Source AFP - 06/07/2012

Togo - Un meeting de l'opposition dispersé à Lomé à coups de gaz lacrymogène

AFP-05 Juillet 2012 - Un rassemblement du collectif "Sauvons le Togo" a été dispersée jeudi après-midi à Lomé par les forces de l'ordre avec des tirs de grenades lacrymogènes, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Sauvons le Togo" regroupe neuf organisations de la société civile et sept partis et mouvements politiques de l'opposition, dont l'Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre et l'Organisation pour bâtir dans l'union un Togo solidaire (OBUTS) de l'ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo.

Un important dispositif de gendarmes et de policiers a été déployé autour d'un petit stade où devait se dérouler ce meeting. Des manifestants qui tentaient de se diriger vers le stade ont été dispersés par des tirs de grenades lacrymogènes.

Certains manifestants se sont repliés devant l'ambassade de France où ils ont observé quelques minutes de sit-in avant d'être dispersés à leur tour par les forces de l'ordre au gaz lacrymogène.

"Le gouvernement nous a empêché d'organiser un meeting d'explication dans un stade. Nous ne comprenons plus nos autorités. A cette allure, le gouvernement cherche l'affrontement", a déclaré à l'AFP Francis Pedro Amuzu, un membre du collectif.

"Des gaz lacrymogènes nous ont été lancés devant l'ambassade de France. Nous constatons que nous ne pouvons plus jouir du droit constitutionnel dans notre pays", a-t-il indiqué.

Selon des sources proches du gouvernement, le meeting n'était pas autorisé.

"Sauvons le Togo" a déjà organisé les 12 et 13 juin une série de manifestations à Lomé pour dénoncer notamment l'adoption par l'Assemblée nationale, où le parti du pouvoir est majoritaire, d'une loi modifiant certaines dispositions du code électoral alors qu'un scrutin législatif doit avoir théoriquement lieu en octobre.

Les forces de l'ordre avaient alors tiré aussi des grenades lacrymogènes pour disperser la foule. Le collectif a affirmé qu'au total 119 personnes avaient été blessées, dénonçant la "répression" par les autorités.

Le gouvernement a lui indiqué que 22 policiers avaient été blessés, accusant des manifestants d'avoir lancé contre eux des projectiles et érigé des barricades.

L'Assemblée nationale a adopté le 25 mai une loi modifiant certaines dispositions du code électoral, puis, une semaine plus tard, un texte portant de 81 à 91 le nombre de députés pour la prochaine législature.

"Sauvons le Togo" accuse le pouvoir d'avoir "unilatéralement" modifié ces textes et exige leur abrogation.

Le collectif estime que de telles modifications doivent faire l'objet d'un consensus au sein de la classe politique.

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