Source NOUVEL OBSERVATEUR - 29/11/2012

De la sincérité des observateurs français en Afrique concernant la réalité des scrutins

Pour l’instant, Copé et Fillon restent campés sur leurs positions. Nicolas Sarkozy, en pompier de service pour l’UMP, a proposé une voie de sortie aux deux belligérants. Il s’agit de faire un référendum en demandant aux militants s’ils veulent revoter. Copé et Fillon par leurs intransigeances ont recouvert la proposition de Sarkozy en confinant celui-ci à une impuissance symbolique, une façon de lui dire : "vous n’êtes pas le sauveur, votre temps est passé, même si votre influence continue d’exister au sein du mouvement, nous allons tout faire pour prendre le parti et montrer votre impossibilité de retour éventuel". Le problème est que Sarkozy, avant la campagne pour la présidence du parti, avait reçu Copé et Fillon en espérant que la victoire de l’un sur l’autre ne serait pas très importante. C’est le cas, mais il n’avait pas anticipé que cette victoire serait entachée de tricheries, de magouilles.

Humilité et politique

Sous des cieux africains, on parlerait de bourrage d’urnes. D’ailleurs, cette élection guignolesque au sein de l’UMP par son organisation et par ses résultats contestés, doit amener la classe politique française à plus d’humilité et de maintien intellectuel quand ils dénoncent la tricherie lors des scrutins électoraux en Afrique en général, et dans l’Afrique francophone en particulier. On peut s’interroger sur la sincérité des observateurs français qui, en Afrique, jouent le rôle de contrôleurs concernant la réalité des scrutins et des résultats.

C’est dommage car, ce qui se passe au sein de l’UMP (même si ce n’est pas au niveau de l’État) donne prétexte à certains dirigeants des partis politiques africains pour dire que la France n’a pas le monopole de la sincérité démocratique, contrairement à l’image qu’elle veut bien donner à voir face à ses citoyens et au reste du monde. Certains journalistes africains franchissent allègrement le pas en disant que, si une partie de la classe politique africaine est corrompue, c’est parce qu’elle trouve dans certains hommes politiques français les habits normaux de corrupteurs.

Par Lucien Pambou
Conseiller municipal (UMP)

Publié dans le NOUVEL OBSERVATEUR le 29-11-2012 à 09h02

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