03/12/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

La presse togolaise du 21 au 27/07/03

Après le scrutin du 1er juin 2003 : Le pouvoir-RPT au pied du mur
« (…) Des consultations ont même été engagées avec l’opposition et le reste de la classe politique pour la formation du gouvernement d’union. Mais au jour d’aujourd’hui, rien n’indique que l’opposition est prête à jouer le jeu. Or si le pouvoir ne réussit pas ce tour de force, des chances de voir ses relations avec l’UE se normaliser s’amenuisent. C’est sans doute pour parer à toute éventualité que nos dirigeants font feu de tout bois. Après que le président de l’Assemblée nationale ait échoué dans une tentative d’envoi d’une pétition à l’UE par les parlementaires francophones, des sources indiquent qu’une délégation a été récemment dépêchée à Londres pour tenter de convaincre les autorités de ce pays à revoir leur position vis-à-vis du cas togolais.
On se rappelle que, dès les premières heures après le scrutin et alors que la France avait commencé à préparer le terrain pour la reprise en faveur du Togo, c’est Londres qui s’y était opposée. Il fallait donc entreprendre une démarche dans ce sens. Seulement voilà. Au même moment où ils parlent de réconciliation, nos dirigeants ne font rien pour empêcher les actes de division et de provocation qu’on observe un peu partout. En même temps qu’on demande à l’opposition de rentrer au gouvernement, on traite les opposants d’« irresponsables », d’« ennemis » du peuple, etc. Pas plus tard que le 12 juillet dernier, la TVT avait montré les images d’un individu prétendant s’appeler Paul Améganvi et qui avait animé deux jours plus tôt, un point de presse à l’Hôtel Corinthia 2 Février. Dans la déclaration qu’il avait lue et qui avait été reprise par la TVT, l’homme avait déclaré être le frère et Conseiller de Claude Améganvi, le Secrétaire chargé de la Coordination du Parti des travailleurs. Il avait saisi l’occasion pour invectiver et calomnier les leaders de l’opposition.
En réaction à cette imposture, Claude Améganvi a adressé le 15 juillet une mise au point- droit de réponse aux médias qui ont relayé la mise au point de son prétendu frère qu’il dit ne connaître ni d’Adam, ni d’Eve. » (Carrefour, n° 367 du 24 juillet 2003)

Attentats contre des symboles de la France à Lomé A qui profite ces violences ?
« (…) Les récents actes de ressentiment anti-français en Côte d’Ivoire peuvent alors rapidement faire tâche d’huile et justifier les attentats perpétrés contre ces deux symboles de la France au Togo. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à relever que ces actes interviennent au lendemain d’un appel lancé par le présumé vainqueur de l’élection présidentielle, Emmanuel Bob-Akitani, au peuple intitulé : « Togolais, levons-nous ensemble ! », cet appel rendu public le 13 juillet 2003 par le candidat du PFC/UFC appelait le peuple à l’action. « Prenons notre destin en main avec détermination. Hommes, femmes, jeunes gens, jeunes filles, nous devons sauver la vérité des urnes pour mettre définitivement fin aux incessants coups de forces électoraux qui perpétuent la crise politique, aggravant la misère de nos populations et singularisent chaque jour davantage notre pays sur la scène internationale », interpelle le candidat Bob-Akitani avant d’ajouter « Le moment est venu pour tous, d’entreprendre des actions qui doivent conduire à notre libération. Levons-nous et réclamons la victoire de Emmanuel Bob-Akitani qui est avant tout votre victoire.
Empêchons le régime Eyadéma de perpétuer frauduleusement une présidence à vie. Le peuple est le seul détenteur de la souveraineté nationale et ce que Peuple veut, Dieu le veut ». D’autres par contre, appellent à la prudence. Pour eux, des faits troublants obligent à se demander à qui profite en réalité ces forfaits commis ces derniers jours contre la France au Togo. Ils indiquent comme hypothèse que la persistance de ces attentats pourrait conduire à des mesures vigoureuses du pouvoir, mesures qui pourraient aller jusqu’à la restriction de certaines libertés publiques garanties par la Constitution. Ce qui est loin de profiter à l’opposition qui d’ailleurs ne s’en sortirait que davantage muselée. Deuxième hypothèse, elle est en rapport avec le souhait émis récemment par le président de l’Assemblée nationale de voir modifier le cadre législatif de création et d’exercice des partis politiques. Le but d’après lui, c’est d’empêcher la constitution de « groupements terroristes » qui nuisent aux intérêts du Togo. La mise au compte de l’opposition de ces attentats justifierait alors l’initiative de Natchaba qui débouchera sur la dissolution de certains partis déjà dans le collimateur des faucons du régime.
Enfin, ces actes de violence pourraient légitimer l’urgence de la mise en place d’un gouvernement en vue de prendre des mesures pour combattre le mal. L’exigence de la formation d’un gouvernement d’union nationale s’en trouverait contournée ». (L’Evénement, n° 177 du 23 juillet 2003)

Déclaration du Porte-parole du Quai d’Orsay « (Paris, le 22 juillet 2003)
La France condamne fermement les attentats perpétrés ces derniers jours contre le Centre culturel français et contre le Lycée français de Lomé. Nous souhaitons que leurs auteurs soient identifiés rapidement. Des mesures de sécurité sont mises à l’étude pour améliorer la sécurisation des sites concernés qui sont actuellement fermés au public. Notre Ambassade travaille en collaboration avec les autorités togolaises dans l’enquête en cours. Je vous rappelle que les explosions qui sont intervenues au Centre culturel français et au Lycée français n’ont provoqué que des dégâts matériels très limités » (Le Reporter, n° 224 du 25 juillet 2003)

Comment les journalistes ont été torturés à la DGPN
« L’affaire des journalistes Filip Evegno, Directeur de publication de « l’Evénement » Djilan Dodji, Rédacteur en chef de « l’Evénement » et Kpakpabia Jean de Dieu de « Nouvel Echo » interpellés depuis le 14 juin 2003 et déférés à la prison civile de Lomé (…) continuent de défrayer la chronique. En effet, le samedi 14 juin 2003 vers 18 heures, M. Djilan Dodji, Rédacteur en chef de « l’Evénement » était en train de travailler dans un cybercafé sis à Deckon lorsqu’il a entendu derrière lui quelqu’un l’apostropher en ces termes : « Bonsoir ! C’est la police. Pouvez-vous nous suivre » ?
A ce moment, Kpakpabia de « Nouvel Echo » venait de rentrer à peine dans le cybercafé où se trouvait Djilan. Dans la foulée, les deux journalistes sont ensemble embarqués dans un véhicule double cabine de la Police où se trouvaient des policiers en salopette noire. A leur arrivée à la Direction générale de la police nationale (DGPN), Djilan était mis dans les grilles de la garde à vue et Kpakpabia au violon fermé. Les deux bras de Djilan seraient menottés très serrés derrière. A la demande de la victime de les desserrer, le policier les resserre davantage. Les policiers auraient fortement tapé sur les menottes. Djilan a mal aux deux doigts – le pouce et l’index de la main gaude – et la jambe. Après, Djilan serait conduit au bureau d’un brigadier. Le brigadier aurait fait appeler un Officier de police adjoint (OPA) qui aurait pris place très furieux contre nos confrères. La toute première question posée est : « Quelles sont vos relations avec CONEL et où se trouve Dany Ayida » ? Djilan aurait répondu qu’il n’a aucune relation avec CONEL et Dany Ayida. Sur ce, l’OPA aurait ordonné à un sergent d’amener le bâton. C’est sur ces entrefaites qu’on aurait étalé par terre Djilan qu’on a commencé à rouer de coups. Le gros bâton (nem) est devenu comme une éponge selon des témoins. Après, l’un des policiers serait monté à deux pieds sur Djilan pour bloquer ses deux jambes au niveau de ses genoux. Les deux policiers auraient continué à lui assener des coups répétés partout sur son corps durant plus d’une demi-heure. Djilan a eu des blessures, ouvert au front, à la main gauche, à l’épaule ainsi que des contusions – lésions musculaires graves et des traumatismes au niveau de la cheville gauche. Les cicatrices en font foi. Djilan est actuellement sous pansement alcoolisé.
Le pied enflé serait même présenté au 4e substitut du Procureur de la République. (…) Jean de Dieu Kpakpabia a subi, peu après Djilan, les mêmes sévices corporels. Au jour d’aujourd’hui, Jean de Dieu Kpakpabia sent de vives douleurs à la colonne vertébrale. (…) Lors des sévices corporels, le sang aurait giclé sur les victimes. Ils auraient été privés de visite pendant des jours. Quand ils auraient demandé à informer leurs familles respectives, la Police aurait refusé. Les victimes ont affirmé été privées de nourriture parce qu’elles n’ont pas trouvé celui qui doit leur apporter à manger. Jean de Dieu Kpakpabia aurait été menotté contre les grilles de la fenêtre au-devant-poste de la police pendant quatre (4) jours et quatre (4) nuits.

Selon les victimes, les interrogatoires ont porté essentiellement sur de soi-disant rapports que Djilan entretient avec l’armée, Biténéwé, les ambassades, le Corps de la paix, etc. C’est bien après que les questions des photos ont commencé. A coup de bâton, les éléments de la police auraient obligé Djilan à donner des deux (2) boîtes E-mail qu’ils ont vainement consultés en violation du secret de correspondance. Ils auraient tout fouillé mais n’auraient rien trouvé. Sans mandat, ils auraient perquisitionné les domiciles des victimes où ils auraient ramassé des disquettes, des cassettes et autres documents » (Le Combat du Peuple, n° 409 du 21 juillet 2003)

Situation monétaire de la zone UEMOA Les députés du CIP-UEMOA éclairés
«(…) Les travaux de la 12e session ordinaire du Comité interparlementaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (CIP-UEMOA) se sont poursuivis hier l’Hôtel Corinthia 2 février à Lomé. (…) La conjoncture économique au sein de l’UEMOA laisse apparaître une détérioration des performances économiques dans la plupart des Etats membres au cours des cinq dernières années. (…) Ainsi, après avoir atteint près de 6,0 % en moyenne annuelle en 1996 et 1997, le rythme d’expansion du produit intérieur brut de l’union s’est affaibli pour retomber à 1,6 % en 2002. L’année 2003 ne devrait pas être meilleure le taux de croissance étant attendu à 1,9 % » (Togo-Presse, n° 6575 du 24 juillet 2003)

Les raisons de l’arrestation de l’inspecteur des douanes Poyodê et sa femme
« (…) M. Poyodê, inspecteur de douane et chef du bureau de Port autonome de Lomé et sa femme seraient arrêtés sur dénonciation d’un certain Hounouvi. Le motif est qu’il aurait financé les activités de Dahuku Péré. Sa femme aurait été arrêtée en même temps que lui. Notaire de profession » (Tingo-Tingo, n° 263 du 23 juillet 2003)

La rédaction letogolais.com