26/06/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

La Concertation ne reconnaît plus Eyadema comme Président du Togo

Communiqué de Presse de la CNSC

La Cour constitutionnelle a proclamé ce jeudi 12 juin les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 1er juin 2003. Ils donnent vainqueur le candidat du RPT, Gnassingbé Eyadèma, avec 57, 78% des suffrages exprimés.

La Concertation nationale de la Société civile du Togo, réseau indépendant d’acteurs de la société civile nationale, ayant suivi l’ensemble du processus du scrutin présidentiel depuis janvier 2003 ;

Considérant le travail d’observation et de monitoring de l’ensemble des opérations de la consultation effectué par le Conseil national de surveillance des élections (CONEL) ;

Vu les résultats de l’élection rendus publics par le CONEL le 4 juin 2003, rendant compte de manière fidèle, exhaustive, intelligible et transparente des conditions de déroulement de l’élection et des résultats réellement recueillis par chacun des six candidats en lice ;

Vu les preuves de fraudes massives faites de : bourrage d’urnes, achat de consciences, actes de violence et d’intimidations sur les électeurs, trafics d’urnes, falsifications de procès verbaux de résultats, etc. ;

Constatant la corruption organisée au profit du candidat du RPT et impliquant : toute l’Administration électorale, les ¾ des membres de la CENI, tous les observateurs internationaux, toute la presse accréditée nationale et internationale;

Considérant les conditions juridiques et politiques d’organisation du scrutin ;

Vu le refus de la CENI et de l’Administration électorale d’accepter l’audit du fichier électoral tel que proposé par le CONEL qui a fourni des experts assermentés à cet effet ;

Vu les entraves multiples posées par le gouvernement à l’implication des organisations de la société civile togolaise dans l’organisation de cette consultation, notamment pour la sensibilisation de l’électorat et l’observation des opérations de vote ;

Vu les conditions d’opacité, créées à dessein par le RPT et ses démembrements de l’Administration publique pour favoriser l’élection du président sortant ;

La Concertation déclare ce qui suit:

1- L’ensemble des structures impliquées dans l’organisation et la supervision de l’élection dépendent intimement du pouvoir RPT ; toutes leurs prestations sont entachées par des irrégularités dues à l’obligation de dévotion au chef suprême.

2- En dépit des conditions défavorables pour un scrutin libre et transparent, et les fraudes organisées à son profit, le candidat Gnassingbé Eyadèma n’a pas remporté l’élection du 1er juin. Il arrive en troisième position (22,27%) selon les résultats crédibles du CONEL, derrière Akitani-Bob Emmanuel(PFC : 36,31%) et Péré Maurice(PSR : 22, 96). Ces résultats sont les seuls à prendre en compte.

3- Le CONEL, suite à la publication de ses résultats, a fait appel officiellement à l’ONU et à l’UA en vue de l’envoi diligent au Togo d’une Commission d’experts, pour arbitrer les résultats divergents sortis des urnes ; écouter les témoignages (plus de quatre mille compatriotes à ce jour) des membres des bureaux de vote, des fonctionnaires de préfectures, des membres des CELI, des agents du Ministère de l’intérieur, des citoyens électeurs de bonne foi et des membres de la CENI.

4- Les résultats de la Cour constitutionnelle sont irrecevables, parce que ridicules et sans fondement crédible. Chacun des membres de cette institution outre le fait d’être militant du RPT a été soudoyé pour la circonstance afin de déclarer le candidat Eyadema vainqueur.

La CNSC constate au regard de l’environnement politique actuel :
1- Que toutes les craintes qu’elle a exprimées ces dix derniers mois au sujet de l’élection présidentielle se confirment ;
2- Que les efforts des partis politiques et organisations de citoyens au Togo tendent à prendre fin, avec cette consécration de la force sur le loi et l’équité ;
3- Que le Togo est abandonné à son sort par la communauté internationale et court le risque d’une recolonisation par la France de Jacques Chirac et des prédateurs avec lesquels le régime se complaît.

Au regard de tout ce qui précède, la Concertation fait observer ce qui suit :

1- Les résultats proclamés par la Cour constitutionnelle n’engagent que le RPT et ses complices intérieurs et extérieurs ;

2- A compter du 21 juin 2003, M. Eyadema Gnassingbé n’est plus Président du Togo. Toute prétention dans ce sens serait une usurpation qui doit être combattue avec la plus forte vigueur ;

3- Les acteurs de la CNSC impliqués depuis 1990 dans diverses organisations civiques de promotion de la démocratie et des droits de l’homme, constatent l’impossibilité de l’avènement au Togo de l’Etat de droit, sous l’égide des moyens d’action usuels de participation, de plaidoyer et de lobbying ;

4- Les citoyens Togolais, au pays comme à l’étranger, sont désormais fondés au regard de la Constitution et de la Déclaration universelle des droits de l’homme, à rejeter par tous les moyens l’imposition d’Eyadema à la tête de notre pays ;

5- La CNSC lance un appel urgent aux populations des villes, des villages et des campagnes, de toutes les préfectures du Togo, à s’organiser et à se doter de tous les moyens pour résister au régime scélérat et arbitraire ;

6- La Concertation invite d’urgence la jeunesse togolaise, (celle dont l’avenir est compromis par cette crise perpétuelle), les travailleurs (soumis aux caprices d’une administration prédatrice ravageuse) et l’ensemble des citoyens togolais condamnés à la misère, où qu’ils soient, à s’associer massivement aux initiatives en cours pour la libération de notre patrie.

7- La CNSC demande à la France d’éviter dorénavant de se mêler des affaires du Togo. Elle invite instamment le gouvernement français à prendre les dispositions qu’il jugera utile, afin d’évacuer ses ressortissants vivant sur le territoire togolais, au plus tard le 21 juin. Le Peuple souverain du Togo n’admettra aucune ingérence indue dans sa nouvelle lutte pour la libération nationale.

Fait à Lomé le 14 juin 2003

Pour la Coordination de la CNSC

Dany K. Ayida
Coordinateur

Claver Amouzou
Secrétaire Général

CNSC-TOGO
BP 81190 Tel. 904 43 36
E-mail:csctogo@yahoo.fr