09/12/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

La presse togolaise du 8 au 14/09/03

La maladie d’Eyadéma relève les incertitudes qui planent sur l’avenir du Togo. Alors que le gouvernement s’apprête à organiser à nouveau des élections locales bidonnées, Gilchrist Olympio et Me Yawovi Agboyibo ne ratent pas l’occasion de perpétuer leur duel par interviews interposées.

Eyadéma, sa maladie et l’avenir du Togo
« Rentré au pays il y a dix jours après un séjour médical de deux semaines en Italie, le Général-président togolais s’est replié dans son village natal à Pya où il vit totalement reclus. Certes en début de semaine dernière, le chef de l’Etat a reçu en audience civile MM. Kouyaté et Kouassi venus à Pya l’entretenir de l’évolution de la situation en Côte d’Ivoire. Les images diffusées par la TVT étaient furtives ; mais on y a vu le général Eyadéma en conversation avec ses hôtes. Même en l’absence de gros plan, on a pu voir un président de la République visiblement amaigri mais apparemment en forme. Depuis cette apparition, plus rien. …. «La dernière campagne présidentielle a été une campagne de trop pour le Boss. Ceux qui ont conseillé au chef de l’Etat de rempiler pour un nouveau mandat seront tenus pour responsables s’il lui arrivait quelque chose » aurait déclaré un très proche du Général-président au retour de ce dernier de sa « pause estivale ». Même s’il n’est âgé que de 66 ans, Eyadéma est au pouvoir depuis bientôt 37 ans. C’est beaucoup ; c’est usant. Les deux précédents mandats ont été très éprouvants pour la santé du Général-président. Il règne de plus en plus sur un pays fantôme et chaque scrutin est pour lui un véritable calvaire qui lui dévoile combien il est coupé des Togolais malgré des mouvements de foule organisés quotidiennement par des zélés courtisans pour donner l’illusion d’un soutien populaire. Certains pensent que l’avenir politique d’Eyadéma est désormais derrière lui et que l’ère post-Eyadéma a bel et bien démarré. Pour d’autres, la question est maintenant de savoir jusqu’à quand Eyadéma sera en mesure de peser sur l’organisation de l’après-Eyadéma …Les exigences de la rue étant toujours extrémistes, les forces politiques pouvaient se trouver vite débordées par l’apparition rapide de mouvements populaires soutenus ou non par une partie de l’Armée et des Forces de sécurité dès lors que s’éloignerait la perspective d’un retour rapide d’Eyadéma aux affaires. Plutôt que de s’accrocher à la préparation d’un schéma de type Joseph Kabyla, il apparaît de plus en plus crédible aujourd’hui que seule la recherche d’un compromis politique avec l’opposition soit la voie qui permettrait des intérêts des uns et des autres et de dissiper les appréhensions légitimes de ceux qui vivent désormais dans le doute et l’incertitude. Le moment est peut-être venu pour Eyadéma d’organiser sa sortie honorable de la scène politique et de garantir pour les siens, et surtout pour le Togo les conditions d’une vie enfin paisible et digne ». (Motion d’Information, n° 242 du 08 septembre 2003)

le gouvernement s’apprête à organiser les élections locales
« Dans une correspondance en date du 08 septembre 2003 adressée aux états-majors des partis politiques, le Premier Koffi Sama demande aux leaders politiques de lui « communiquer pour le vendredi 12 septembre 2003 à 17 heures » les noms des candidats, conformément à l’article 15 du Code électoral », en vue de la « nomination des membres de la CENI ». Cette correspondance arrive à un moment crucial de l’histoire politique de notre pays au regard de l’élection présidentielle contestée de juin 2003 dont les irrégularités trop criardes ont été dénoncées par les partis politiques de l’opposition et contestées par les principaux partenaires du Togo. Le chef de l’Etat, on s’en souvient dans un message à la nation le 18 juin 2003, a promis des élections locales sans toutefois préciser les dates. Au vu de la lettre du Premier ministre invitant les partis politiques à lui communiquer des noms pour la CENI, des interrogations se posent dès lors qu’aucun compromis n’a été trouvé avec l’opposition togolaise concernant la présidentielle 2003. Pense-t-on au RPT que l’opposition participerait à des élections locales sans qu’un règlement du contentieux électoral présidentiel de juin dernier ne soit trouvé ? Dans quelles conditions organiserait-on les locales si l’on sait que les mêmes causes produisent les mêmes effets ? La correspondance du PM est une véritable fuite en avant qui annonce à coup sûr, l’enlisement de la crise actuelle » (La Tribune du Peuple, n° 87 du 10 septembre 2003)

Un nouvel ambassadeur de France au Togo
«Jean-François Valette quittera Lomé dans quelques jours. Après une brève escale à Paris, il rejoindra son nouveau poste d’ambassadeur à Yaoundé au Cameroun. Pour le remplacer, l’Elysée devrait trouver un homme rompu aux arcanes d’une diplomatie explosive, vu le contexte togolais, il semble que Jacques Chirac a jeté son dévolu sur un ancien chef de Cabinet de la Socialiste Elisabeth Guigou, lors du passage de celle-ci au ministère délégué aux Affaires européennes. (…) Alain Holleville remplacera mi-octobre, Jean-François Valette en qualité d’ambassadeur de France au Togo » (La Tribune du Peuple, n° 87 du 10 septembre 2003)

Un nouveau directeur pour le CCF (Centre culturel français)
« (…) Un nouveau directeur pour le CCF a été nommé. Il s’agit de Philippe de Brion. Celui-ci est arrivé depuis en fin de semaine dernière à Lomé a déjà pris fonction depuis le lundi dernier » (Nouvel Echo, n° 263 du 12 septembre 2003)

Une CENI pour les locales et sénatoriales. Vers une aggravation de la crise togolaise
« (…) Aujourd’hui, l’opinion nationale, de même que la communauté internationale savent que l’élection présidentielle du 1er juin 2003, tout comme celle de juin 1998, est en proie à moult controverses internes et seule une solution à cette crise pourra permettre à toute la classe politique d’envisager d’autres échéances en toute sérénité. Or, on ne le dira jamais assez, le pouvoir a toujours campé sur sa position arbitraire et ne veut jamais s’ouvrir à des concessions. Tout comme en 1998, les résultats de la présidentielle de juin dernier n’ont nullement reflété la volonté des Togolais. A preuve, l’opposition a tout simplement rejeté la proposition de gouvernement d’union nationale faite par le gouvernement, parce que la solution au problème créé par le scrutin présidentiel ne résidait aucunement dans la formation d’un gouvernement d’union nationale. Un autre exemple du problème créé par le scrutin controversé de juin 2003, est la reconduction des sanctions économiques internationales de l’Union européenne au lendemain des résultats.
Aujourd’hui, au lieu de trouver des solutions aux maux créés par le scrutin controversé du 1er juin 2003, le pouvoir tente d’enfoncer le clou de la marginalisation et de la misère, en cherchant à organiser des élections locales dont le contenu juridico-politique n’aura rien à envier aux scrutins précédents. Le Premier ministre Koffi Sama cherche-t-il à aggraver la crise dans un pays où le climat politique est des plus tendus ? Nul ne saurait répondre sur le coup. Mais ce que d’aucuns pourront affirmer sans l’ombre du moindre doute, est que, des élections dans l’atmosphère socio-politique qu’on sait, ne sont pas pour arranger la situation du pays. Car l’unanimité est faite autour de l’enjeu que, en fait des élections locales requérant la mise en place de la CENI, la solution se trouve bien ailleurs. En effet, il y a plus urgent que ça » (Le Reporter, n° 230 du 12 septembre 2003)

Bientôt les Etats-Unis dans la résolution de la crise togolaise ?
« (…) Au nombre des Etats qui entendent mettre fin à la tragédie togolaise, on cite les Etats-Unis d’Amérique qui, pour tâter le pouls, seraient en train de prendre langue avec la classe politique togolaise » (Crocodile, n° 645 du 11 septembre 2003)

Gilchrist Olympio et la politique de l’impasse
Léon Francis Lebris : Certains ont souvent regretté une certaine dispersion de l’opposition face à un candidat du pouvoir.
Gilchrist Olympio : Vous savez un jour, on m’a demandé d’être le président d’un CFD, une confédération des partis togolais. J’ai refusé car je ne veux pas être leader d’un « jacobinat » de leaders non élus. Prenez les scores des autres partis de l’opposition à cette élection. Certains ont eu 1 %, d’autres 0,2 %. Ceux qui ont eu un peu plus, c’est Agboyibo avec 2 % et l’ancien président du parlement d’Eyadéma, M. Péré. Le président lui-même le reconnaît et certains de ses ministres le disent aussi ; il n’y a que deux vraies forces politiques au Togo, le RPT de Eyadéma et l’UFC d’Olympio » (Le Combat du Peuple, n° 415 du 08 septembre 2003)

Réaction de Me Yawovi Agboyibo à l’interview de G Olympio
J’ai lu effectivement l’interview notamment le passage où Gilchrist Olympio s’est plu à tourner en dérision des pairs de l’opposition qui ont participé au scrutin présidentiel du 1er juin 2003. …En fait quand j’ai eu écho de l’interview, j’ai cru que M. Gilchrist Olympio allait enfin dévoiler son plan d’action pour faire partir politiquement Eyadéma, et la manière d’associer ses pairs de l’opposition à la réalisation de ce plan. J’ai été surpris de constater que sur quinze colonnes, de journaux à grand format, il n’a même pas consacré une seule ligne au gouvernement de transition annoncé à Chicago pour mettre fin au régime d’Eyadéma. je ne pense pas que les populations togolaises soient intéressées par le fait que M. Gilchrist Olympio vive dans un quartier chic à Paris, possède des usines en Côte d’Ivoire et au Ghana. Ce qui préoccupe le peuple, c’est comment sortir de la crise. Je n’ai pas gratuitement reconnu la victoire de M. Bob-Akitani. C’est pour que le vote du 1er juin serve à sortir de la misère nos populations des villes et des campagnes. Plus de trois mois après le vote, il est temps que les promesses tenues soient faites » (Motion d’Information, n° 242 du 08 septembre 2003)

Le temps des incertitudes. Les Togolais attendent le miracle divin
« (…) Ceux qui se sont donc évertués à s’égosiller pendant la dernière campagne électorale en soutenant des candidats idéaux et donc en recommandant les élections comme une alternative pour vaincre la dictature trentenaire, sont donc servis. De fait, la multiplicité de candidature ne peut servir de prétexte pour justifier l’incapacité de l’opposition car, l’élection en soi est un non sens sous une dictature comme la nôtre. A la rigueur, une candidature unique faciliterait les calculs au pouvoir qui avait déjà programmé son hold up. C’est donc parce que toutes les voies légales d’accès au pouvoir sont obstruées qu’au lieu de mener une politique conséquente d’opposition contre le régime, les leaders de l’opposition se taisent. Et s’ils sentent besoin de s’exprimer, c’est pour s’accuser mutuellement à la grande satisfaction de « l’adversaire commun ». Il est vrai qu’on ne peut évidemment pas demander l’impossible à nos pauvres opposants persécutés jusque dans leurs activités professionnelles. Beaucoup ont vu leurs affaires dégringoler. Il y en a qui ont perdu leurs emplois dans cette affaire. D’autres ont connu la prison, l’humiliation et ce n’est pas encore fini. Les togolais auront compris que l’opposition, c’est le moindre mal. Le pire est ailleurs. C’est peut-être pourquoi ils sont devenus encore plus fatalistes pour ne pas dire très croyants ces derniers temps ,attendant que la providence manifeste sa puissance pour le tirer d’affaire » (Le Regard, n° 353 du 09 septembre 2003)

Alerte ! Santé ! Des « sages-hommes » dans les maternités à Lomé
« Les femmes de Lomé qui ont l’habitude de se faire consulter au Centre de santé du quartier des Etoiles sis à 150 m derrière le Commissariat central de la ville de Lomé, se plaignent ces derniers temps d’un phénomène curieux et inhabituel. En effet, ces femmes se disent effarées et choquées de se faire consulter depuis un certain temps par des hommes associés aux Sages-femmes dans la salle de consultation prénatale. Des « sages-hommes » ? Une première ? (…) « Ce sont des stagiaires envoyés par des cliniques qui travaillent avec les sages-femmes » affirment un agent du centre. (…) Depuis bientôt une dizaine d’années que nous fréquentons ce centre, nous n’avons jamais rencontré un homme dans cette salle. Nous sommes désagréablement surprises de nous voir consulter maintenant par des hommes » se plaignent certains femmes » (Carrefour, n° 371 du 11 septembre 2003)

La rédaction letogolais.com