25/06/2022

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Koffi Sama et Faure Gnassingbé à l’UE : le moment de la décision

Koffi SAMA est un brave bougre, corvéable à merci. Il a le profil de l’emploi…C’est la réflexion qu’inspirent ses pérégrinations européennes depuis qu’il est entré en fonction comme Premier ministre. Il n’a pas peur ni du ridicule ni d’essuyer des rebuffades dans les chancelleries occidentales.

En effet, depuis que notre homme a pris le 14 avril 2004, 22 engagements auprès de l’union européenne, il essaye en vain de mettre en œuvre une stratégie de contournement, évitant de tenir les engagements essentiels à savoir, engager un véritable dialogue avec l’opposition et réviser le cadre électoral en vue l’organisation d’élections législatives transparentes démocratiques et ouvertes à tous. Ainsi, on a l’impression depuis cette date, que ce régime n’a qu’un seul souci, donner l’impression à l’Union européenne que tout va bien désormais au Togo et que les problèmes togolais sont résolus.

Dans cette perspective, Ouattara Natchaba, Faure Gnassingbé, Pitang Tchalla, Edem Kodjo, Zarifou Ayéva sont chargés régulièrement de se rendre en Europe pour faire de la propagande. Cet été, on s’en souvient, Koffi SAMA se rendit dans diverses capitales européennes pour dire les mêmes antiennes. En Allemagne surtout, il essuya de cinglantes rebuffades. Natchaba pour sa part fit les frais de la franchise du député européen Michael GAHLER (Groupe du Parti populaire européen Démocrates-chrétiens-Commission du développement, Vice-président -Délégation à l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE, Vice-président) qui n’hésita pas à dire à son interlocuteur qu’une discussion n’était possible qu’après le départ du pouvoir de Gnassingbé Eyadéma. A part la capitale française où ce régime compte de solides soutiens, les voyages de Natchaba, Faure Gnassingbé, Edem kodjo et autres ne sont que des virées inutiles tant que les engagements pris n’auront pas été respectés.

Les termes mêmes de la décision du conseil du 15 novembre sont on ne peut plus clairs. La crise togolaise n’est pas seulement un problème des droits de l’homme, mais c’est aussi et surtout un problème politique. Voilà ce que rappelle au gouvernement togolais l’Union européenne. Or, au lieu de mettre en œuvre une dynamique pour aboutir à un consensus comme cela se fit en juillet 1999 (Accord-cadre de Lomé), Eyadéma et Sama font diversion.

Bien que le discours officiel à Lomé annonce la reprise de la coopération avec l’union européenne, Koffi Sama et Faure gnassingbé se sont précipités à Bruxelles la semaine dernière pour rencontrer le nouveau Commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire, Louis Michel. Il s’agissait de convaincre la Commission que le gouvernement togolais a tenu ses engagements. Il est certain que les émissaires du dictateur togolais n’ont pas obtenu gain de cause. La position européenne est claire et constante : engager un dialogue efficace et crédible avec l’opposition et réviser le cadre électoral de manière consensuelle. On comprend alors la discrétion qui a entouré ce voyage et l’audience accordée par Louis Michel à Sama.

Ceci explique alors la décision prise mardi dernier par Natchaba de reporter la discussion et l’adoption du Code électoral. L’examen et l’adoption du projet de loi ont été renvoyés sine die. Doit-on penser que les gens du RPT sont revenus à la raison ? On ne peut jurer de rien avec ces eux ! Il est cependant certain que, compte tenu des délais à respecter, Eyadéma va prendre une initiative pour faire croire en sa bonne disposition à dialoguer.

Paradoxalement, s’il choisit de passer en force et de ne pas tenir compte des exigences de l’union européenne, la situation sera clarifiée et tous les acteurs de la vie politique togolaise, y compris le peuple devront prendre leur responsabilité pour qu’une alternance soit possible au Togo.

Le rédaction letogolais.com