03/12/2022

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La coalition de l’opposition togolaise fragilisée par le départ de l’UFC

LOME, 28 fév (AFP) – 13h19 – La Coalition des Forces Démocratiques (CFD), regroupement des principales formations politiques de l’opposition togolaise, privée d’un de ses poids lourds avec le départ de l’UFC de Gilchrist Olympio, se retrouve fragilisée à l’approche de l’élection présidentielle, prévue en principe en 2003.
Secouée depuis quelques jours par des dissensions internes, la CFD – alliance de neuf partis et sensibilités politiques – est affaiblie depuis la décision, mardi, de l’Union des forces du changement (UFC) principale formation de l’opposition, de quitter ses rangs.

Le retrait du parti de Gilchrist Olympio vise à protester contre l’entrée de la CFD dans la nouvelle Commission électorale nationale indépendante (CENI), chargée de superviser la prochaine élection présidentielle.

Le 19 février, la CFD avait envoyé la liste de ses représentants à la CENI, répondant ainsi favorablement à la demande du Premier ministre, Koffi Sama. Les responsables de l’UFC ont estimé qu’ils ne pourront plus continuer à militer au sein de cet organe, dont « la stratégie et les actions ne sont ni cohérentes, ni lisibles ».

Créée à la veille des dernières élections législatives, la CFD est la première alliance au Togo regroupant toutes les formations de l’opposition dite « traditionnelle ».

Au lendemain de sa création, certains observateurs avaient toutefois émis des doutes sur la « bonne foi » des leaders de certains partis politiques ayant intégré cette alliance et sur sa longévité.

« Cette situation ne me surprend pas. Je m’attendais à tout moment à l’éclatement de cette union, parce que certains responsables de partis politiques membres de cette alliance n’ont pas les mêmes points de vue. Les intérêts visés ne sont pas les mêmes », a déclaré à l’AFP un diplomate en poste dans la capitale togolaise.

Ces derniers jours, certains journaux togolais ont sévèrement critiqué l’UFC, estimant que ce parti a « signé l’arrêt de mort » de la coalition d’opposition.

« L’UFC doit prendre position et éviter de mener tout un peuple en bateau. Il doit comprendre que les Togolais en ont assez de toute la classe politique », commente l’hebdomadaire « Le Combat du peuple ».

« Tout compte fait, le plus important reste la survie de la CFD face au veto de l’UFC. Les autres partis membres doivent prendre leurs responsabilités devant l’histoire et la fin justifiera les moyens », conclut le journal.

Cette fracture de l’opposition « traditionnelle » apparaît alors qu’une élection présidentielle très attendue doit en principe être organisée en 2003.

Le président Gnassingbé Eyadéma, qui vient de fêter ses 36 ans de pouvoir, a en plusieurs occasions annoncé sa volonté de passer la main en 2003, comme le prévoyait la Constitution « ancienne formule ».

Pour mettre fin à dix ans de tensions politiques, le pouvoir et l’opposition avaient même conclu un accord, en juillet 1999, baptisé « Accord Cadre de Lomé » (ACL) qui prévoyait notamment des législatives anticipées et le retrait du président Eyadéma en 2003.

Mais, le 30 décembre dernier, le Parlement togolais a procédé à des modifications constitutionnelles ouvrant notamment la voie à une nouvelle candidature du général Eyadéma.

Ce dernier ne s’est pas encore prononcé officiellement sur son éventuelle candidature, mais le président de l’Assemblée nationale, Fambaré Ouattara Natchaba, s’est exprimé la semaine dernière en faveur d’un nouveau mandat pour le président Eyadéma, au cours d’un « meeting de soutien » organisé à Lomé en présence du Premier ministre et de nombreux responsables du parti au pouvoir, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT).