce de ces évènements macabres, aucune enquête sérieuse n’a été diligentée en vue d’arrêter les auteurs qui courent toujours.

Les organisations de la société civile s’étonnent que la question n’a fait l’objet d’aucune communication en conseil des ministres jusqu’à ce jour, pas plus que l’Assemblée Nationale qui devrait interpeller et écouter le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile sur un sujet au centre duquel se trouve la vie des êtres humains.

Face à cette insécurité ambiante et grandissante, les organisations de la société civile crient leur ras le bol et demandent instamment aux autorités compétentes d’ouvrir dans les brefs délais une enquête indépendante en vue de faire la lumière sur ces crimes crapuleux sources de psychose généralisée au sein des paisibles populations.

Aussi, les organisations de défense des droits de l’homme appellent les populations togolaises de bien vouloir les tenir informées dans les meilleurs délais afin que des actions immédiates et conséquentes soient menées en leur faveur.

Les organisations de la société civile exigent que le gouvernement en général et le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile en particulier, prennent des mesures urgentes, idoines et adéquates pour garantir l’intégrité physique et mentale, la vie ainsi que la sécurité de nos populations.

Les organisations de la société civile mettent en garde les autorités en charge de la sécurité dans notre pays qu’un meurtre de plus sera considéré comme de trop et constituera la goutte d’eau qui fera déborder le vase.

Ont Signé

Pour l’ATDPDH : Madame Ayélé DOGBE
Pour le CACIT : Me Zeus AJAVON
Pour le RAJOSEP : Monsieur Sylvio COMBEY
Pour la LTDH : Me Raphaël N. KPANDE-ADZARE
Pour ACAT-TOGO : Me Jil-Benoît K. AFANGBEDJI
Pour la CTDDH : Monsieur Carlos KETOHOU

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