06/12/2022

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L’armée disperse une manifestation de la NDP

Le samedi 22 février 2003, le pouvoir togolais a encore fait une démonstration de force en restreignant les activités politiques de la Nouvelle Dynamique Populaire (NDP) qui avait organisé à Lomé et ses environs une marche de protestation pour exiger la restauration de la constitution et du code électoral.

Cette marche des militants de l’opposition, sans être officiellement interdite, a tourné à une partie de bras de fer entre les jeunes et les forces de l’ordre qui ont pris d’assaut le lieu de départ au château d’eau de Bè, un quartier populaire. Plusieurs militants ont été molestés et deux blessés se sont retrouvés à l’hôpital secondaire de Bè. Dés 8 heures du matin, les jeunes étaient regroupés au château d’eau de Bè, attendant le signal de départ de la manifestation mais c’était sans compter avec la « milice » d’Eyadema. En treillis et en tenue civile, les forces de sécurité sur le terrain guettaient tous les mouvements des jeunes et ont décidé subitement d’interrompre ce regroupement qui grossissait de plus en plus. De crainte de ne pouvoir contenir cette masse des manifestants, elles ont opté pour l’intimidation. Les coups ont fusé et se sont abattus sur tout ce qui bougeait. Les commerces ont dû fermer leurs échoppes, le quartier s’est embrasé et la colère est rapidement montée. Les jeunes, pressés d’en finir, ont commencé à brûler des pneus et à bloquer toutes les rues. Pompiers, gendarmes et policiers se sont transformés en agent de la voirie évacuant les décombres entassés dans les rues. Les forces de l’ordre ont du interdire les regroupements de plus de trois personnes. A Bê, leurs rondes n’ont cessé qu’à la tombée de la nuit. Les responsables de la NDP ont été recherchés et le siège de l’UFC encerclé pour un temps. Deux heures plus tard tout était rentré dans l’ordre.

La ville redevenue calme a, paradoxalement, laissé cours à la manifestation de soutien organisée par le pouvoir, invitant le dictateur Eyadema à être « le candidat des forces vives de la nation au prochain scrutin présidentiel. » C’est toujours les mêmes qui ont tous les droits et les pouvoirs: les militants du RPT, le parti du général.

La rédaction letogolais.com