01/10/2022

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La « journée sans presse » suivie en majorité au Togo

Les kiosques à journaux sont restés vides ce mardi et la majorité des chaînes de radio et de télévision, silencieuse en émissions, a constaté un journaliste d’AfriSCOOP à Lomé. Les organisations de professionnels des médias avaient décrété ce jour, « Journée sans presse » pour protester contre l’adoption, le 30 octobre d’une loi renforçant les pouvoirs de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac).

Les journaux, les radios et certaines stations de télévision du Togo ont observé mardi, une « Journée sans presse » pour dénoncer la « dérive liberticide » que « les autorités cherchent à conférer de nouveau à la Haac ». En effet, le 30 octobre, les députés ont adopté le projet de loi modifiant la loi organique N°2004-021 du 15 décembre 2004 relative à la Haac.

Dans le centre administratif de Lomé ainsi que dans les principaux points de vente de journaux, les habituels attroupements de lecteurs n’ont pas été visibles mardi. A Dékon (centre-ville), les vendeurs à la criée ont été absents. « La presse n’est pas sortie aujourd’hui, c’est pourquoi je suis resté à la maison », se justifie vaguement un vendeur sous couvert de l’anonymat. De même, les chaînes de radio et de télévision sont restées muettes toute la journée. Des stations jugées proches du pouvoir ont passé des bandes annonces sur les motivations de cette manifestation. Mais, alors que certains ont diffusé de la musique, d’autres ont préféré débrancher leur émetteur. C’est le cas du groupe de presse privé Inter Média. A part le journal écrit Golfe Info qui n’a pas paru, la radio Fréquence I et TV7 n’ont pas aussi émis.

« La direction nous a accordé cette journée pour nous reposer. C’est notre manière à nous de nous insurger contre cette loi liberticide ou cette hache donnée à la Haac pour nous abattre à l’orée de la présidentielle », a confié Adry Bonchemin, journaliste à Golfe Info. Le nouveau texte adopté le 30 octobre confère le droit à la Haac de procéder au « retrait définitif de l’autorisation avec saisie des équipements » et à la « suspension de parution pour six mois de la publication avec retrait de la carte de presse ». Les députés de l’Union des forces de changement (Ufc, opposition) avaient boycotté cette séance avant de saisir la Cour Constitutionnelle.

L’Union des journalistes indépendants du Togo (Ujit), l’Observatoire togolais des médias (Otm), Journalistes pour les droits de l’Homme (JDHO-Togo) et le Conapp ont publié un communiqué dans lequel ils dénoncent « une volonté manifeste du pouvoir de museler la presse privée à la veille des élections présidentielles de 2010 au Togo ».

La Ligue togolaise des droits de l’Homme (Ltdh), Reporters sans frontière (Rsf), la Fédération internationale des journalistes (Fij) et d’autres organisations continentales ont fustigé de leur côté, « un recul grave pour la démocratie au Togo » à travers cette loi « liberticide et prédatrice ». Pour le gouvernement, le vote de cette loi vise à « combler le vide juridique » existant dans l’exercice de la profession journalistique dans le pays.

Selon une source proche des organisateurs, les journalistes togolais se retrouvent ce mercredi en Assemblée générale pour faire le point de la « Journée sans presse » et envisager d’autres actions. « Notre stratégie consiste en des actions graduelles pour mettre la pression sur les autorités afin de leur faire comprendre que nous ne sommes pas prêt à accepter cette loi, pour rien au monde », déclare Carlos Kétohou, président de JDHO-Togo.

Publié le mardi 10 novembre 2009 par Edem ASSIGNON © AfriSCOOP