Source PANA - 11/09/2012

Togo: dialogue politique sur fond de boycott et de tension

PANA-11/09/2012 - Le dialogue politique auquel sont conviés des acteurs de la vie politique et de la société civile s’est ouvert ce lundi à Lomé, présidé par le Premier ministre, Arthème Kwesi Séléagodji Ahumey-Zunu, sur fond de boycott des ténors des formations politiques de l’opposition, a constaté la PANA. A l’ordre du jour : les discussions sur le cadre électoral, le découpage des circonscriptions électorales, des réformes institutionnelles et constitutionnelles avec comme témoins des représentants de l’Union européenne(UE) et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), les deux principaux bailleurs de fonds pour les élections au Togo.

De sources proches du Dialogue, comme il y a eu plusieurs discussions sur ces sujets entre les acteurs politiques et surtout après l’Accord politique global (APG) de 2006, ayant eu un large consensus aboutissant à l’organisation des législatives de 2007 et à la présidentielle de 2010, il a été question ce lundi de dégager les points-clés de ces consensus et d’en faire une synthèse servant de base de discussions.

Sur la base de cette synthèse, seront organisées des séances dans les jours à venir pour des discussions devant aboutir à des accords.

Mais, hormis le parti Union pour la République (UNIR) de Faure Gnassingbé, l’Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio, la Convergence patriotique panafricaine (CPP), le Parti pour la démocratie et le renouveau (PDR) de Zarifou Ayéva, Alliance de Dahuku Péré, le Groupe d’action Femme, démocratie et droit de l’homme (GF2D) et le Réseau Femme, anciennes ministres et parlementaires (ReFAMP), branche du Togo, les partis politiques de l’opposition ont boycotté la séance avec des arguments divers.

La Convention démocratique des peuples africains (CDPA) de Léopold Messan Gnininvi, aujourd’hui dirigée par Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, ex-candidate à la présidentielle de 2010, a justifié son absence: 'les conditions ne sont donc pas encore réunies pour un dialogue utile au Togo et la balle est dans le camp du président de la République, qui en la matière, a une obligation de résultat'. 'La CDPA constate qu’à ce jour, le gouvernement n’a envoyé en direction de la classe politique et du peuple togolais aucun signal fort indiquant qu’il entend procéder à la limitation du mandat présidentiel avec effet immédiat, principale préoccupation de la CDPA et de l’immense majorité des togolais. Car, le parti est convaincu qu’un engagement clair sur la limitation du mandat présidentiel avec effet immédiat est seul à même d’instaurer un climat apaisé et serein pour des discussions débouchant sur des solutions durables à la crise socio-politique dans notre pays', a-t-elle ajouté.

Même son de cloche auprès du Comité d’action pour le renouveau (CAR) de Me Yawovi Agboyibo, qui table sa revendication sur la décision du pouvoir en place de se prononcer sur le cas du mandat présidentiel pour une réelle alternance au Togo.

Dans les textes, le problème de limitation de mandat se pose, et l’opposition soupçonne le parti au pouvoir de vouloir bloquer toute alternance dans le pays.

Au niveau de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS), de l’ex-Premier ministre, Messan Agbeyomé Kodjo, deux exigences primordiales : 'la présence du chef de l’Etat Faure Essozimna Gnassingbé et d’un médiateur international crédible'.

Le Parti pour le renouveau et la rédemption de Nicolas Lawson, petit parti de l’opposition, se prononce plutôt pour la formation d’un gouvernement dirigé par un membre de l’opposition avant les législatives.

Quant à l’Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre qui fait office du plus grand parti de l'opposition aujourd’hui, après la participation de l’UFC au gouvernement dont il était issu, les préalables sont multiples.

Dans une lettre-réponse adressée au Premier ministre suite à l’invitation du parti au dialogue, l’ANC exige : 'la restitution des matériels confisqués lors des manifestations des 12 et 13 juin 2012 (véhicules, matériels de sonorisation et de podium), le respect des lois relatives à la liberté de manifester ; la mise en œuvre des recommandations de la CNDH (Commission nationale des droits de l'homme) et de la CVJR (Commission Vérité Justice et Réconciliation) ; le retour effectif des neuf députés de l’ANC à l’Assemblée nationale (ndlr : renvoyés en 2010 suite à des manœuvres politiciennes du pouvoir), conformément aux décisions de la Cour de Justice de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest)'.

Pour le Premier ministre Ahumey-Zunu, lors de l’ouverture de ce dialogue, 'il est temps de redonner confiance au Togolais', soulignant que ceux qui sont absents peuvent être consultés à tout moment pour enrichir le débat.

Le pont semble être cassé, puisque l’opposition qui se dit toujours flouée lors des dialogues par la non mise en œuvre des accords, durcit sa position.

Pana 11/09/2012

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