26/06/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

La Fête de la Liberté (Freedom Day)

Ce matin, sous le grand apatame du village, les dieux sont rentrés en conclave pour se concerter sur le sort des enfants du Togo. Aucun mortel, si téméraire soit-il n’oserait sortir voire questionner l’oracle sur leurs délibérations. Aussi, de cette rencontre solennelle ou silence et circonspection prennent toute leur acception, rien n’a filtré. C’est alors qu’inquiets, les Pères Fondateurs du Togo, ont imploré les Dieux, demandant qu’ils leur permettent rien qu’une fois de transgresser cette loi du silence en transmettant un message à leurs Enfants. Pourquoi faut-il qu’en ce jour, un simple fils du Togo, que rien ne destinait à une telle mission, soit porteur de ce message ? Cette question toujours restera sans réponse !
Les choses sont ainsi faites, les Dieux ont leurs mystères, or chercher à les percer ne serait que pure folie ! Aussi, qu’il me soit simplement permis de vous livrer ce nouveau message tel qu’il m’a été communiqué ce matin, tandis que la brume épaisse montait encore jusqu’à la haute cime des arbres.

“Allez dire que le 24 Avril sera la Fête de la Liberté ; Dites-leur ; Que ce sera la Victoire du Peuple Togolais, acquise au prix du sang et de sacrifices. Que tout homme ou groupe d’hommes qui s’approprierait la victoire du peuple ou qui viendrait à la confisquer, en subira immédiatement les conséquences ; Allez leur dire sans crainte, avec vos propres mots, que nous veillerons pour intervenir et protéger tous les enfants du Togo”

C’est alors que, sans trop savoir pourquoi, deux notions se firent jour : Liberté et Partage. En moi, elles résonnent puis s’imposent tour à tour. Douleur sourde, douleur insupportable d’un rêve de Liberté que nos pères et mères, des décennies durant bercèrent en vain. Espoir inassouvi, à mon tour, je sais que je n’aurai de répit que dans ta réalisation. Liberté et Partage, puissiez-vous concourir au bien-être des enfants du Togo !

La Liberté

Le Bonheur passe nécessairement par la Liberté
Une Nation est une communauté d’Hommes installée sur un même territoire avec des valeurs communes du point de vue historique, culturel et aussi des intérêts économiques communs. Par cette notion d’appartenance, la Nation devient en fait pour tout Citoyen, une espèce de second foyer, une deuxième famille ce qui, de facto, renforce le sentiment national. Or, pouvez-vous avoir la fierté et le bonheur d’appartenir à une famille qui méprise vos droits, vous réduit au silence, vous affame, ligue contre vous une partie de vos frères, menace votre vie et vous contraint à la fuite ?
Nombreuses sont les Nations où le mot LIBERTE est inscrit dans la devise. Point n’est besoin que je vous rappelle que notre patrie, le Togo en fait également partie. Cependant, comment pouvons-nous réhabiliter la Liberté que les Pères Fondateurs du Togo nous avaient léguée ? Comment pouvons-nous redevenir Fiers et Heureux d’appartenir à cette terre de nos aïeux, notre grande famille Togolaise, de Lomé à Dapaong ? Ainsi, nous pourrions instituer et développer notamment :
– La Liberté d’opinion et d’expression
– La Liberté de Religion
– La Liberté de vivre à l’abri du besoin
– La Liberté de vivre sans crainte
Ce sont là des libertés fondamentales et universelles.
Par exemple, quand bien même une nation serait riche, Il ne serait pas possible d’y vivre heureux si l’on ne s’y sent pas en sécurité, qui plus est, si l’on est constamment menacé par ceux-là même qui sont censés nous protéger. « L’homme ne peut se dire libre si sa liberté s’appuie sur l’oppression d’autrui » Juan Carlos.
De surcroît, la liberté est aussi une condition nécessaire pour motiver les citoyens et les inciter à mettre leurs talents et idées au service de la nation. De même, Il est aisé de comprendre que des citoyens réduits au mutisme, spoliés de leurs droits, et sur lesquels plane en permanence cette épée de Damocles que sont la délation et la répression, se garderont bien d’apporter aux autorités des idées si constructives soient-elles ! Pour vivre heureux, il faut mettre en pratique les secrets du bonheur : « ne rien entendre, ne rien dire et ne rien voir ». Cependant, est-il possible dans notre civilisation basée sur la communication d’appliquer ces principes qui semblent surannés ! Par ailleurs, les trois singes qui illustrent ces «secrets du bonheur » sont incapables de nous avouer qu’en fait, ils habitaient dans une forêt ou le roi les terrorisait et les réduisait au servage et au silence.

Le partage

Partager, c’est rendre au peuple sa victoire, c’est mettre en place des institutions et une administration qui tiennent compte de toutes les composantes de la nation, y compris les minorités. C’est le message central qu’il m’a été donné de vous communiquer.

Partager, c’est privilégier l’intérêt commun, c’est refuser de s’approprier les ressources communes ou de les distribuer seulement à une minorité (par exemple familiale ou ethnique). Partager, c’est résolument dire non à l’exclusion sous toutes ses formes y compris les plus subtiles, par exemple, l’oligarchie intellectuelle ou politique qui croit détenir toutes les solutions au mépris du bon sens et de la sagesse des concitoyens alors que ceux-ci ne demandent qu’à participer à la réflexion collective. Un tel mépris engendre des frustrations qui se cristallisent dans des troubles futurs.
Le partage procède de la générosité et de l’esprit de fraternité. Ainsi, dans une Nation libre que je décrivais comme une Grande famille, le partage est naturel comme dans toute famille. Le partage s’inscrit donc comme une conséquence indissociable de la Liberté.
– Le Partage du Pouvoir,
– Le Partage du Travail,
– Le Partage des Richesses,
– Le partage des Problèmes que nous pouvons appeler «solidarité »,
constituent des domaines (non limitatifs) dans lesquels nous pouvons d’ores et déjà réunir nos efforts de réflexion, de proposition et d’action pour l’après 24 Avril.

Conclusion

La Liberté ne peut naître que dans la sécurité des personnes et des biens.
La liberté ne peut se concevoir que dans l’acceptation des différences ; elle cesse lorsque l’on force à ressembler, à « Intégrer » pour utiliser la formule si chère à un pays ami. Nous devons tous être solidaires pour ne former qu’une nation Une et indivisible.
Je vous exhorte de nouveau à faire de la Diversité une fierté nationale, à rester ouverts et très attentifs à tous nos frères togolais.
Enfin, pour finir, je vous rappelle le second message qui nous mettait en garde contre toute velléité de confiscation de sa victoire au peuple. N’oublions pas que les Dieux y veilleront !
“Tout vainqueur insolent a sa perte travaille.
Défions-nous du sort, et prenons garde à nous
Apres le gain d’une bataille” (La Fontaine)

Mes frères, cette maxime qui constitue un avertissement, pourrait aussi illustrer bon nombre de nos actions passées, notamment l’issue de notre Conférence Nationale. Certes, l’erreur est humaine, mais il nous appartient d’être vigilants et de savoir tirer des leçons du passé. Ainsi, en faisant front commun, l’opposition plurielle a prouvé, s’il en était besoin, sa maturité. N’oublions pas, les Dieux ne nous ont pas seulement délivrés, mieux, ils nous accompagnent sur le chemin de la Liberté. Nous avons toujours été délivrés de quelque chose : Nous avons été Esclaves, puis Affranchis, puis Colonisés, puis Indépendants, puis Libérés…. Maintenant le moment est venu d’être tout simplement Libres, mes Frères.

AMAH HUBERT
Etats Unis, le 30 Mars 2005
amahubert@yahoo.com