Source TOGODEBOUT - 11/12/2018

Togo: Déclaration TogoDebout à la Place de la République le 8 décembre 2018

GRAND RASSEMBLEMENT DE LA DIASPORA TOGOLAISE,
DES PANAFRICANISTES ET DES AMIS DU TOGO
LE 8 DECEMBRE 2018 A LA PLACE DE LA REPUBLIQUE A PARIS


Chers compatriotes, chers camarades africains en lutte pour l’alternance démocratique, chers amis du Togo,

En juillet 2018, dans la proposition de sortie de crise que le Collectif TogoDebout avait fait parvenir à tous les protagonistes de la crise politique, aux deux facilitateurs, ainsi qu’aux membres de la Commission de la CEDEAO impliqués dans la résolution de la crise politique togolaise nous écrivions ceci :

« Il est nécessaire que la communauté internationale, prenne en compte la conclusion à laquelle beaucoup de togolais sont arrivés : le système GNASSINGBE n’est pas réformable et restera un éternel frein à l’avènement de la démocratie et de la bonne gouvernance au Togo et dans la sous-région ! Il est temps de l’abolir. »

Et nous poursuivions en mettant en garde que « De nouvelles élections organisées par les tenants de l’Etat de terreur déboucheront immanquablement sur les violences et tueries post électorales habituelles. »
Ce que nous écrivions au sujet du Togo, est hélas également valable pour nombre de pays de l’Afrique Centrale, de l’Afrique des grands lacs et de la corne de l’Afrique.

Au Togo comme au Gabon, au Cameroun, au Tchad, au Congo, en RDC etc…les systèmes dictatoriaux mis en place et entretenus par ce que les fondateurs de l’association Survie ont baptisé la Françafrique reposent tous sur les piliers suivants :

− La prédation des ressources économiques et matérielles du pays au profit d'une poignée de fidèles, au détriment d'une écrasante majorité de la population qui croupit dans la misère ;
− Une armée clanique, non républicaine, répressive assurant le maintien au pouvoir d’un autocrate, voire d’une dynastie, par l’arbitraire, la terreur ainsi que par le contrôle de l’administration territoriale et des institutions économiques publiques ou privatisées, bref par une mainmise totale sur le pays ;
− L’impunité garantie à cette armée ainsi qu’à ses milices supplétives, pour toutes les exactions, actes illégaux, trafics mafieux qui sont le fondement de son hégémonie politique et économique ;
− Le non-respect des engagements et accords signés tout au long des crises politiques récurrentes, à rebondissements réguliers, que traversent ces pays depuis le début des revendications démocratiques en 1990 ;
− La mainmise sur toutes les institutions de la République, institution judiciaire comprise, et leur instrumentalisation à des fins de répression, de pérennisation du système et de conservation du pouvoir dans le giron familial ;

Basée sur le clientélisme, le népotisme et la corruption, la gouvernance de ce système ne laisse aucune chance au développement du pays. Les secteurs de l’éducation et de la santé sont sinistrés, sans aucun espoir de redressement sous ces régimes. Le chômage, endémique, est le lot commun des jeunes qui voient leur avenir compromis. La justice et l’administration sont aux ordres.
Il est clair que face au long règne de 52 ans d’une même famille et à la situation explosive dans laquelle le Togo se trouve, vouloir appliquer, de nouveau, les vieilles recettes préconisées en 2005 par la CEDEAO serait suicidaire ».

Et nous y revoilà ! après avoir installé Faure GNASSINGBE au pouvoir en 2005, au décès de son père au prix d’un massacre qui a couté la vie à au moins 500, voire plus de 1000 citoyens togolais, la même CEDEAO propose comme solution de sortie de la crise togolaise à répétition, des élections législatives.

Et l’organisation Ouest africaine garde le silence, lorsque sont foulées aux pieds, les réformes et les mesures d’apaisement consistant en la libération d’une cinquantaine de prisonniers politiques, ainsi que les réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales préconisées dans la feuille de route qu’elle a émise le 31 juillet dernier et qui devaient se tenir avant les élections législatives. Mais de cette feuille de route, le système RPT-UNIR n’a retenu que la seule chose qui l’intéressait à savoir la date du 20 décembre 2018 pour les élections législatives, date donnée à titre indicatif pour les élections législatives, comme l’a précisé ultérieurement l’un des facilitateurs.

C’est pourquoi les togolais se sont levés comme un seul homme pour :
➢ Exiger la libération de tous les réfugies politiques avant les élections
➢ Demander la levée du blocus imposé depuis plus d’un an aux villes du nord du Togo, là où les caméras des télévisions étrangères ne vont jamais
➢ Dire non à la dictature des Gnassingbé
➢ Exiger qu’aucune élection n’aie lieu au Togo tant que les reformes attendues depuis 2004 puis 2006 n’auront pas été faites,
➢ Dénoncer la complaisance de la CEDEAO face à cette dictature ;
➢ Protester contre la complicité silencieuse de la France
➢ Exiger la fin de l’impunité et la démission de Faure Gnassingbé

Fait à Paris, le 8 Décembre 2018

Pour TogoDebout Europe,
Le coordinateur général
Karl GABA

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