28/11/2022

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La doyenne ATAKPAMÉTO de l’UFC: une figure exemplaire du Togo

Victor Hugo aimait à dire : « Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie ». Mais faudrait-il nécessairement attendre que nos grands hommes descendent au cercueil avant et pour leur rendre les honneurs que nous leur devons ? Je suis convaincu que l’illustre poète français ne pensait pas ainsi. En tout état de cause, pour ma part, parvenu à un âge où je me dois de m’attendre à passer, à n’importe quel instant, de l’autre côté de la barricade existentielle, je voudrais ici me permettre de signifier à notre très chère Atakpaméto mon respect, mon admiration, ma gratitude, mon encouragement.

C’est en 1998 que, pour la première fois, je fis la connaissance de Madame Dopé Pétronilia Haden (née Dapè) affectueusement appelée Atakpaméto. Je venais d’adhérer officiellement à l’Union des Forces de Changement (UFC) dont elle était et est la doyenne incontestable et incontestée. Elle avait 79 ans ; elle en a 91 (quatre-vingt-onze) à présent (depuis le mois de mai 2010).

D’emblée, quatre choses me frappèrent chez elle. D’abord la solidité du corps physique qui semble défier l’inexorabilité de l’œuvre corrosive du dieu « Chronos » ; ensuite la lucidité de l’esprit et la conservation intacte de la mémoire ; le courage à en revendre ; enfin l’intégrité morale et politique. Atakpaméto se souvient des luttes indépendantistes des patriotes togolais d’il y a presque 70 (soixante-dix) ans et en parle avec aisance et assurance.

Patriote elle-même de pure et haute conviction, Atakpaméto a connu et se rappelle tous les meilleurs protagonistes du Comité de l’Unité Togolaise (CUT) et de la JUVENTO. En cette année 1998, elle prit part un jour à une manifestation politique de protestation de jeunes à Lomé. Je l’ai retrouvée à la fin de cette manifestation copieusement tabassée par les forces de répression. Le 24 mars 2010, lors d’une veillée de prières organisée par le FRAC (Front Républicain pour l’Alternance et le Changement) dans la capitale togolaise, notre Atakpaméto a failli perdre la vie pour avoir été piétinée suite à l’attaque des forces de répression à coups de gaz lacrymogènes.

En dépit de son grand âge, Atakpaméto ne manque aucune réunion de l’UFC dont elle est un mentor respecté et écouté. Mieux, c’est elle qui donne le la à ces réunions ; c’est elle qui souvent les ouvre et les clôture par ses prières. Elle n’hésite nullement à « brûler » ses deniers pour se rendre aux réunions et rentrer chez elle. Et ce, à « zémidjan » (taxi-moto), à ses risques et périls. Quelles que soient la longueur et la durée des marches organisées par son parti, Atakpaméto les accompagne toujours sans faille, dans une tenue de véritable amazone. Qu’une tournée à l’intérieur de notre pays soit décidée par le parti, notre doyenne est la première à s’offrir pour l’encadrer. C’est aussi Atakpaméto qui, la plupart du temps, anime nos meetings par de vieux chants et danses patriotiques qu’elle maîtrise à merveille.

Un cruel deuil en vient-il à frapper le parti ? Atakpaméto est la première à prendre la tête d’une délégation pour faire le nécessaire requis par la tradition de chez nous, sans oublier la participation à la veillée et à la messe.

De nos jours, Madame Dopé Pétronilia Haden alias Atakpaméto perpétue, à n’en pas douter, la noble tradition de la femme togolaise gardienne du Temple de la Terre de nos Aïeux ; elle incarne, au jour d’aujourd’hui, la noble tradition de nos Bayi Lucia Gadégbékou (née Kada) alias Bayi Ablodé, de nos Confort Adzrévor Wilson, de nos Acolatsé Guédéagbor, ainsi de suite.

Il n’est donc point étonnant, qu’à son congrès de juillet 2008, l’UFC ait élu notre très chère doyenne Atakpaméto Présidente du Comité des Sages de ce parti. Je prends donc la liberté d’inviter tous les patriotes togolais à respecter, à honorer, à soutenir moralement et à prendre comme modèle cette brave dame hors du commun.

Ablodé ! Ablodé ! Ablodé nogo !
Paris, le 8 octobre 2010
Godwin Tété

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