25/06/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

La presse togolaise du 01 au 10/10/02

Cette semaine, la presse togolaise s’est consacrée aux futures élections législatives anticipées, à la détention de l’ex-député du CAR, M. Avigan et à la répression du meeting de l’UFC.

« Le Soleil » titre « L’opposition face à ses responsabilités : le boycott n’est plus à la mode. » Il écrit : « la nouvelle est enfin connue. Les élections législatives anticipées tant attendues et voulues, auront bel et bien lieu le 27 octobre… Seule l’opposition dite démocratique, comme d’habitude, par voix de presse, annonce sa non participation… »Ce qui donne une fois de plus raison à tous ceux qui pensent et soutiennent que la seule chose qui unit et oppose les leaders de l’opposition, reste le pouvoir. »

« Echos d’Afrique » quant à lui, parle d’un troisième mandat du Général Eyadèma. Après ce constat, le confrère interroge : « qui des Togolais, d’Eyadèma et de la Communauté Internationale faut-il écouter ? Qui de tous doit avoir le dernier mot ? La souveraineté n’appartient-elle pas au peuple ? » Il rappelle à cet effet, l’article 59 de la Constitution qui stipule que « le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats. »

Pour le journal, « cette boutade est loin des réalités africaines et particulièrement togolaises et devrait mettre hors de la course au perchoir national en 2003 le Chef de l’Etat actuel. » Mais, poursuit-il, en « constitutionnaliste avéré, légaliste sans pareil, le Président de la République, en déclarant à tout bout de champ par respect aux institutions de l’Etat, son départ dans moins d’une année, s’oppose à la volonté populaire des Togolais, laquelle volonté sera traduite
dans les faits le 27 octobre prochain à travers l’énergie que les Togolais redonneront au Rassemblement du Peuple Togolais. » L’engouement général et l’intéressement à la vie politique et au RPT, dit le journal, démontrent que « les Togolais ont donc compris que le maintien, mieux, l’imposition du Chef de l’Etat au pouvoir pour un troisième mandat en 2003, passe obligatoirement par la coloration de la nouvelle assemblée nationale qui sera issue des législatives du 27 Octobre prochain. Ce qui obligera le Général Eyadèma « à se plier à la volonté populaire, même si la communauté internationale semble faire mauvaise mine en bourdonnant à tout moment le
respect de la Constitution. »

Pour « La Dépêche » les futures élections législatives anticipées sont « un scrutin sans enjeu. » Selon le confrère, « aussi curieux que cela puisse paraître, l’annonce de ce scrutin censé résoudre la crise qui étouffe le pays depuis plus qu’une
dizaine d’années, est accueillie par les Togolais dans l’indifférence… » Ceci fait dire au confrère que « le scrutin du 27 octobre suscite beaucoup d’interrogations quant à la portée de ses résultats. Dans le contexte actuel, le scrutin du 27 octobre est loin d’établir le consensus qui devait aplanir les divergences et conduire à l’apaisement et à la sortie de crise. »

D’après « Crocodile », au 3e jour de distribution des cartes d’électeur, « les bureaux de retrait sont toujours déserts. » Faisant le constat après un tour dans certains bureaux, le journal affirme que « l’ambiance dans les bureaux de retrait depuis trois jours est des plus morose. Les agents distributeurs
passent leur journée soit dans les causeries entre eux, soit pour dormir sur les tables banc. La cause de cet état de choses est que les Togolais boudent ces cartes d’électeur personnalisées par le comité des 7 magistrats. » En attribuant les causes de ce non engouement au retrait des cartes à l’impréparation et surtout au caractère illégal de l’organisation du scrutin qui sort du cadre de l’Accord-Cadre de Lomé… »

« Akeklé » pour sa part, consacre sa une à l’incarcération de l’ancien député du CAR M. Avigan. Il note : « après Me Agboyibo, le CAR de nouveau dans le collimateur du pouvoir : l’ancien député du CAR Avigan K. Joseph en prison depuis le mercredi 25 septembre 2002. »Selon le confrère, l’ancien député Avigan Kokou Joseph a été appréhendé le mardi 24 septembre par les forces de l’ordre dans son bureau de l’inspection des impôts Sud-Ouest à Nyékonakpoè. » La cause de cette arrestation, dit le tract, est lié « à une affaire de tract qui contiendrait des termes incitant l’armée à la révolte… »

Selon « Le Regard », l’honorable Avigan avait reçu dans son bureau un « étrange visiteur » qui lui fit comprendre « qu’il était le Lieutenant Awadé du SRI et que lui Avigan était recherché par la gendarmerie. Et d’appuyer ses propos avec une convocation signée de lui-même. » Embarquée pour
l’Etat-Major de la gendarmerie, il fut conduit « au bureau du lieutenant Awadé où débutèrent les interrogations. Il ressort de ces interrogations que M. Avigan était accusé d’avoir chargé un certain Alabi de distribuer des tracts à l’intérieur du pays… »

Sur la répression du meeting de l’UFC, « Motion
d’Information » note : « un meeting de l’UFC brutalement réprimé à la place Fréau Jardin. » Cette situation dit le confrère, intervient suite à l’interdiction d’un meeting que se propose d’organiser l’UFC à la place Fréau « pour informer et sensibiliser les militants du parti sur la situation politique
nationale après la décision des autorités togolaises d’organiser des élections unilatérales le 27 octobre prochain, élections boycottées par l’ensemble des partis d’opposition. » Il atteste que la manifestation n’a pu avoir lieu car « la place Fréau Jardin ayant été occupée par les forces de l’ordre une heure plus
tôt, ce qui en empêchait l’accès. Pour disperser la foule venue nombreuse et décidée à braver l’interdiction, les forces de l’ordre ont dû faire usage de gaz lacrymogènes et de gourdins.»

« La Tribune du Peuple » parle des « paradoxes du Ministre de l’Intérieur le général Walla » et affirme que « le régime organise des législatives et interdit les meetings des partis politiques. » Selon le journal, « le pouvoir RPT exige de l’UFC des engagements formels de ne pas commettre d’actes de
violence, et c’est le régime lui-même qui se livre à des actes de violence le samedi 28 septembre 2002 au Fréau Jardin : matraquage, gaz lacrymogène, des têtes et crânes fracassées, des blessés en tous genres. »

La rédaction