25/06/2022

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Indignation Internationale à géométrie variable : le cas du Togo

A la mort de Gnassingbé Eyadema (après 38 ans de « règne » !!!), le 5 février 2005, l’armée togolaise prend la décision de confier le pouvoir au fils de Gnassingbé Eyadema, Faure Gnassingbé Eyadema !! La ficelle étant vraiment trop grosse, car la CEDEAO avait « réagit « … Ce nouveau Démocrate décide d’organiser une élection présidentielle… Celle-ci a lieu le 24 avril 2005 avec, en lice, des concurrents qui « conviennent  » au jeune Démocrate.

En effet, l’un des principaux opposants, Gilchrist Olympio, n’est pas autorisé à se présenter en raison de son exil en France. La constitution prévoyant qu’un candidat à l’élection présidentielle doit vivre sur le sol togolais l’année précédant l’élection. Cette règle empêchera également Kofi YAMGNANE, ancien ministre français possédant la double nationalité de se présenter malgré son souhait.

Le 22 avril 2005, deux jours avant le scrutin, François BOKO, ministre de l’Intérieur du gouvernement intérimaire, demande le report du scrutin. Il dénonce dans une conférence de presse, « un processus électoral suicidaire  » en soulignant les risques de violences, des manquements graves dans la préparation de ce scrutin et « un regain de discours tribal, régionaliste et xénophobe « . Il est aussitôt limogé et se réfugie à l’ambassade d’Allemagne…
Le 24 avril 2005, jour du scrutin, de nombreux incidents ont eu lieu pendant le déroulement du vote. Au moment du dépouillement des violences éclatent à la suite de mouvements de foule dénonçant des [vols d’urnes par l’armée (images diffusées par les télévisons dans le monde entier)->http://www.youtube.com/watch?v=h7HvKEktg0U], et divers autres incidents de ce type.

Plusieurs dizaines de morts et des blessés sont à déplorer. A la proclamation des résultats, le 26 avril 2005, Faure Gnassingbé Eyadema est Evidemment déclaré « vainqueur « des élections …

À l’annonce de l’élection de Faure Gnassingbé, de nombreux jeunes partisans de l’opposition descendent dans la rue au cri de  » on nous a volé notre victoire « . Ils érigent des barricades et brûlent des pneus. L’armée intervient et lance des grenades lacrymogènes.

Des affrontements violents ont lieu aussi bien dans la capitale que dans de nombreuses villes du pays forçant des milliers de Togolais à l’exil au Bénin. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) dénombre plus de 26 000 réfugiés togolais dans ce pays.

[Un rapport de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH)-> http://www.letogolais.com/pdf/Rapport_ONU_Togo.pdf] dénonce les « crimes abominables perpétrés par les putschistes contre le peuple togolais  » et dénombre 21 morts et 163 blessés avant la campagne et 790 morts et 4 345 blessés entre le début de celle-ci et le 5 mai. Soit au total 5 319 victimes occasionnées par la répression organisée par le gouvernement.

En France, Jacques CHIRAC déclare regretter la perte d’un « ami personnel  » après le décès de Gnassingbé Eyadema. Le ministre des affaires étrangères, Michel Barnier, déclare pour sa part au lendemain des élections : « Nous sommes heureux des conditions globalement satisfaisantes dans lesquelles se sont déroulées les élections d’hier malgré un certain nombre d’incidents « …, élections qu’il considère comme un « succès…

Ces déclarations déclenchent un tollé, amplifié par la publication par l’opposition togolaise de notes d’informations de la représentation de l’Union Européenne dénonçant des fraudes majeures.

Le 12 mai 2005, le Parlement Européen adopte une résolution contestant la « légitimité des autorités issues du scrutin « , dénonce de « graves irrégularités  » et réclame la tenue de nouvelles élections, menaçant de bloquer les aides accordées par l’Union.

Cette position s’appuie notamment sur un rapport confidentiel de représentants de la Commission Européenne qui dénonce des fraudes massives. Il y aurait eu, d’après ce rapport, environ 900 000 électeurs fictifs dans les régions réputées favorables au pouvoir en place.

Le 26 septembre 2005, une mission du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, dirigé Doudou DIEGNE, rapporteur spécial de l’ONU, a rendu public un rapport sur les violences qui se sont déroulées à la suite du décès du président Gnassingbé Eyadéma. Ce rapport annonce qu’entre 400 et 500 personnes ont été tuées entre le 5février (décès du président Gnassingbé Eyadéma) et le 5 mai (entrée en fonction de son fils : Faure Gnassingbé).

Selon ce rapport,  » un degré jamais enregistré de violence  » a régné sur le pays. Et ce sont principalement les autorités qui en ont été la cause.
Après la proclamation de la victoire de Faure Gnassingbé, le 26 avril 2005,  » les forces de l’ordre, en coordination avec des militants du parti au pouvoir, le Rassemblement du Peuple Togolais, ont déclenchés des actions de riposte d’une grande violence. Des  » commandos de l’armée chargés avec des véhicules préparés à cet effet non seulement d’écraser des manifestants et des militants, mais également de ramasser et de faire disparaître systématiquement les cadavres « .

Des tortures  » atroces et aveugles  » ont été commises à une grande échelle. 2 500 soldats habillés en civil et armés de coupes-coupes, machettes et gourdins cloutés auraient été regroupés en unités de 200 pour porter un appui aux militants du RPT afin de réprimer les manifestations de l’opposition. À l’issue de leurs exactions des militaires  » auraient reçu 20 000 francs CFA (30,50 euros) chacun pour, selon les traditions locales procéder à des cérémonies de purification afin d’éviter d’être poursuivis par les esprits de leurs victimes …  »

A ce jour, aucun responsable des exactions envers la population n’a été poursuivi en justice….

A ce jour personne n’a entendu la  » communauté internationale « …
Entretemps, [une nouvelle farce électorale a eu lieu le 4 mars 2010_> http://www.letogolais.com/article.html?nid=4143] dernier…

A l’issue de cette mascarade, Faure Gnassingbé, 43 ans, fils du général-président Gnassingbé Eyadéma, l’aurait officiellement remporté avec 60,92 % des voix !!!

Les résultat ont été, bien entendu, validés par une  » cour suprême  » notoirement reconnue aux ordres, et composée de magistrats qui n’ont jamais, jamais su dire le DROIT.

Comme d’habitude, ces résultats ont été également reconnus par cette même communauté internationale qui fait semblant, AUJOURD’HUI de s’indigner à propos du cas de la Côte d’Ivoire !!!

CYNISME ou MEPRIS ???

Par Raymond BENI